Les binnes au canard

ChasseVous souvenez-vous de ce matin de fin d’octobre, l’année passée, la fois où l’on a fait une de ces chasses… comme on en fait une sur mille! Une des dernières belles chasses de l’automne. Il faisait un temps de canard : ciel gris, temps frisquet et humide, petit crachin… on avait décidé d’aller « planter » quelques canards, surtout que le « gros noir » était arrivé. On s’était préparé la veille, pour ne pas perdre de temps, tout était prêt : fusil, cartouches, appelants. On était greyés pour « toffer la runne ». Il faisait encore noir quand on s’est embarqués; on est allés se poster dans la cache au large, pas loin de la troisième île. On a disposé les canards artificiels, de façon à ce que les vrais canards prennent ça pour du « cash », et on a attendu. Les oiseaux volaient bas comme s’ils savaient qu’ils étaient invités! Je sais pas si vous le savez, mais on n’a pas attendu longtemps. À 9 heures, on avait déjà notre quota : six beaux noirs, une couple de malards et quelques sarcelles. Et là, le beau temps s’est levé, ça ne servait plus à rien de rester là. On est donc revenus à terre; après un solide déjeuner, on a plumé et nettoyé les oiseaux. Il restait plus qu’à les préparer pour les conserver au congélateur. C’est là que j’ai décidé que ce serait ces bêtes-là qui entreraient dans la composition des « binnes au canard » pour le déjeuner de l’ouverture de la chasse en septembre 2015!

Ça passe vite, la saison de chasse. Et les saisons qui suivent s’enfilent les unes derrière les autres, à la queue, leu, leu… On a fait plusieurs festins de canard, ainsi que d’autres gibiers. On s’en est raconté des peurs… et on a veillé tard des fois! Avec tout ça, une année est passée, nous voici rendus encore une fois à la veille de l’ouverture de la chasse. Drôle de température cette année; il fait trop chaud et trop beau pour un mois de septembre normal. Mais, l’ouverture de la chasse, c’est un incontournable, et peu importe le temps, on y sera!

binnesLa veille, il faut donc préparer la recette de « binnes au canard », qui font traditionnellement partie du déjeuner de l’ouverture de la chasse. On sort le chaudron de fonte et on commence bien entendu par faire tremper deux tasses de haricots blancs secs dans l’eau froide. Puis on amène à ébullition. Ensuite on égoutte les fèves. On coupe en dés une tasse de lard salé, on tranche un gros oignon en fines rondelles, on ajoute tout ça aux fèves, avec une cuillerée à thé de sel, une demi-cuillerée de poivre, une cuillerée de moutarde sèche et un bon trois-quarts de tasse de sirop d’érable. J’haïs pas ça ajouter un peu de persil haché finement… Ça fait un petit quelque chose de plus. On mélange le tout et on recouvre d’eau à égalité.

Au début de la veillée on a fait décongeler deux ou trois canards, en morceaux; l’automne dernier on avait inscrit la date sur ce paquet-là, justement, dans l’intention de les utiliser pour les binnes de ce déjeuner. Ça fait que là, on tasse les morceaux de canards sur les fèves et on met le tout au four à couvert, à 225 degrés, et ce pour la nuit.

Tôt levés, on vérifie la cuisson des binnes et on ferme le four. Les premiers chasseurs arrivés n’auront qu’à mettre réchauffer le tout. Seulement à en parler, c’est bien simple, j’ai faim!

Bon appétit!

© Madeleine Genest Bouillé, 18 septembre 2015

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