Vent de printemps

photos jacmado 080806 108Dans notre beau village, c’est bien simple, il vente tout le temps! Du plus loin que je me souvienne, le matin, quand on regarde dehors, ce n’est pas pour demander « Est-ce qu’il vente ?», mais bien plutôt, « De quel côté est le vent? ». Et le printemps étant par définition, tout comme l’automne, une saison de transition, de changement, le vent en est  l’élément essentiel.

Inondations de juin 2015.

Inondations de juin 2015.

J’aime le vent, quand il s’amuse avec le fleuve, lui donnant du mouvement, du relief, de la couleur. Ses eaux passent du gris clair au bleu foncé, en passant par le turquoise, avec des vagues crêtées de blanc. Je ne me lasse pas de contempler ce spectacle… Mais il arrive que le vent devienne méchant. Par exemple, quand il se déchaîne et qu’il est accompagné de pluies torrentielles, comme ce que nous avons connu en juin de l’année dernière. Nous ne pouvons alors rien faire de plus qu’attendre et espérer que cette tempête ne dure pas trop longtemps, et surtout que les dommages ne soient pas trop graves. Depuis des siècles, les humains ont voulu dompter la nature et la soumettre à leurs lois; ils ont tellement bouleversé la terre et l’atmosphère, il était inévitable qu’un jour, les éléments se rebellent et, en quelque sorte, se vengent. On nous dit qu’il est encore temps de limiter les dégâts… Ça va prendre plus que de la bonne volonté!

En temps normal, j’aime le vent du printemps; c’est la nature qui fait son grand ménage. Elle balaie les feuilles mortes oubliées, les aiguilles de l’arbre de Noël qui parsèment la cour depuis la fonte des neiges, émaillées ici et là de quelques glaçons argentés qui brillent au soleil. Dame Nature, munie de son super aspirateur, ramasse toutes les traîneries : « cocottes » de pins, branchettes, plumes d’oiseaux, débris de nids tombés des arbres, bouts de papier, un bouton… une clé perdue un soir d’automne où il faisait un grand vent froid et qu’on avait les doigts gelés!

216Il est parfois un peu trop frais, ce vent du printemps, soit qu’il nous vienne du nordet –  ma mère disait ironiquement : « Le vent de nordet, de quelque côté qu’il vienne, il apporte toujours du mauvais temps! » ou qu’il vienne du nord et charrie des restes d’hiver. Mais c’est un bon vent, dérangeant à certains moments, bruyant, mais sain. Comme on dit, « il brasse  la cage »!  Il remet les choses (et les gens) à l’endroit. Comme un vrai grand ménage printanier.

photos jacmado 080806 112 (2)J’ai souvent dit – à chaque printemps, je crois – combien j’aime cette saison. Le printemps, c’est le seul politicien qui tient ses promesses; il nous promet qu’on s’en va vers le beau temps, le soleil, l’été, et voyez : beau temps, mauvais temps, les bourgeons ferons des feuilles, les fleurs et les plantes de toutes sortes pousseront, les oiseaux resteront avec nous tant que ne sera pas venu le moment prévu pour le départ. Le printemps porte en lui tous les espoirs; même s’il nous décoiffe un peu, vivons chacun des jours qu’il nous offre comme un cadeau du ciel!

© Madeleine Genest Bouillé, 3 mai 2016

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