Mon beau sapin

Mon beau sapin, roi des forêts
Que j’aime ta parure!
Tu me rappelles les beaux jours d’autrefois
À l’époque où ni la neige, ni le froid
Ne pouvaient nous empêcher
D’aller dans les bois pour te trouver.
Mon beau sapin, roi de nos fêtes…
Que j’aime le parfum de ta ramure!

Toi que Noël planta chez nous
Au saint anniversaire.
Pendant que les enfants sommeillaient
En cachette on te décorait.
Au réveil on découvrait sous tes branches
Des cadeaux, près de la crèche où veillait un ange.
Majestueux sapin qui trônait chez nous
Décoré par les mains de ma mère.

Mon beau sapin, tes verts sommets
Et leur fidèle ombrage,
Furent témoins de nos plus belles fêtes.
Les petits, vers toi levaient la tête
Pour t’admirer, le regard émerveillé!
Les plus grands te regardaient avec fierté.
Sapin de mon Noël présent, un ange veille à ton sommet
En souvenirs des Noëls passés, pour te rendre hommage!

© Madeleine Genest Bouillé, décembre 2016

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Les Chœurs angéliques

Image sainte reçue au couvent en 7e année.

Les Chœurs angéliques
Ont chanté Noël.
Mêlons nos cantiques
Aux accents du ciel…

Mêlons-y nos rêves
Et la poursuite sans trêve
D’un bonheur si vite effarouché.
Croit-on le saisir? Il est déjà passé!

Mêlons-y nos espoirs
Comme des étoiles au ciel noir.
Ces espoirs auxquels on s’accroche,
Pour oublier que la terre tourne croche.

Mêlons-y nos amours;
Celles qui doivent durer toujours.
Auprès du berceau de l’enfant,
Déposons nos joies, nos tourments.

Avec les Chœurs angéliques
Chantons Noël!
Mêlons nos cantiques
Aux accents du ciel!

 

© Madeleine Genest Bouillé, 2009

La course qui n’a pas eu lieu…

Le lièvre et la tortue en sont un témoignage
Rien ne sert de courir, il faut partir à point.
À ceci je réplique : « Rien ne sert de partir…
Laisse courir le lièvre, il finira bien par revenir! »
Mais Sire Lièvre se retrouvera en ces pages
Avec un autre genre de personnage,
Pas plus pressé qu’il faut, calme et sage…

lievre

Un chasseur sachant chasser se retrouva un beau matin
Dans une belle forêt, de hêtres, d’érables et de pins.
Ce chasseur émérite savait comme tous ses pareils
Se hâter avec lenteur, savourant chaque merveille :
Quatre-temps, ail des bois, fougère et colchiques…
Respirant l’air pur et frais. Quel tonique!

Fusil en bandoulière, allant d’un pas léger, prudent,
Oreille aux aguets, œil vigilant, nez au vent…
Épiant les plus infimes bruits de la forêt,
Les supputant, devinant leurs secrets…
« Assurément ce bois est riche en gibier,
Je le sens! » Il faut avouer qu’il avait du nez!

Mais soudain, à cent pas de là, il se fait un remue-ménage
Un lièvre bondit, fait face et s’enfuit, quel dommage!
« D’où sort cet olibrius? » se demande notre chasseur.
« Que poursuit-il…de quoi aurait-il peur? »
Du coup, notre homme immobile, s’apprête et attend.
« Reviens coquin! Tu n’es pas loin pourtant. »

L’animal reparaît un instant, puis repart aussitôt.
« Serait-ce donc que tu veux faire la course?
Comme avec la tortue de la fable, pauvre sot!
J’ai pour toi mon beau, de quoi te donner la frousse.
Tu veux courir, grand bien te fasse.
Patient je suis, j’attendrai que tu te lasses. »

Le lièvre, beau joueur, à ces mots, réapparaît.
Mais sitôt dans l’autre sens repart d’un trait.
Le chasseur s’installe donc commodément.
Jouissant de ce fait de la beauté du moment.
Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures
Dit-on. Il en est de même des jeux, sauf erreur.

Le lièvre s’essouffle… À la fin quand il s’aperçoit
Dépité, qu’il est seul à courir en ces bois,
Il revient sur ses pas en trottinant, penaud.
« Tiens donc, tu n’es plus aussi faraud!
Dis-moi maintenant à quoi t’as servi ta vitesse?
Vivant toujours comme si tu avais le feu aux fesses? »

Épaulant son fusil, le chasseur reprit :
« Je regrette pour toi mon bel ami,
J’ai pour ma part passé excellente matinée,
Je te dis adieu, tu fus de bonne compagnie,
Tu termineras ta carrière en délicieux pâté. »
Et sur ce… Pan! Le coup partit!

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(Essai de fable d’après Le lièvre et la tortue de ce bon M. de La Fontaine.)

© Madeleine Genest Bouillé, 2008

Petite annonce… Perdue: enfance.

J’ai perdu mon enfance…
Dans un autobus jaune orange.

J’avais entre cinq et six ans
Mes parents étaient bien contents!

J’étais maintenant un grand garçon
J’allais enfin apprendre ma leçon.

J’ai perdu mes dents de lait; j’ai grandi.
J’ai appris à compter jusqu’à samedi.

J’ai changé de classe, j’ai monté d’années
Ma vie se passait dans les escaliers.

D’une école à l’autre, je me suis trimballé,
Passé tous les examens, repassé, trépassé!

Un matin d’automne, j’ai cherché mon enfance;
J’ai dû l’oublier dans l’autobus jaune orange.

On m’a dit : « Mon gars, tes études sont finies.
Tu vas travailler; tu vas gagner ta vie! »

Docile, je m’en vais travailler.
Très fort! Je vais aller gagner

De quoi me racheter une enfance.
Savez-vous où ça se vend?

 

© Madeleine Genest Bouillé, septembre1981

Une chaloupe… fabrication maison!

Deux belles planches de pin

qu’on a réservées à cet effet depuis déjà longtemps.

D’autres morceaux de pin plus petits;

des vis, des cordes, une scie, un marteau… de l’eau.

Tout plein d’autres outils… au cas où.

Sans oublier le galon à mesurer,

surtout pas!

Quelques jours de beau temps,

pas trop chaud… pas trop froid, du beau temps sec!

Une certaine habileté…

acquise depuis longtemps.

L’œil et la main justes.

Bien important : un brin de « jarnigoine »

et surtout, beaucoup de patience!

Et puis, le fleuve en face de la maison,

qui inspire et qui attend,

la chaloupe et son constructeur!

© Madeleine Genest Bouillé, 18 septembre 2017

(Nouvelle version d’un poème écrit en 1995)

Un été

Du vert plein les champs,
Poudré d’or au soleil de midi.
Fleurs sauvages aux tons charmants,
Émaillant le velours des prairies.
Verdure plus sombre des frondaisons
Épanouies sous le clair ciel d’été.
Bleu des vagues, parées de blancs moutons.
Matins de corail, crépuscules de feu, nuits étoilées…
Symphonie de couleurs pour un été!

Parfum sucré des roses à miel,
Douceur de lavande, œillets poivrés,
Dont se grisent les abeilles.
Senteur chaude des foins coupés,
Sauge, thym, marjolaine et sarriette.
Arôme exquis des petits fruits
Dont au sous-bois, on fait cueillette.
Effluve de marée qui monte avec la nuit…
Ivresse de parfums pour un été!

Joie d’un sourire d’enfant,
Chaleur fidèle de l’amitié,
Pensée qui vole vers un absent…
Bonheur d’un amour partagé.
Chagrins enfuis, regrets au vent,
Rires un peu fous qui fusent partout.
Après l’orage, vient le beau temps,
Tournons la page, c’est déjà tout!
Ainsi se vit un été!

© Madeleine Genest Bouillé, juin 1980

Mai

 

C’est un paysage à peine esquissé
C’est un dernier coup de vent qui chasse l’hiver
C’est le bourgeon qui s’ouvre, timide et fier
C’est le soleil enfin retrouvé!

* * *

C’est un enfant qui tente ses premiers pas
C’est un oiseau qui chante l’espérance
C’est la rosée sur les premiers lilas
C’est la vie qui, sans fin, recommence…

* * *

C’est une chanson qui monte dans l’air pur
Comme l’hirondelle dans l’espace
Son cri de joie traverse l’azur
Pour dire au Ciel son Action de grâces !

© Madeleine Genest Bouillé, mai 1976

Printemps

Un rayon de soleil entre chez moi
Et voilà qu’il fait plus chaud,
Et voilà que tout s’éclaire.
J’oublie soudain qu’hier
La vie me semblait un fardeau
Si lourd… trop lourd :  une croix.

Un tout petit rayon de soleil
Et ma joie de vivre s’éveille.
Sur les arbres encore nus
Des oiseaux déjà, sont revenus
Peupler l’espace de chants joyeux,
Vibrants d’espoir dans le ciel bleu!

Rien qu’un rayon de soleil,
Et voilà que tout a changé!
L’air ne sent déjà plus pareil,
Il y flotte un parfum nouveau
Qui monte du sol encore gelé
Et va rejoindre ormes et bouleaux.

…Juste un rayon de soleil!
Et voilà qu’éclate le printemps
Dans le cri victorieux des corneilles.
Le fleuve brisant son manteau de glace
Me crie d’en faire autant,
Qu’en mon cœur, l’hiver, enfin s’efface!

 

© Madeleine Genest Bouillé, mars 1983

Quand tu parles pas

Tout ce que tu dis… quand tu parles pas!
Moi je l’entends et puis j’aime ça.
On se comprend tellement mieux
Quand nous laissons parler nos yeux…

Quand on se parle sans les mots
Tout est clair comme l’eau!
Les paroles déguisent souvent la pensée
C’est pas moi qui l’ai inventé!

À trop discuter, on finit par s’entêter,
Quand on s’entête on peut se tromper…
Nos pensées se croisent sans se rejoindre,
Les mots nous empêchent de nous atteindre.

L’indifférence s’habille de longues phrases
Pour occuper le temps qui passe
Crois-moi, parler n’est nécessaire
Que si l’on n’a rien de mieux à faire!

Viens près de moi, ne parle pas…
Avec tes yeux, avec ton cœur, écoute-moi.
Si je t’aime, c’est justement pour ça :
Tout ce que tu dis… quand tu parles pas!

 

© Madeleine Genest Bouillé, 14 février 2017

Douce nuit

Ô nuit de Joie, douce nuit!
Soyons heureux, oublions les soucis…
Ce soir, c’est de nouveau Noël!
Allons vers Celui qui nous appelle…

nativite-5Ô nuit d’Espoir, douce nuit!
L’enfant qui est né cette nuit
A entendu nos prières,
Il vient soulager nos misères…

Ô nuit d’Amour, douce nuit!
C’est grande fête, parents et amis,
Réjouissons-nous, ouvrons nos cœurs
Osons encore croire au bonheur!

Ô nuit de Paix, douce nuit!
Une fois de plus, je vous redis :
Passez le plus beau des Noëls!
Santé, prospérité pour l’année nouvelle!

 

© Madeleine Genest Bouillé, 2014