Saint-Jean ou solstice, c’est la Fête!

Une vieille chanson de folklore me tourne dans la tête en ces jours de fin juin et de début d’été… Saint-Jean ou solstice, avec pleine lune d’été en prime, de toute façon, c’est la Fête! Le refrain se chante allègrement :

 « Va, mon ami, va, la lune se lève
Va, mon ami, va, la lune s’en va! »

Tandis que les couplets disent :

« Voici la Saint-Jean, faites la veillée
Vos promis seront tous à l’assemblée… »

 « Le tien n’y est pas, j’en suis désolée
Il est à Paris ou dans la Vendée… »

Qu’apportera-t-il à sa bien-aimée?
Et la bague d’or et la robe blanche. »

Spectacle pour enfants, St-Jean 2015.

Spectacle pour enfants, St-Jean 2015.

Depuis toujours, à ce que j’en sais, la fin des classes et la Saint-Jean, ça va de pair. Quelques jours après le solstice, c’est vraiment la fête du début de l’été. Quand mes enfants étaient étudiants, ils se faisaient une fête de brûler leurs cahiers d’école à la Saint-Jean… enfin c’était ce qu’ils se promettaient chaque année. L’ont-ils fait? Je n’en suis pas certaine. De mon temps, on ne nous aurait pas permis de brûler nos cahiers, d’en faire un feu de joie! Surtout que tant qu’il restait des pages blanches, ça pouvait toujours être utilisé comme cahier de brouillon. Mais, par contre, avec quelle joie on garrochait notre sac d’école au fond d’une armoire, quand ce n’était pas tout simplement en dessous du lit!

Papa qui joue au fermier... sur la faucheuse du voisin.

Papa qui joue au fermier… sur la faucheuse du voisin.

Au solstice d’été jusqu’après la Saint-Jean, je dirais que non seulement il est permis de redevenir jeune et insouciant, mais que pour notre santé mentale, ça s’impose! Chez nous, du temps où mon père travaillait à Montréal, la Fête des Pères passait tout droit, papa n’étant presque jamais à la maison en ce jour. Mais dès le début de juin, Maman nous disait « Votre père va venir à la Saint-Jean… il a son congé. » À l’époque, il y avait moins de congés que maintenant. Cette fête était donc pour nous encore plus importante,  puisque papa y était! Comme on avait hâte à ce jour qui marquait le début de l’été, des vacances! Juste le mot « vacances »… c’est rempli de soleil, de musique, d’éclats de rire! C’est un mot chargé de plaisirs anticipés. Des matins où rien ne nous oblige à nous lever tôt, mais où on se lève quand même, pour avoir encore plus de temps pour jouer. Et les soirées où l’on veille dehors bien après que la noirceur est tombée! Ces mots : « Saint-Jean », sont comme les deux notes d’une cloche qui résonne joyeusement!

IMG_20160621_0001Il n’y avait pas au temps de notre jeunesse de festivités comme on en connaît maintenant. Il arrivait qu’on fasse un feu sur la grève le 24 juin. En 1964, au lendemain de la Saint-Jean, nous descendions en Gaspésie pour notre voyage de noces. Dans les villages tout le long du fleuve, il y avait des vestiges de feux de bois sur la grève… C’était d’ailleurs une coutume dont Félix Leclerc a parlé dans l’un de ses premiers livres, Adagio. Il raconte que « le feu sur la grève, c’est la Patrie… que plus on dit dans les écoles que le Québec est la plus belle place au monde, plus le feu est haut. Plus les enfants sont fiers de parler le français, plus le feu est clair. Un feu, tout dépend ce qu’on met dessus… il ne faut pas dire qu’on n’est bon à rien, ça éteindrait le feu. Faut rire, chanter, danser, écrire, peindre, s’amuser dans notre langue, le français; ça c’est de belles brassées de bouleau dans le feu. Un beau concert, une belle terre, une belle messe bien chantée, ça c’est des grosses bûches de merisier dans le feu. Ça réchauffe, ça brille, ça protège, ça conserve.  Tant qu’il y aura de ça, il y a pas de soin, il y aura une Patrie sur la grève! »

Il écrivait bien Félix, il savait dire les choses. Il savait nous faire aimer notre langue, notre patrie. Justement dans ce texte, « Le feu sur la grève », il terminait avec ceci : « Comme mon père m’avait dit de te dire, écoute bien : Quand on prend des exemples de courage, de ténacité, chez les ancêtres d’il y a deux ou trois siècles, c’est pour se souvenir qu’on a possédé des valeurs héroïques, mais c’est aussi pour admirer, encourager ceux d’aujourd’hui qui possèdent sans le savoir absolument les mêmes dons que leurs aïeux…. Parle des ancêtres à tes enfants! »

Bonne Saint-Jean à vous tous et toutes!

© Madeleine Genest Bouillé, 21 juin 2016

Spectacle de la St-Jean, 1976 (Musée virtuel du 300e, Culture et patrimoine Deschambault-Grondiens).

Spectacle de la St-Jean, 1976 (Musée virtuel du 300e, Culture et patrimoine Deschambault-Grondiens).

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