La liste de cadeaux

Aimez-vous les échanges de cadeaux du temps des Fêtes? Pour ma part, j’aime bien ces échanges où chacun a pris le soin de choisir un présent pour l’offrir en cadeau à quelqu’un en particulier. C’est toujours un moment de plaisir, qu’on ne vit qu’une fois par année! Dans ma famille, au cours des premières années après mon mariage, nous nous offrions des cadeaux entre nous : frères, sœur, conjoints, et nous en offrions aussi aux neveux et nièces, à mesure qu’il en arrivait. Il faut dire qu’à cette époque, il y avait beaucoup de choix pour pas trop cher. D’ailleurs, ce n’était pas la valeur monétaire du cadeau qui comptait, c’était le plaisir de la surprise. Nous faisions aussi des cadeaux à nos filleuls et aux parrains et marraines de nos enfants… Ça n’en finissait plus! Vint un temps où la famille s’étant agrandie, il commençait à y avoir pas mal de monde et le coût des cadeaux augmentait évidemment. On ne trouvait plus grand-chose pour cinq dollars!  Quelqu’un a alors suggéré que chacun pige le nom d’un membre de la famille et qu’on fasse ainsi seulement un cadeau. Nous étions alors dans les années 70. Nous sommes donc devenus des adeptes de cette coutume. Tout naturellement, cette tradition s’est continuée chez nous, avec les conjoints et conjointes, dès qu’il y en eut.

IMG_20151205_0002Évidemment, un échange de cadeaux, ça implique tout d’abord que chacun, chacune, pige le nom d’une personne, dont le nom demeurera secret… enfin, je devrais dire « devrait demeurer secret »! Vous raconter les investigations pour réussir à savoir qui a pigé qui… il y en aurait pour plusieurs pages. Cela fait partie du jeu! Comme la liste de suggestions de cadeau est accrochée à la Maison-mère, c’est-à-dire chez nous, les participants viennent écrire leur choix de cadeaux et, le plus discrètement possible, consulter la liste pour connaître les désirs de la personne qu’ils ont pigée. La fameuse liste est généralement affichée en début de décembre; en même temps, l’enveloppe contenant tous les noms des participants est disponible. Nous sommes maintenant plusieurs adultes, incluant les aînées de nos petits-enfants, il devient alors difficile que tous soient présents pour faire la pige. Dommage, cela apportait une certaine solennité à la chose! Mais il faut ce qu’il faut. Les intéressés passent donc à tour de rôle prendre le précieux petit papier qui leur est destiné.

La liste des noms des participants s’étale sur plusieurs pages, de façon à laisser place pour plusieurs suggestions. C’est qu’on trouve de tout sur cette liste! Je vous donne un aperçu à partir de celles que j’ai conservées depuis 1995. On y retrouve, entre autres, « des VRAIS bas de VRAIE laine », « des grosses pantoufles-bibittes drôles », cet item est revenu au moins trois fois! Que diriez-vous d’un « parfum qui sent bon »? À quelques reprises, une participante a mentionné « des boucles d’oreilles discrètes »… à la condition que ce soit une femme qui l’ait pigée! Je suis perplexe quand je retrouve quatre fois « un coffret de thés, pas des tisanes ». Y aurait-il eu un manque de compréhension de la part des donateurs? Les demandes sont très variées, cela passe des « draps avec des moutons » aux « bibelots faits de matériaux insolites, aux couleurs insolites », en passant par « des caramels Kraft » et « des Chips Cape Cod »!

Parfois il faut attendre longtemps avant de recevoir le cadeau qu’on désire plus que tout. C’était certainement le cas pour le « marteau de porte » qui s’est retrouvé cinq fois sur la liste et le « couvre-volant en minou », tout autant! La persévérance mène à tout, et même à recevoir plus qu’on a demandé. Ainsi, la participante qui demandait en 1997 « un beau livre sur l’Écosse ou l’Irlande », a visité ces deux pays entre 2010 et 2012! Quelques années auparavant, elle avait mentionné qu’elle désirait « un gars beau, gentil, serviable, calme, drôle, poli… pas de moustache »!

On peut écrire n’importe quoi sur une liste de cadeaux. Un participant est passé de « une blonde » à « une rousse »… une autre année, c’était « une bonne job », puis « du temps et de l’argent ». Deux participants ont réclamé « un char ». Comme demandes bizarres, il y avait « du pipi de jument » et « un chameau ». La meilleure demande que j’ai trouvée et qui est revenue cinq ou six fois, c’est sans contredit : « la Paix aux hommes de bonne volonté! » Et finalement, pour ceux qui préfèrent vraiment les surprises : « Quelque chose qui n’est pas sur la liste ».

Nul besoin de vous dire que j’ai hâte de lire les suggestions de cadeaux qui ne devraient pas tarder à faire leur apparition sur la liste de cadeaux de 2015…

© Madeleine Genest Bouillé, décembre 2015

« Mais où sont passées les neiges d’antan? »

(Paroles tirées de Ballade des Dames du temps jadis, de François Villon)

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Le champ entre notre maison et celle de notre voisin, la demeure ancestrale de la famille Bouillé, en 1986 (soit l’année précédant la construction de la maison de notre neveu Germain).

Oui je m’ennuie de la neige! Je l’avoue sans honte, même avec une certaine fierté. Je suis une vraie québécoise, native d’un pays où il y a quatre saisons, dont l’une, l’hiver, qui empiète habituellement sur celle qui la précède et pas mal aussi sur celle qui la suit. Mais voilà : aujourd’hui, 2 décembre, c’est comme si on était en novembre. C’est gris, c’est laid… même la musique de Noël que je fais jouer pendant que mon homme s’affaire aux pâtés à la viande pour la Vente de Pâtisseries des Lions, et même cette bonne odeur de fête ne parviennent pas à me faire oublier qu’il pleut à boire debout. Pas du verglas, non, de la pluie, de l’eau!

pate_viande_recetteJ’ai quand même de quoi m’occuper et sinon, quelqu’un à admirer. Car, qu’y a-t-il de plus réconfortant, je vous le demande, que de voir un brave cuisinier mélanger avec application les viandes avec les oignons et les épices, et cuire tout ça dans un grand chaudron? Tandis que la ménagère de service, en l’occurrence moi, vaque à des occupations routinières : ménage, lavage, avec séchage à l’intérieur, forcément! Donc, notre cuisinier prépare ensuite sa pâte et la roule avec un tel acharnement sur le rouleau, on jurerait qu’il se défoule sur cette pauvre pâte molle, qui ne lui a pourtant jamais rien fait! Dommage, je n’ai pas de photos de mon cuisinier, vous auriez aimé voir cette ardeur au travail… avec pas loin, un petit verre de scotch qui attend. Le scotch est au cuisinier ce que l’essence est à l’auto! Quand les pâtés vont dorer au four, il s’en dégagera un tel arôme, je vous le dis, c’est quasi céleste! Au fait, croyez-vous qu’il soit possible qu’au Paradis on retrouve tout ce qu’on a aimé sur terre, senteurs et saveurs incluses ? Moi, j’aimerais bien. Ceci me fait penser à cette pensée un peu légère: «  Si au ciel on ne peut pas rire, moi, je préfère ne pas y aller ! »

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Le cap Lauzon enneigé, début des années ’90.

Concernant cet hiver qui tarde, quelqu’un va sûrement me rétorquer : « ben voyons donc, c’est la faute aux changements climatiques! » D’autres diront: « c’est le phénomène El Nîno. » Je veux rien savoir! Je veux de la NEIGE! Après mon opération au genou, et tout au long de ma convalescence, je disais pour m’encourager : « j’ai hâte à l’hiver, j’ai hâte à Noël! Sûrement qu’alors, ça va aller comme sur des roulettes». Décembre est là, les décorations dans la maison ont l’air aussi incongrues que si on était en juillet et dehors, les boucles de ruban rouge pendent tristement… elles n’aiment pas la pluie, ça ne leur va pas au teint. Les gourous de la météo prédisent qu’on aura l’hiver à la mi-janvier… pas possible! Devrons-nous subir ce désolant paysage encore plus d’un mois?

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Chansonnier anglais que j’ai reçu en cadeau en 1951, publié par la compagnie Loneys…

J’enfile l’une derrière l’autre toutes les chansons d’hiver que je connais : C’est la première neige, jolie chanson de mon enfance… Noël blanc : je n’y peux rien, les paroles me font pleurer! Le sentier de neige, j’ai toujours aimé cette chanson des Classels, ça donne envie de cheminer le soir, sous une petite neige douce… Le bonhomme de neige, La promenade en traîneau : on n’irait pas loin aujourd’hui! Même en anglais, la neige est belle : Let it snow, Winter wonderland, Deck the Halls. Que de belles chansons, dont plusieurs qui nous rappellent des fêtes de Noël ou du Jour de l’An, des rencontres en famille ou entre amis! On a chacun notre petit air préféré pour le temps des Fêtes, celui qui bourdonne à nos oreilles à tout moment… même et surtout quand c’est pas le temps!

Si comme moi, cette température vous rend morose, écoutez les chansons du temps des Fêtes que vous aimez, chantez-les en même temps et si vous faussez quelque peu, personne ne vous en tiendra rigueur! Et puis, espérons, le grand Boss de la température aura peut-être un peu pitié de nous et nous enverra quelques pouces de belle neige, avec assez de froid pour que le tapis résiste jusqu’à la première vraie bordée…

© Madeleine Genest Bouillé, 2 décembre 2015

Quand novembre s’installe…

Gâteau aux fruitsQuand novembre s’installe pour de bon, que le soleil commence à se faire « pépère » et qu’il a envie de se coucher vers quatre heures de l’après-midi, c’est le temps de cuisiner le gâteau aux fruits. C’est ainsi que débutent les pâtisseries du temps des Fêtes! Auparavant, je consulte la liste des ingrédients pour voir ce qui manque. Il faut acheter les fruits confits, les noix, le Sherry. Un beau matin, c’est décidé, je m’y mets! Je commence par préparer les moules et tout l’attirail : bols à mélanger, ustensiles. Je mélange les fruits confits et les noix avec le Sherry. Pour l’ambiance, ça prend de la musique de Noël; comme il ne faut quand même pas aller trop vite non plus pour ne pas faire peur à l’hiver, tellement timide au début, je me contente de pièces instrumentales. Après que les fruits eurent macérés assez longtemps dans l’alcool, c’est le moment de « démêler » la pâte. Ce qui veut dire en réalité, la « mêler ». Les termes culinaires ont de ces caprices! Encore quelques petits airs de circonstance… Et on fait cuire le gâteau lentement, à four pas trop chaud. Que ça sent bon! Quand il y a dehors une petite couche de neige, c’est le bonheur total! Mais cette année, pas chanceuse, il n’y a pas un brin de neige, ici près du fleuve.

127S’il y a une chose que j’aime en novembre, c’est bien la confection du gâteau aux fruits! L’odeur de cuisson du gâteau, au son de la musique, c’est comme l’ouverture officielle de ce temps « d’avant Noël » que j’aime presque autant que les fêtes mêmes. Quand mon gâteau est cuit, refroidi, emballé et rangé dans sa boîte de métal, je peux me permettre de faire l’inventaire des décorations. Elles sont rangées dans des contenants étiquetés. Je vérifie chaque contenant et si je n’ai pas éliminé les éléments fanés ou brisés, après les dernières Fêtes, soit par paresse ou parce que je ne m’en sentais pas le goût, je fais le tri et je garde seulement ce qui est encore utilisable. Alors je note ce qu’il faudra remplacer. Mais, je ne sais pas pourquoi ni comment, il se trouve toujours un élément qui n’est pas dans la bonne boîte, soit qu’on avait oublié de l’enlever et qu’on l’a rangé plus tard dans le premier contenant du bord, ou encore, c’était la fin de la corvée et on avait plus envie de chercher la boite où cette chose incongrue était supposée aller se cacher pour les douze prochains mois. Pas grave? Non, sauf quand je serai rendue à accrocher justement cette foutue babiole et que je devrai passer un temps fou à la chercher! Mais c’est comme ça chaque année ou presque.

Good HousekeepingPetit à petit, à mesure que les jours raccourcissent, je me permets un peu plus souvent de faire jouer la musique d’ambiance, surtout quand je consulte mes magazines de Noël, dont j’ai une assez bonne collection, laquelle date des années 80 jusqu’à aujourd’hui. Des revues américaines surtout, Good Housekeeping, Family Circle, ou Victoria, parce que ces magazines sont abondamment décorés! On y trouve tout plein d’idées et de recettes pour le temps des Fêtes. Je n’aime pas tout, mais je pige des idées ici et là et surtout j’aime parcourir ces revues, qui me rappellent les modes de ces années déjà lointaines. Je revois des détails que j’avais oubliés. En écoutant mes chansons préférées j’oublie les boites de décorations qui m’appellent, je me détends et je rêve…

Ainsi s’achève le mois de novembre. On tourne la dernière page du calendrier et cette année, il n’y a toujours pas de neige! Sainte Bénite, que je suis donc pas avancée! C’est la faute de ce « môsusse » de genou. Il va falloir pédaler maintenant. Je commence à poser les décorations à l’intérieur; heureusement, l’homme de la maison se charge des décorations extérieures. Que vienne décembre, on l’attend et on est prêts à le recevoir!

À bientôt pour la suite des choses…

© Madeleine Genest Bouillé, 28 novembre 2015.

Calendrier de l’Avent… ou de l’avant?

6a00d8341c676f53ef00e54f3222668833-640wiOn ne résiste pas à la coutume du « calendrier de l’Avent ». Pour plusieurs, c’est tout ce qui subsiste du temps de l’Avent, tel qu’on le connaissait autrefois, et qui, d’une certaine façon quoiqu’en moins long, ressemblait au Carême. Les temps ont bien changé! Maintenant, dès qu’on a un enfant assez grand pour compter au moins jusqu’à 25, on achète le traditionnel calendrier de l’Avent. Il s’agit souvent d’un coffret en carton dans lequel, du 1er au 25 décembre, on ouvre une petite fenêtre pour découvrir un chocolat. Un chocolat! Dans mon enfance, cela aurait été impensable puisqu’on devait se priver de friandises durant cette période. Pour ma part, c’était encore pire puisque mon anniversaire étant le 28 novembre, très souvent ça tombait pendant l’Avent… pas drôle du tout! Pour en revenir au calendrier de l’Avent, il se présente de multiples façons, ainsi ça peut-être un bibelot décoratif pour le temps des Fêtes et qui de plus, est réutilisable. Récemment, j’ai vu une petite maison en céramique à laquelle on doit accrocher un chiffre par jour, soit à la porte ou aux fenêtres. Les fabricants font preuve de beaucoup d’imagination : il faut vendre le produit! Le but recherché étant de faire patienter les enfants jusqu’à Noël. Mais, une chose est certaine, ces objets sont des calendriers « d’avant Noël », donc rien de commun avec les calendriers « de l’Avent » que j’ai connus étant jeune.

Quand j’étais étudiante au couvent, je ne me souviens pas en quelle année, notre professeur, une religieuse, nous avait fait fabriquer notre calendrier de l’Avent. Vous comprendrez qu’il était très différent de ceux qu’on trouve aujourd’hui! Ce travail était exécuté durant le cours de religion étant donné que la fête de Noël est d’abord une fête chrétienne, pour laquelle autrefois, on se préparait en conséquence! Le lundi de la première semaine de l’Avent, au cours de catéchisme donc, on bâtissait notre calendrier. Sur une feuille quadrillée, nous devions tracer la forme d’une grotte ou d’une cabane, dans laquelle, lors d’un des derniers jours de classe avant Noël, nous placerions Marie, Joseph et le petit Jésus, couché dans sa crèche.

ATT00007Ça peut sembler simple… mais le niveau de difficulté était quand même assez élevé. Il fallait construire une crèche. Chacun des carrés représentait une pierre de la grotte ou de la cabane qui abriterait la sainte famille. Chaque jour, pour avoir le droit de colorier les carrés, nous devions la veille avoir « passé une bonne journée », c’est-à-dire avoir su nos leçons, fait nos devoirs et avoir été sage en classe. Si je me souviens bien, on devait aussi remplir les carrés des dimanches et des jours de congé, à la maison. Mais sur le ce point, même si on avait oublié le calendrier dans le pupitre, ou qu’il était demeuré dans le sac d’école, à ma souvenance on coloriait les carrés sans se poser de question. Les bâtisseurs ne doivent surtout pas « s’enfarger dans les fleurs du tapis »!

Calendrier Avent Julie Vachon

Calendrier de l’Avent confectionné par une artisane de la région, avec les petites douceurs de Julie Vachon, la chocolatière du village.

Notre professeur était tout de même assez magnanime, elle avait compris que pas un élève ne voulait arriver aux vacances de Noël avec une crèche à moitié construite. Surtout que ce calendrier dûment rempli, avec les personnages préalablement découpés dans des revues ou des images et collés chacun à sa place, était joint à notre bulletin de décembre avec l’inévitable lettre aux parents pour le Jour de l’An. La lettre du Jour de l’An, parlons-en! Nous avions un modèle auquel nous devions nous conformer, composé dans un style cérémonieux où, de plus, nous disions « vous » à nos parents, ce qui n’était pas d’usage chez nous. Ce texte ne me ressemblait pas du tout! J’aurais tellement préféré qu’on nous laisse rédiger notre lettre avec nos mots. Mais comme j’étais trop gênée pour dire mon opinion… je faisais comme les autres et je copiais la fameuse lettre qui ne variait guère d’une année à l’autre!

Pour revenir au calendrier de l’Avent, je ne me souviens pas qu’on ait fait ce travail plusieurs années. Ce dont je suis certaine par contre, c’est que finalement, tous les élèves de la classe sont arrivés à la fête de Noël avec une crèche plus ou moins bien dessinée – nous n’étions pas tous des artistes – mais à laquelle il ne manquait pas une pierre! Je revois encore mon calendrier; je l’avais collé sur une feuille bleu foncé et j’avais décoré le faîte de ma grotte d’une étoile dorée avec des rayons qui descendaient jusque sur la tête de l’Enfant-Jésus… j’étais bien fière de mon travail. Ça, c’était vraiment un « calendrier de l’Avent »!

© Madeleine Genest Bouillé, novembre 2015