Ces « Madames AVON » que j’ai connues…

6542597Si vous avez vu le film Édouard aux mains d’argent (version française de Edward Scissorhands), vous vous rappelez certainement de « l’ambassadrice AVON », correctement vêtue de son petit tailleur avec chapeau assorti; l’image même de la vendeuse de cosmétiques des années soixante. Sauf qu’à ma connaissance, il n’était pas courant que, comme on nous le montre dans le film, les représentantes Avon testent leurs produits sur les clientes, enfin, pas celles qu’il m’a été donné de rencontrer.

Depuis mon jeune âge, j’ai connu six « Madames AVON », comme on appelait les représentantes de cette compagnie de cosmétiques fondée à New-York en 1886. Malheureusement, je n’ai de photo d’aucune d’elles. Dommage, j’aurais aimé vous présenter au moins celles qui ne sont plus de ce monde. Pour ce qui est de la première, j’étais encore trop jeune pour être cliente; elle venait rencontrer ma mère pour vendre ses produits. Maman aimait beaucoup les parfums, en particulier celui qui s’appelait To a wild rose. Après son décès, on retrouvait encore l’odeur de cette fragrance dans ses tiroirs. La toute première vendeuse Avon que j’ai connue était une femme qui me paraissait très grande, peut-être ne l’était-elle pas tant que ça… Elle avait les cheveux blond platine, ce qui était rarissime à Deschambault dans les années quarante. Elle s’appelait Julienne, elle habitait la maison où nous demeurons depuis 1971. Dans mon souvenir, je la revois; c’était sans doute l’hiver, car elle portait un manteau de longueur trois-quarts en léopard et elle était coiffée d’un turban violet. Et pour comble, ses ongles très longs étaient vernis du même violet que son turban! Je n’en revenais pas, je la trouvais tellement chic! Elle n’était pas vraiment belle, mais elle était originale. Elle avait quelque peu l’allure de l’actrice Marlene Dietrich. Elle aurait pu figurer comme mannequin dans les revues de mode que ma mère lisait, soit la Revue Moderne ou la Revue Populaire!

avon-ad-1959J’ai commencé à acheter les produits Avon avec la deuxième de ces vendeuses à domicile. Elle se nommait Gracia… et elle portait bien son nom, toujours tellement élégante; elle avait beaucoup de classe. Autrefois, étant donné que les catalogues de cosmétiques n’étaient pas illustrés comme maintenant, une vendeuse Avon devait tout d’abord utiliser elle-même le plus possible les produits qu’elle offrait. C’était le cas pour Julienne et pour Gracia. Rouge à lèvres et vernis à ongles assortis, fond de teint, poudre et parfum… Je ne sais pas si on leur offrait des cours de maquillage, mais elles étaient vraiment impeccables… ni trop, ni trop peu! Gracia était de plus une femme dotée d’un esprit fin, plutôt moqueuse. C’était une personne fière, mais qui savait se montrer aimable. Je me souviens de la fois où j’ai acheté mon premier petit pot de crème Avon, il s’agissait d’un produit pour « jeune fille ». Elle m’avait aussi donné des échantillons de divers articles qui devaient me convenir. N’y connaissant absolument rien, j’avais bien entendu apprécié les conseils de ma vendeuse.

il_570xN.700819506_90a5Ma troisième représentante Avon s’appelait Angélique, c’était une dame plus toute jeune et elle n’a pas fait ce travail très longtemps. Elle était gentille, pas gênante et elle était très jasante. J’étais alors maman de jeunes enfants; peut-être est-ce la raison pour laquelle je me souviens moins bien de madame Angélique; je manquais sûrement de temps pour la jasette! Ensuite il y eut Raymonde, qui a été « Madame AVON » pendant plusieurs années. On se connaissait depuis longtemps, on échangeait des potins, on parlait de tout et de rien et je ne me sentais pas obligée d’acheter ou non ses produits. Parfois, si elle estimait qu’un article ne valait pas la publicité qu’on en faisait, elle le disait tout simplement. Raymonde était une personne pas compliquée. On était loin du temps où les vendeuses de produits de beauté devaient être des cartes de mode pour mieux vendre leurs produits! Raymonde était ma représentante Avon quand la compagnie a commencé à offrir des bibelots et objets d’art pour différentes occasions, soit pour Noël, la Saint-Valentin ou l’Halloween. J’ai acheté de Raymonde en 1997 une petite boite à musique, avec un Père Noël qui patine sur un miroir; tous mes petits-enfants ont joué avec ce bibelot musical… hélas, au dernier Noël, la musique avait commencé à fausser. Je ne sais pas encore si je vais le jeter…

Quand Raymonde a pris sa retraite, elle était déjà atteinte de la maladie qui l’a emportée. J’ai été un certain temps sans vendeuse Avon. Jusqu’à ce que je trouve ma cinquième représentante à Portneuf, ce qui était moins pratique. Mais voilà que depuis quelque temps, j’ai de nouveau une « Madame AVON » qui vient chez moi. Elle s’appelle Nathalie, c’est la plus jeune de toutes les ambassadrices Avon de mon histoire… elle a l’âge de ma fille! Très gentille, elle a quand même moins de temps pour la jasette que celles qui l’ont précédée… Mais on peut communiquer par Internet! C’est la « Madame AVON » des temps modernes!

© Madeleine Genest Bouillé, août 2015

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2 réflexions sur “Ces « Madames AVON » que j’ai connues…

  1. Ah! Madame AVON. J’en fus. Durant une année et demie, j’ai visité ma clientèle, laissé des échantillons, livré les commandes. C’est dans ce rôle que j’ai goûté pour la première fois un espresso offert par une clientèle italienne. Ça passait mal. J’y ai pris goût avec le temps.
    Vos grains de sel me réjouissent, Madeleine. Grand merci!

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