La fête des Mères et la Bonne Chanson

Beaucoup de belles chansons honorent les mères… Entre autres, dans les cahiers de La Bonne Chanson, deux mélodies ont retenu mon attention. La première qui a pour titre, simplement Maman, exprime bien l’essence de ce mot, un des premiers que l’on prononce. Autant pour « l’enfant au réveil » que rassure la voix maternelle disant: « Ne crains rien, je suis là » que pour le grand enfant aux prises avec « les ronces du chemin »; « En nos cœurs tout est las, quand la voix n’est plus là, pour dire : Ne pleure pas! » Les personnes de ma génération qui ont grandi avec les cahiers de l’abbé Gadbois, pourraient reprendre avec moi le beau refrain : « Dans la vie, le premier cri, c’est maman; le doux nid, le cher abri, c’est maman! C’est le seul amour qui jamais ne se lasse, et qu’au fond du cœur, jamais rien ne remplace. Dans la vie, qui nous sourit, c’est maman; nous console et nous guérit, c’est maman. Dans le bonheur ou la tristesse, le mot charmant qu’avec tendresse, on murmure doucement, c’est Maman! »

Les roses blanches

La deuxième chanson, Les roses blanches, c’est une belle histoire triste qui date de 1925. À cette époque, les chansons sentimentales étaient très en vogue. C’est l’histoire d’un petit gamin de Paris qui, chaque dimanche, apporte des roses blanches pour sa maman, malade, qui est sa seule famille, en lui disant: « C’est aujourd’hui dimanche, tiens, ma jolie maman, voici des roses blanches, que ton cœur aime tant. Va, quand je serai grand, j’achèterai au marchand, toutes ses roses blanches, pour toi, jolie maman. » Trois couplets décrivent l’histoire tragique de ce petit garçon, dont la mère est de plus en plus malade. Un dimanche, l’enfant se rend à l’hôpital, avec une brassée de roses blanches; à son arrivée on lui dit : « Tu n’as plus de maman »… elle est morte! Le dernier refrain nous arrache les larmes : « C’est aujourd’hui dimanche, tiens, ma jolie maman. Voici des roses blanches, toi qui les aimais tant! Et quand tu t’en iras, au grand jardin là-bas, ces belles roses blanches, tu les emporteras. »

Moi et mes trois garçons, en 1973 (©coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Plusieurs autres belles chansons ont été créées pour les mères, dont Maman, c’est toi, la plus belle du monde, qui était chantée par Luis Mariano, et Toutes les mères du monde sont belles, interprétée par Tino Rossi. Quand j’entends ces mélodies, je pense à ma mère, Jeanne, qui n’a pas choisi d’avoir dix enfants en moins de quinze ans… mais qui a accepté chacun et chacune avec tout l’amour dont elle était capable. Je pense aussi à ma grand-mère paternelle, Alvine, qui est décédée à trente-neuf ans, après seulement dix ans de mariage; elle était mère de six petits garçons, qui ont été éparpillés un peu partout étant donné que leur père est décédé quatre ans après son épouse. Ces femmes n’ont certes pas choisi leur destin. Elles s’étaient mariées par amour, sûrement, et elles faisaient confiance à la vie… Quand on parle des femmes de cette époque-là, on dit souvent qu’elles étaient des saintes.

Non, les mères n’étaient pas des saintes. Je préfère dire que ces femmes étaient des êtres de devoir, un devoir qui était surtout fait d’amour. Tout d’abord, jusqu’au milieu du XXe siècle en général, les femmes ne choisissaient pas d’être mère; elles acceptaient les enfants qui leur arrivaient, sans même avoir la possibilité de les espacer. La seule façon sûre de « s’en sauver » était d’entrer au couvent ou de demeurer célibataire. La maternité était partie prenante du mariage. D’une époque à l’autre, les femmes en sont venues à enfanter par choix; un choix qui se fait avec le conjoint, dans le meilleur des mondes.  Mais on sait aussi que « le meilleur des mondes » n’est pas le lot de toutes les mères. On en voit des exemples chaque jour sur les journaux et les réseaux sociaux. Quoi qu’il en soit, la maternité ne fait pas de nous des saintes. Autrefois, on disait que la maternité était une vocation, tout comme la vie religieuse, et certains métiers, entre autres, les métiers reliés à l’éducation ou à la santé. Par contre, une affirmation qui n’aurait pas été acceptée dans le temps, c’est que les femmes n’ont pas toutes la vocation de la maternité. À l’époque où nous vivons, le mot vocation étant beaucoup moins employé, je crois qu’il faut d’abord l’expliquer. Mon gros Petit Larousse dit que « vocation » : de vocare, appeler, est une aptitude pour un genre de vie. Je dirais donc que la vocation, c’est un appel vers un choix de vie, une façon de se réaliser, ainsi, en est-il du domaine artistique, ou des sciences.  Alors en ce sens, oui, être mère est une vocation…  une des plus belles!

Avec mon petit fils Pierre.

© Madeleine Genest Bouillé, 12 mai 2018

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