Le docteur

Quand j’étais jeune, on n’allait pas chez le docteur… le docteur venait à la maison. Enfin, la plupart du temps. Et quand on le voyait s’amener avec sa sacoche noire gonflée d’instruments tous plus épeurants les uns que les autres et ses dizaines de petites fioles remplies de sirops écœurants, c’est parce qu’il y avait quelqu’un de TRÈS malade dans la maison!

Pour les maladies « ordinaires », rhume, indigestion, piqûre d’insecte, coupures ou « bleus », causés par des chutes ou des batailles en jouant, on avait tout ce qu’il fallait à la maison. On n’entendait jamais parler de commotion cérébrale, encore moins de traumatisme crânien. Les sinusites étaient de simples rhumes de cerveau… Quand des maladies comme les oreillons, la rougeole, la coqueluche ou la scarlatine couraient, on les attrapait. Nos parents disaient : « C’est mieux que ça passe quand les enfants sont jeunes! » Pour ma part, je me souviens d’avoir reçu la visite du docteur quand j’ai eu la rougeole; chanceuse, j’avais un « deux pour un », ayant déjà la coqueluche! Étant donné que j’avais la mauvaise habitude de saigner du nez, le fait d’avoir ces deux maladies en plus augmentait mes saignements de nez qui survenaient à toute heure du jour ou de la nuit. Le docteur m’avait alors fait une piqûre de je ne sais plus quoi. Ce traitement s’était avéré efficace, ou peut-être que la peur de la seringue avait eu un effet bénéfique!

Dans notre village, on avait un docteur pas comme les autres, il s’appelait Henri Roy. C’était un homme brillant, un excellent médecin, mais un original. Pas grand, trapu, toujours en mouvement, il parlait vite et il ne passait pas par quatre chemins pour dire ce qu’il avait à dire! Les gestes rapides et saccadés, il démarrait son auto en vitesse, arrêtait net et il repartait de la même façon. Quand il entrait quelque part, disons pour un accouchement, si c’était sa première visite, de ses yeux noirs et vifs, rapidement, il faisait le tour de la maison. Il demandait où était la chambre et alors il fonçait vers la future mère qui l’attendait, et souvent sans prendre la peine d’enlever son paletot, garrochant son chapeau sur la table ou sur une chaise. Puis, il s’occupait de sa patiente. Quand il était appelé dans la même famille pour la sixième ou la huitième fois, alors il connaissait les aires et il n’attendait même pas qu’on lui dise : « Gênez-vous pas, faites comme chez vous! » Il prenait le temps d’aller dans l’armoire, de sortir une tasse et de se verser du thé; la théière étant toujours prête à l’arrière du poêle à bois… S’il y avait une assiette de biscuits sur la table de la cuisine, il se servait tout naturellement, puis, il filait vers la chambre faire son travail, c’est-à-dire, recevoir un petit enfant, un de plus!

Après avoir vérifié que le nouveau-né était bien portant, il s’occupait de la mère, et si tout allait bien, il repartait aussi vite qu’il était entré!  Quand la situation l’exigeait, il se faisait parfois accompagner de l’infirmière, Garde Bélisle, une grande femme mince, mais surtout un ange gardien que Dieu avait dû égarer un jour sur terre, pour notre plus grand bien! Officiellement, c’était l’infirmière des « Unités sanitaires », elle visitait les nouvelles mamans et les bébés et elle allait aussi à l’école pour les vaccins contre les maladies infantiles. Jamais avare de ses bons conseils, elle était toujours prête à répondre aux questions, que ce soit de la part d’une jeune mère inexpérimentée ou de quelqu’un ayant des inquiétudes à propos de malaises inexplicables.

Mais je reviens à mon docteur… Quand, avant de quitter le foyer où venait de naître un nouveau bébé, il prenait le temps de parler au père en privé, c’était la plupart du temps parce que le travail avait été long, difficile, et alors il faisait au père la même recommandation qu’il avait faite à la mère : « Prenez donc votre temps avant d’en avoir un autre » et s’il jugeait la situation plus critique, il disait alors : « Ça serait préférable qu’il n’y en ait pas d’autre ». Il avait dit ça à ma mère, lors de son huitième… elle en a eu deux autres par la suite avant de mettre à exécution le conseil du docteur. Maman avait eu son premier bébé en 1933, le dixième et dernier, est né en 1947…

La famille du docteur Roy comptait quatre enfants; la deuxième, Lisette était du même âge que moi. J’ai parlé justement de Lisette dans un « grain de sel » en 2015. Elle est décédée accidentellement au cours de l’été 1952. Quelques années plus tard, une autre fille prénommée Lise est née dans la famille Roy. Mais le docteur ne s’était jamais consolé de la perte de Lisette… On disait qu’il avait « un ressort de cassé ». Même s’il avait le cœur malade, il continuait de travailler. À la fin des années 60,  je ne me souviens pas exactement de la date, il est décédé, prématurément. Il n’avait jamais eu le temps d’arrêter pour se reposer.

© Madeleine Genest Bouillé, 24 janvier 2017

Images d’une autre époque

J’ai un jour reçu plusieurs albums de photos. Les plus vieilles datent des années 30 et les plus récentes, de la fin des années 40. La personne qui possédait ces photos n’écrivait que rarement la date, soit à l’endos de l’image ou dans l’album et il n’y a aucun fil conducteur. J’en ai déjà publié avec quelques-uns de mes « grains de sel ». Cette fois, j’ai fait une sélection plus variée, en me guidant sur mes préférences ou sur des personnes ou des lieux qui me rappelaient quelque chose.

* * * * *

Pour débuter, deux photos qui datent des années 30; on y voit madame Élise Proulx, épouse de monsieur Marcellin Thibodeau. Sur la première image, elle pose fièrement sur la galerie de sa maison, aujourd’hui le 215 sur le Chemin du Roy. La belle décoration de la balustrade a malheureusement été changée quelques années plus tard. La deuxième photo a été prise à l’arrière de la maison, alors que madame Thibodeau surveillait le savon en train de bouillir dans le gros chaudron. Je me souviens, quand j’étais enfant, d’avoir assisté à la fabrication du savon… on nous interdisait d’approcher de l’énorme marmite qui, pour nous, était un vrai chaudron de sorcière!

Vous reconnaîtrez sûrement cette maison à logements située au cœur du village. D’après les vêtements, on doit pouvoir situer la photo au début des années 40. Des travaux sont en cours… mais je n’en sais pas plus long. Je reconnais le propriétaire de cette maison, monsieur Louis Marcotte – l’homme en chemise blanche avec bretelles et cravate – ainsi que son épouse, Béatrice Naud, debout sur une marche de l’escalier. À l’époque, madame Béatrice chantait à l’église et dans les soirées organisées par l’une ou l’autre association paroissiale. Elle avait une jolie voix et elle était très en demande, dans les mariages surtout. Elle aimait beaucoup les enfants, n’en ayant jamais eu. Alors elle nous invitait chez elle et elle nous apprenait des chansons… nous ne nous faisions pas prier étant donné qu’elle avait toujours des bonbons pour nous récompenser!

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Maison Louis Marcotte, années 40 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Une photo datée du 1er janvier 1941. Lauréat Laplante avait installé sa cabane sur la glace, comme on peut le constater. Je ne sais si la photo a été prise avant ou après la pêche. M. Laplante pose ici avec son beau-frère, Paul Thibodeau, et leur neveu, Paul Jr. Thibodeau. Il ne semble pas faire trop froid… ou c’est qu’on a déjà commencé à prendre le  petit  « remontant », que tout pêcheur doit toujours avoir dans son attirail !

Cabane à pêche de Lauréat Laplante, 1941 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Cabane à pêche de Lauréat Laplante, 1941 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Derrière  cette photo, il est noté « Partie de plaisir, souvenir de ce 7 août 1941 ». Je l’ai choisie justement en raison cette inscription. Que fêtaient ces jeunes filles? … À part les premières communions, les mariages ou les anniversaires, il est rare que le bonheur ait une date!

Marie-Paule Laplante au centre, avec deux amies, août 1941 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Marie-Paule Laplante au centre, avec deux amies, août 1941 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

En regardant cette photo, on constate qu’il faisait encore assez chaud ce 13 septembre 1944… Autrefois, ouvrir un petit magasin, ce n’était pas compliqué! On plaçait un comptoir dans une pièce à l’avant de la maison et on vendait des journaux, des friandises et un peu de « grocerie », comme on disait alors. Ici on est devant la maison qui porte aujourd’hui le numéro civique 208, sur le Chemin du Roy. Madame Henri Savard, Adrienne Courteau, possédait ce petit magasin où je me souviens être allée souvent acheter  une liqueur ou une barre de chocolat… J’étais du même âge que le petit garçon, Jean, et il nous arrivait de jouer ensemble, jusqu’à ce qu’on soit assez grands pour aller à l’école. Dès lors, les garçons et les filles ne jouaient plus ensemble, sauf dans la famille!

Magasin de Mme Henri Savard, 1944 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Magasin de Mme Henri Savard, 1944 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Je vous ai aussi parlé à quelques reprises de l’ancien maire, monsieur Louis-Philippe Proulx. Cette photo a dû être prise juste avant le départ de Louis-Philippe et Marie-Louise pour leur lune de miel, si l’on en juge par leurs vêtements. La noce avait lieu dans la maison des Morin dans la rue Johnson, où nous habitions, la famille Morin étant apparentée aux Proulx. C’était le 21 juin 1947. Les nouveaux mariés avaient fière allure… j’aime surtout le chapeau de Marie-Louise!

Louis-Philippe Proulx et son épouse, Marie-Louise, 1947 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Louis-Philippe Proulx, maire de Deschambault de 1940 à 1947, et son épouse, Marie-Louise, 1947 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Toujours dans les années 40, l’équipe de balle de Deschambault, où paraît-il se retrouvaient les meilleurs joueurs du comté! Il y a sûrement quelques membres de la famille Gauthier, je reconnais entre autres, Monsieur Ovide Mayrand, debout à l’arrière et monsieur Raymond Paré à l’avant. Cette photo a environ soixante-dix ans… Je ne sais pas pourquoi, mais elle me fait penser au film Le champ des rêves. J’aime tellement la dernière réplique : « Le ciel, c’est l’endroit où les rêves se réalisent. »

Équipe de balle de Deschambault, avec certains des meilleures joueurs du comté! (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Équipe de balle de Deschambault, avec certains des meilleurs joueurs du comté! (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

 J’ai déjà mentionné que parmi les passe-temps des jeunes gens d’autrefois, la correspondance avec des étrangers, le plus souvent de France ou de Belgique, était très répandue, surtout pendant la guerre. À l’endos de cette dernière photo, d’une belle écriture fine, on lit: « À ma lointaine petite amie, en toute sympathie, Didier. »  Et au bas : « Rabat, le 30-5-1948. »  Sur la photo, deux matelots; on ne saura jamais lequel était Didier… Je vous laisse rêver la suite de cette histoire!

deux matelots, inconnus, 1948... (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Deux matelots, inconnus, 1948… (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Pourquoi ai-je l’impression que le bonheur était plus simple au temps jadis? C’est peut-être que ça coûtait moins cher pour s’amuser. Quelqu’un a dit un jour « Quand le bonheur coûte cher, ce n’est plus du bonheur »… J’adore fréquenter ces témoins du passé que sont mes vieilles photos. C’est un peu comme faire un voyage dans le temps. Je garde toujours un brin de nostalgie quand je fais un petit tour « par la porte d’en arrière » dans la vie d’autrefois de mon village.

© Madeleine Genest Bouillé, 18 janvier 2017

Trois quarts de siècle à Deschambault – 2e partie

Jadis les déménagements se faisaient au mois de mai. C’était malcommode surtout pour les enfants qui fréquentaient l’école, et qui devaient parfois changer d’école en fin d’année quand les parents déménageaient dans un autre village. Je ne sais pas ce qui motivait cette coutume, mais ce fut longtemps ainsi.

Reportons-nous donc en mai 1947, alors que la famille Genest emménageait dans la maison ancestrale des Morin, située dans ce qu’on appelait encore « la vieille route ». Cette bâtisse plus que centenaire appartenait à l’un des derniers descendants de cette famille, M. Louis-Philippe Proulx, qui avait été maire de 1940 à 1947. Il demeurait quelques maisons plus loin, avec sa sœur Angeline, près de la route justement appelée « des Proulx ».

La maison en pierre de taille au début des années 50, avec l'appentis à l'est. La cave de la maison, probablement plus vieille, ainsi que l'appentis en pierre des champs seraient les vestiges d'une ancienne poudrière.

La maison en pierre de taille au début des années 50, avec l’appentis à l’est. La cave de la maison, probablement plus vieille, ainsi que l’appentis en pierre des champs seraient les vestiges d’une ancienne poudrière.

J’ai parlé dans un « grain de sel » publié à l’été 2015 de cette demeure où nous avons vécu tous ensemble notre jeunesse, jusqu’au départ de chacun et chacune vers une autre vie. En 1947, cette maison manquait de confort; l’électricité était sommaire, les « commodités » aussi, et le chauffage se résumait au poêle à bois dans la cuisine. De plus, les épais murets de pierre qui séparait la cave en plusieurs compartiments rendaient quasi impossible l’installation d’un chauffage central. Quelques années plus tard, on y est tout de même parvenu, après beaucoup de travail et d’ingéniosité.

Comme maman nous l’a souvent répété : « Nous étions enfin seuls chez nous! Quel bonheur! Les enfants pouvaient jouer, crier, chanter. De plus, il y avait des champs tout autour de la maison… quel beau terrain de jeu! » À cette époque, la vieille route comptait quatorze maisons, plus une beurrerie, qui était située au coin de la route des Proulx. Nous étions désormais plus éloignés de l’école, du couvent et de l’église, mais cela nous importait peu.   

Comme je l’ai mentionné dans la première partie de ce « grain de sel », notre père vivait alors à Montréal. Il venait à la maison lors des congés qui allaient de pair avec les fêtes religieuses, ce qui fait que ses visites pouvaient parfois être espacées de plusieurs mois.  Par contre, en été, il avait deux semaines de vacances. Dans mes souvenirs, ces deux semaines représentaient les plaisirs de tout un été! Dès le début de nos vacances, on répétait souvent : « Quand papa va venir… » Et on énumérait tous les projets que sa visite impliquait : « il va nous emmener nous baigner au fleuve, on va aller aux framboises, on fera un pique-nique sur la grève, on ira au troisième rang, sur la terre à bois à Pépère… » Que de projets! Maman, qui n’évoquait jamais devant nous sa lassitude devant le fardeau qu’elle était seule à porter la plus grande partie de l’année, manifestait sans retenue sa joie, dans l’attente des vacances de notre père.

Les années passaient… Ma sœur aînée, Élyane s’est mariée en 1957; et mon grand frère Claude, en 1960. Le 30 décembre de cette même année, la vie de notre famille allait basculer d’une façon irrémédiable. Mon père, terminant son « quart » de travail à minuit, fut renversé par une auto en descendant de l’autobus qui le ramenait à la maison où il demeurait. Il fut hospitalisé six mois, dont trente jours, inconscient, suite à une grave blessure à la tête. Durant ces trente jours, on ne savait pas s’il sortirait du coma, et si oui, dans quel état. Enfin, au début de l’été, papa revenait chez nous, lucide, mais diminué. Il n’avait que 51 ans, mais il n’a jamais repris son travail… et il n’est jamais reparti de la maison. Maman avait retrouvé son mari… qui avait bien changé! Il se déplaçait avec deux cannes et il ne parlait plus qu’à mi-voix. À demi paralysé du côté droit, il avait tout de même réappris à écrire de la main gauche; mon père aimait tellement écrire!

J’avais alors 19 ans. Je travaillais au Central du téléphone, trois de mes frères encore à la maison, travaillaient, mais il en restait quand même trois, aux études. Les salaires n’étant pas ce qu’ils sont aujourd’hui, Maman avait appris à faire des miracles! Elle en avait l’habitude avec sa grande famille, mais là, ça devenait plus pressant. Les premières années après son accident, Papa, malgré son état de santé, participait autant qu’il le pouvait à la vie de famille. Puis, graduellement, il s’est isolé dans son fauteuil près de la fenêtre du salon qui ouvrait sur la route, et le gros orme… Durant quelques années, il a tenu son journal; après son décès, on y a lu qu’il avait souvent des douleurs, qu’il taisait en priant, offrant ses souffrances pour sa famille, puisqu’il ne pouvait plus travailler pour la faire vivre…

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Papa et Maman en 1973 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

On n’arrête pas le fil du temps. En 1964, mon frère Jacques et moi avons « convolé en justes noces », moi, le 24 juin à Deschambault et Jacques, le 8 août, à Tracy. Il y eut d’autres mariages, en 1972, 73 et 83. Maman et Papa avaient alors 16 petits-enfants. Il en arriverait encore deux après le décès de Papa. La maison de pierre qui avait bénéficié de plusieurs améliorations se vidait tranquillement… tandis que, graduellement, la rue Johnson accueillait de nouvelles maisons. Aujourd’hui, on en compte 24! En mars 1980, Papa nous a quittés, puis en 1988, ce fut le tour de mon frère Claude. Maman demeurait toujours chez elle avec ses deux derniers fils encore célibataires; elle a quitté sa maison une semaine avant son décès en 1996; elle était arrière-grand-mère depuis février de cette même année.

Maman et son arrière-petite-fille Blanche (coll. Patrick Bouillé).

Maman et son arrière-petite-fille Blanche (coll. Patrick Bouillé).

Au cours des 25 dernières années du XXe siècle, mon patelin a connu de l’expansion, avec les nombreuses rues et les développements domiciliaires qui ont amené un rajeunissement de la population. Et voilà que cet an 2000 qu’on avait peine à imaginer dans « mon jeune temps », s’en va allègrement vers ses 20 ans.

Je souhaite à chacun et chacune de vous qui me lisez, une très bonne année; que la santé soit au rendez-vous. Donnez du temps à vos parents et à vos vrais amis, si vous avez la chance d’en avoir. Je crois que c’est ce qui compte le plus dans la vie.

© Madeleine Genest Bouillé, 3 janvier 2017

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Trois quarts de siècle à Deschambault

Le Deschambault que j’ai connu, étant jeune, a bien changé; en 75 ans, c’est normal! Le village, avec ses maisons qui datent du XIXe siècle ou du début du XXe, a gardé son cachet ancien, même si on y a ouvert de nouvelles rues. Des maisons de différents styles ont été construites; des terres jadis cultivées ont été converties en développements domiciliaires. Plusieurs jeunes familles ont choisi de s’établir chez nous. Et c’est bien ainsi, ça veut dire que notre patelin est toujours vivant.

Je suis née le 28 novembre 1941, neuf jours avant l’attaque de Pearl Harbor, événement qui a fait beaucoup plus de bruit que ma naissance. Les dix enfants de la famille sont nés à la maison comme presque tous les enfants de ma génération. D’après ce que j’en sais, les quatre aînés seraient nés dans le logement à l’étage du 108 de la rue St-Joseph, qu’on appelait alors « la petite route ». Dans les dernières années de sa vie, Maman me parlait de cet appartement, le premier qu’elle et Papa ont habité; elle se rappelait comme c’était bien éclairé et quelle belle vue ils avaient sur le fleuve! De plus cet appartement avait l’avantage d’être situé près de la maison de ses parents. Elle ajoutait toutefois que le vent de nordet s’en donnait quand même à cœur joie en toutes saisons!

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(Coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Je n’ai jamais su la date exacte où l’on a déménagé dans la grande maison située au 249, sur le Chemin du Roy. À l’époque, cette demeure, qui était la propriété d’un M. Marcotte, était une maison moins spacieuse que maintenant, mais quand même d’une bonne grandeur, avec une belle lucarne double à l’étage. S’il y eut quatre naissances dans la maison de « la petite route », forcément, il y en eut six dans la maison en face de l’école. La partie arrière, carrée, à deux étages, logeait un couple âgé, sans enfant. Après quelques années, la dame est décédée après un assez long séjour à l’hôpital. Le monsieur vivait toujours dans son logement; c’était un personnage taciturne qui tolérait très mal les enfants, il ne se gênait pas non plus pour manifester son intolérance! Pas chanceux… chez nous, il y avait toujours au moins un petit au berceau. Comme chacun sait, des bébés ça pleure, et Maman était toujours inquiète dès qu’elle entendait vociférer le voisin.

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Mes parents, Julien et Jeanne, en 1942 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Cette contrainte mise à part, nous étions bien logés dans la maison au cœur du village. Nous avions une grande cour et un potager sur le côté ouest de la maison. En avant, deux érables apportaient leur ombre sur le petit parterre, où l’on jouait parfois sous le regard des adultes qui se berçaient sur la grande galerie. Les élargissements successifs du chemin du Roy ont fait disparaître beaucoup de ces parterres en façade qui ornaient les belles demeures du village. Quand nous habitions cette maison, les rues de la Salle, Gauthier et Notre-Dame n’existaient pas encore. Le terrain à l’arrière de la maison de M. J.B.H. Gauthier – aujourd’hui le restaurant Chez-Moi – ainsi que toute cette partie du Cap Lauzon appartenaient à M, Gauthier, lequel a été maire de 1947 à 1956. Ce terrain s’étendait jusque derrière le garage des Autobus Gauthier – aujourd’hui la caserne des pompiers. Donc, derrière chez nous, il y avait un champ où paissaient quelques vaches. Ce champ se terminait par un boisé jusqu’au bout du cap. Durant la belle saison, on allait y cueillir des framboises et des mûres. Le développement domiciliaire de Monsieur Gauthier – qu’on a surnommé « la Butte aux moineaux » – n’a été érigé qu’au début des années 50. Aujourd’hui, cet endroit habité par plusieurs jeunes familles devrait plutôt s’appeler « la Butte Joyeuse »!

Le milieu du village était très animé. La Banque Canadienne Nationale logeait dans la maison du notaire au coin de la rue de l’Église, tandis que la Caisse Populaire, fondée en 1944, occupait un espace chez le barbier, M. Marcel Rhéaume (aujourd’hui le funérarium). Auparavant, cette maison appartenait à M. Oscar Bouillé, qui y tenait le Bureau de Poste. Plus tard, le bureau de Poste a été transféré chez M. Léopold Dussault, à côté de l’école. L’épouse de M. Dussault, Joséphine Petit, une cousine de ma mère, occupait la fonction de maîtresse de Poste. M. Dussault était électricien de son métier, il possédait au rez-de-chaussée de sa vaste demeure, un magasin où sa sœur, Mademoiselle Angela tenait une petite boutique de cadeaux. Nous demeurions donc en face de l’école et près des magasins, de l’église et du couvent, ainsi que de la « petite route » où demeuraient nos grands-parents.

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(Source: Centre d’archives régional de Portneuf).

Comme bien des résidents de la campagne, nous n’avions pas d’auto. Du temps où mon père travaillait à la Ferme du Gouvernement provincial, en été il prenait son vélo et l’hiver, je suppose qu’il voyageait avec l’un ou l’autre compagnon de travail. J’ignore en quelle année il est parti chercher du travail à l’extérieur. Dans l’album de famille, une petite photo représente mon père en vêtements de travail; on m’a dit qu’il était alors à l’Île Bizard. Dans les années 40, il a commencé à travailler dans une usine à Montréal; au début on y fabriquait du matériel de guerre et plus tard, des pièces de locomotives. Il « chambrait » selon l’expression en usage à l’époque, à Montréal, pas loin de son travail. Il était devenu un père absent. Il écrivait régulièrement à notre mère et ne manquait jamais de nous envoyer une belle lettre pour notre anniversaire ainsi que pour tous les événements importants auxquels il ne pouvait pas assister : Première communion, Confirmation, etc. Quand nous vivions au village, nous n’avions pas le téléphone, donc la poste était le principal moyen de communication.  Pour mes parents, il était normal de se parler par lettres… tous les deux avaient la « plume facile », ils se comprenaient bien ainsi. C’est difficile à croire aujourd’hui mais pour eux, à cette époque, c’était acceptable.

Je vous reviens pour la suite de ces 75 ans…

© Madeleine Genest Bouillé, 30 décembre 2016

Bonjour Noël!

Une autre chanson de Noël qui me rappelle des souvenirs de mes jeunes années: Bonjour Noël, une chanson joyeuse, qui était chantée au couvent lors du récital de Noël par les élèves de la classe des petits.

« Bonjour Noël! Voici que dans les rues
La neige est revenue
Comme un tapis tout blanc… »

Enfin! Cette année, tout annonce un Noël blanc! Mais il ne faut pas crier « victoire! » trop vite. Si vous avez lu Les caprices de l’hiver, vous savez que Dame Nature peut parfois nous réserver des surprises. Mais quand même, espérons que la neige demeure en place au moins jusqu’après le Jour de l’An, les décorations des Fêtes sont tellement plus belles dans ce décor blanc.

« Bonjour Noël! Bonjour belles vitrines
Qui le soir s’illuminent
Pour la joie des passants… »

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Source photo: Tourisme Portneuf

Ah! les vitrines! Après les catalogues des magasins Eaton et Simpson’s, les vitrines concrétisaient nos espérances de cadeaux. Quand j’étais enfant, il était très rare qu’on nous emmène magasiner à Québec. Ça prenait une excellente raison, soit par exemple, la nécessité d’acheter des chaussures, qu’il fallait essayer. Alors les seules vitrines qu’on connaissait, c’était celles des magasins de Deschambault. La grande fenêtre au deuxième étage du Magasin Paré était toujours joliment décorée pour Noël! J’aimais beaucoup aller au « deuxième » chez Paré, surtout à ce temps de l’année. En bas, on trouvait les choses utiles : la « grocerie », les « cannages », les outils, la peinture; la seule denrée intéressante pour les enfants, c’était les bonbons. En décembre, il y en avait pour tous les goûts! Des « tuques » en chocolat, des bonbons français, des bonbons durs de toutes les couleurs, sans oublier les petits poissons rouges et blancs, à la cannelle ou au clou de girofle. Au « deuxième », il y avait toutes sortes de belles choses : de la vaisselle et des bibelots, des coutelleries, de la lingerie fine, et puis, évidemment, des jouets! Je me souviens de l’épouse de Monsieur Narcisse Paré – c’était du temps où les femmes portaient le nom de leur époux – elle régnait sur son étage, comme une actrice sur une scène. Plus tard est arrivée Madame Jeannette, l’épouse de Monsieur Raymond, moins gênante et toujours si gentille et souriante. Elle était secondée par Mademoiselle Bibiane, une personne un peu effacée, qui ne parlait pas fort, mais qui cadrait bien elle aussi dans ce décor victorien. Vraiment, le deuxième étage de notre magasin général, c’était un étage « pour Dames »!

« Les petits nez s’écrasent
Pour mieux les admirer.
Et les yeux pleins d’extase
Sont tout émerveillés. »

Juste en face de la rue de l’Église, était situé le magasin de Mademoiselle Corinne Paris, celui que mes enfants appelaient « le petit magasin vert ». Au temps des Fêtes, la vitrine était illuminée et Mademoiselle Corinne y exposait diverses choses à offrir en cadeaux. Sur l’annonce publicitaire, on lisait « marchandises sèches et cadeaux ». L’expression « marchandises sèches » désignait une foule de choses, dont les seules qui étaient comestibles étaient les bonbons, chocolats et pastilles pour la toux! Elle avait du choix, Mademoiselle Corinne! Elle tenait des livres, format « poche »… plus tard, je suis devenue une fidèle cliente des « Marabout Mademoiselle ».  On y trouvait aussi du papier à lettre, des cartes de souhaits, des bibelots, des jouets – je me souviens qu’elle vendait de beaux cahiers à découper. Elle avait aussi de la lingerie … qu’elle tenait rangée dans les tiroirs derrière le comptoir.  Elle sortait ses trésors de nylon ou de coton sur demande, et seulement s’il n’y avait pas d’enfant dans le magasin, ou pire encore, un homme!

« Bonjour Noël!  Chacun fait sa demande
Toutes les mains se tendent
Vers les jouets rêvés… »

sears1955À l’époque, on ne faisait pas de liste de cadeaux. On se contentait de mettre des « X » sur les choses qu’on préférait dans le catalogue de Noël… et on espérait! Parfois, quand nous étions allés faire des commissions à l’un ou l’autre magasin, en revenant, on parlait des jouets qu’on avait vus. Mine de rien, on disait: « Mamzelle Corinne, elle a un petit  téléphone, presque pareil que celui dans le catalogue…» ou encore : « En haut, chez Paré, il y a un beau jeu de Serpent-Échelles, je pense qu’il coûte pas trop cher. » On savait déjà qu’il ne fallait pas choisir des objets trop chers! Jusqu’à la veille de Noël, on rêvait en feuilletant le catalogue… Les pages de jouets étaient racornies et marquées de « X » un peu partout, sans compter les barbouillages laissés par les plus jeunes qui ne savaient pas encore faire de beaux « X » ! Heureuse enfance, dont les rêves, étant accessibles, deviennent presque toujours réalité…. Et sinon, c’est que la réalité est encore plus belle que le rêve!

 « Bonjour Noël!  Sonnez, sonnez clochettes!
C’est aujourd’hui la fête de la terre et du ciel.
Bonjour Noël!

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 © Madeleine Genest Bouillé, 19 décembre 2016

Les personnages de la crèche

creche-1978Connaissez-vous l’histoire de notre crèche paroissiale? Peut-être pas… La voici donc, telle que ma mère me l’a racontée. Avant 1920, à l’église, il n’y avait qu’un petit Jésus, dans une vitrine, le tout entouré de lampions. Tout près, on plaçait un tronc pour « Le denier de l’Enfant-Jésus ». Vous pouvez voir ce tronc, ou si vous aimez mieux, cette « tirelire », sur ma photo la plus ancienne de la crèche en 1978. Le denier de l’Enfant-Jésus était le pendant de la quête du même nom qui se faisait selon les endroits, juste avant Noël, ou entre Noël et le Jour de l’An. On incitait ainsi les gens à donner pour les pauvres, soit des victuailles ou des vêtements et les enfants, pour leur part, étaient invités à donner quelques sous pour la même cause.

Mais je reviens à ma crèche… Avec le temps, le petit Jésus commençait à avoir quelques problèmes : il lui manquait des orteils, des doigts, etc. Or en 1920, à la suite d’une promesse, Madame Barthélémy Arcand (la grand-tante de Denys, Suzanne et Gabriel), entreprit une quête dans la paroisse afin d’acheter des statues pour la crèche paroissiale. Elle commença sa quête au mois d’août; cela lui a bien pris quelques mois. Ayant ramassé la fabuleuse somme d’une trentaine de dollars, on put alors acquérir les statues que nous pouvons admirer chaque année dans le temps des Fêtes.

Crèche de 2000.

Crèche de 2000.

En 1991, les statues de la crèche qui avaient atteint l’âge vénérable de 70 ans nécessitaient diverses chirurgies: orteils, doigts, nez… Elles devaient de plus faire rafraîchir leurs vêtements. Des membres du conseil de pastorale décidèrent alors de trouver des fonds et de restaurer ces personnages qui font partie intégrante de notre patrimoine religieux et de nos liturgies des Fêtes. On organisa donc un récital où des « artistes locaux » de tous âges, et un ténor connu, Léonard Bilodeau, mirent leurs talents en commun bénévolement pour faire une levée de fonds. L’auditoire n’avait qu’un coût minime d’entrée à défrayer; on avait aussi quêté diverses entreprises et commerces. Le résultat fut très encourageant. À Noël 1991, tout le monde put admirer le travail accompli bénévolement… comme tout ce qui se fait de beau à Deschambault!

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Crèche de 1987 et toile de Thérèse Bouillé-Naud.

Parlant de bénévolat, je ne saurais nommer toutes les personnes qui ont monté la crèche depuis 1920. Autrefois, c’était peut-être le sacristain ou la sacristine. Je sais que mes tantes Gisèle et Rollande ont aidé à l’édification de la crèche durant plusieurs années. Thérèse Bouillé-Naud, l’auteur de la toile de fond que nous pouvons encore admirer en fond de scène, a fait partie de l’équipe de la crèche. Plus tard, le comité de liturgie a repris le flambeau. La photo de 1987 montre une crèche au décor plutôt moderne, avec sa surcharge de guirlandes. C’était l’œuvre des futurs confirmés de l’année! Les sapins naturels étant interdits dans les édifices publics, on utilisait quelques bouleaux et on avait fait l’acquisition de 2 arbres artificiels… pas les plus beaux! Le curé de l’époque, qui encourageait les jeunes à participer à ce genre de travail, leur laissait pas mal le champ libre. Je me souviens que ces jeunes de 12-13 ans, étaient très fiers de leur crèche!

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Crèche de 2005.

En 1991,  les personnages  étant restaurés de fraîche date, on ne laissait plus  n’importe qui les manipuler. Pendant plusieurs années, différents comités se sont chargés de la construction de  la crèche paroissiale. En 2005, il faillit ne pas y avoir de crèche. On était en plein dans les travaux d’installation des gicleurs pour la protection contre les incendies… ça prenait une certaine bravoure et beaucoup d’imagination pour faire ce travail. Les matériaux relégués au grenier de la sacristie étaient pour la plupart inaccessibles, mais on a quand même fait une crèche! C’était une crèche bricolée avec les moyens du bord. Depuis ce temps, les marguilliers avec l’aide d’autres bénévoles au besoin, se chargent de l’édification de notre crèche. Je vous invite à venir la voir, elle sera prête pour Noël!

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Crèche de 2015.

© Madeleine Genest Bouillé, 9 décembre 2016

Les quêteux

 De temps à autre, je regarde les reprises des Belles histoires des Pays d’en haut, à 15h, du lundi au vendredi. Je commence à connaître tous les épisodes par cœur… mais qu’importe, je ne m’en lasse pas! Souvent au cours de ces émissions, on rencontre le quêteux « Jambe-de-bois », un homme qui semble avoir beaucoup bourlingué et qui, surtout, est fier de son titre de « quêteux », un titre honorable dit-il ! Quelquefois, on rencontre un autre de ces personnages légendaires, celui-là s’appelle « Grand-Capot ».

les-queteuxJe vous ai déjà dit que, dans ma tête il y a des chansons pour tout. Voilà donc qu’il me vient à l’oreille une chanson qui parle justement des quêteux. C’est une des nombreuses compositions d’Albert Larrieu, un Breton. Lors de la guerre de 1914-18, il s’est enrôlé, mais des problèmes de santé l’ont obligé à revenir à la vie civile en 1916. En 1917, il arrive au Canada où il se fait connaître grâce à ses chansons, une bonne centaine, dont plusieurs font partie du répertoire de La Bonne Chanson. Entre autres titres, on retrouve La bénédiction paternelle, Les crêpes, L’épluchette, La feuille d’érable et celle qui m’a inspiré le grain de sel que je vous offre aujourd’hui : Les quêteux.  Albert Larrieu n’aura pas une longue carrière, puisqu’il s’éteint dans l’oubli et l’anonymat en 1925, à 53 ans.  Les chansons de Larrieu sont simples, faciles à retenir et de plus, elles nous parlent des coutumes et des gens d’autrefois. Le refrain de la chanson Les quêteux est très entraînant: « C’est nous qui sommes les quêteux, de braves gens, d’honnêtes gueux. Nous vivons sans rien faire, comme des millionnaires. Toujours contents, toujours heureux, roule ta bille, va, mon vieux! Voilà! les honnêtes quêteux! »

Le quêteux Ti-Jean Gagnon, image tirée du site Internet de la municipalité de Saint-Pacôme.

Le quêteux Ti-Jean Gagnon, image tirée du site Internet de la municipalité de Saint-Pacôme.

Au cours des années 60, d’après mes souvenirs, il y avait encore des mendiants qui passaient régulièrement une ou deux fois par année. Je dirais que jusqu’à ce que les gouvernements créent des allocations pour aider les personnes sans ressources, forcément, il y avait des quêteux. Durant le temps « de la crise », avant la guerre de 1939-45, dans les villes, il existait déjà des refuges pour les itinérants, mais tout comme maintenant, ils n’étaient jamais assez nombreux, surtout en hiver. En campagne, certaines familles démunies vivaient à l’écart des villages, dans des cabanes insalubres au sol en terre battue. De temps à autre, ces gens allaient de maison en maison, quémandant  nourriture et vêtements. Il arrivait que certains offrent leurs services pour maints petits travaux. En plus du curé et des Sœurs du couvent, il se trouvait heureusement des âmes charitables qui aidaient les pauvres, surtout en hiver. Ceux qu’on appelait « quêteux »,  étaient plutôt des itinérants venus on ne sait d’où, qui n’avaient qu’un prénom et parfois aucune appellation. On leur donnait des surnoms, ainsi « le quêteux à poche noire » avait toujours un grand sac noir sur le dos, tandis que « le quêteux au capot brun » portait inévitablement, été comme hiver, un paletot brun, qui avait de toute évidence connu des jours meilleurs. Habituellement, le mendiant s’arrêtait toujours aux mêmes maisons;  ceux dont je me souviens étaient très polis, ils nous abordaient en disant : « La charité pour l’amour du bon Dieu ». En général on leur donnait quelques « cennes noires »… mais à certains endroits, ils devaient se contenter d’une seule petite pièce d’un sou!  Parfois, ils demandaient quelque chose à manger, ils remerciaient et repartaient.

La maison de mes parents vers 1955.

La maison de mes parents vers 1955.

Un été, à la fin des années 50,  j’étais à la maison avec ma mère et mes plus jeunes frères, lesquels étaient déjà au lit. Il devait être assez tard, lorsqu’on frappa à la porte. C’était un mendiant qu’on n’avait jamais vu; il entra et contrairement aux autres quêteux, il demanda à coucher; il n’était visiblement pas à jeun. Ma mère n’était pas rassurée; je me souviens qu’elle était assise à sa machine à coudre, elle répondit donc qu’il n’y avait pas de place.  L’homme, pas le moins du monde rebuté par la froideur de l’accueil, rétorqua qu’il coucherait par terre à côté du poêle. Maman était mal à l’aise; j’étais assise près de la table et nous ne parlions presque pas.  On surveillait l’intrus qui s’était effectivement étendu par terre et qui ronflait déjà. Mon grand frère Claude était « veilleux », mais ce soir-là, sans doute alerté par un sixième sens, il revint plus tôt de sa soirée chez mes tantes. Aussitôt entré, il aperçut le bonhomme couché à  côté du poêle… ce fut très bref; il empoigna l’homme par le col de son veston et le mit debout en lui disant : « Dehors, on garde personne à coucher ». Le malheureux quêteux n’a même pas eu le temps de dire quoi que ce soit… il s’est retrouvé très vite au bas de l’escalier. Mon grand frère, en se lavant soigneusement les mains, dit : « En plus, il puait!»

La chanson d’Albert Larrieu se termine ainsi : « Dans le bon foin de la grange, nous trouvons un lit très doux… Jamais on ne nous dérange, partout nous sommes chez nous!  Quoiqu’on chante et qu’on dise, quêteux ! c’est un très bon métier. »  Mais ça, c’était à une autre époque!

© Madeleine Genest Bouillé, 15 novembre 2016

Vénérable… et indispensable

facadeLe 10 septembre prochain, le Couvent de Deschambault fêtera ses 155 ans, je crois donc pertinent de lui décerner le qualificatif de « vénérable »! L’Histoire nous raconte que « l’abbé Narcisse Bellenger, nommé curé dans notre paroisse en 1857, ne concevait pas sa nouvelle paroisse sans couvent. » Dans le temps, quand on voulait une église, un couvent ou un presbytère, tout le monde mettait l’épaule à la roue, la main à la pâte, et on  bâtissait l’édifice dont on avait besoin. Pas plus qu’aujourd’hui, l’argent ne poussait dans les arbres. Aussi on fit des souscriptions, des quêtes et, ce qui était chose courante, il y eut des corvées pour la coupe, le charroyage du bois de charpente et tous les autres travaux. Dans l’Histoire, on lit que « …finalement, en septembre 1861, les paroissiens de Deschambault contemplaient l’œuvre qu’ils avaient édifiée de leurs mains et de leurs biens. »  Il s’agissait alors d’une maison de pierre de cinquante pieds par trente-trois. Le toit en croupe était recouvert de bardeaux, la façade étant de pierre taillée. Dans l’album-souvenir du Centenaire, il est écrit ceci : « Le 10 septembre 1861, accompagnée de leur Mère Marcelle Mallet, les trois premières religieuses de la congrégation des Sœurs de la Charité de Québec arrivent à Deschambault. Qui sont-elles? Sœur Sainte-Thérèse, supérieure, (Célina Gingras), Sœur Saint-Louis-de-Gonzague (Philomène Boissonnault) et Sœur Marie-de-la-Visitation (Mathilde Aubut). Les religieuses habiteront le Vieux Presbytère jusqu’au 23 septembre, date où elles reçoivent leurs premières élèves, qui étaient au nombre de 50 et formaient deux classes. Huit mois plus tard, elles seront 104, dont 26 pensionnaires. Une quatrième religieuse viendra prêter main-forte, il s’agit de Sœur Marie de l’Annonciation (Célina Baillargeon), qui sera enseignante pour une troisième classe. »

Couvent de Deschambault, autour de 1950

Couvent de Deschambault, autour de 1950

En 1872, on fait une première rallonge qui n’est pas en pierre, mais en bois. En 1884, une deuxième rallonge dans le même style donne au couvent son aspect actuel. Toit mansardé, sur trois versants, vingt-quatre lucarnes, trois cheminées, un clocher. La galerie  est  entourée d’une balustrade  faite d’un treillis de bois à motifs géométriques, de style Regency. Au début, le couvent est une maison d’enseignement destinée  uniquement aux filles. Étant en milieu rural, on exclut des cours les « arts d’agrément »  pour faire place au jardinage et à l’horticulture… plus utile croit-on pour de futures femmes d’agriculteurs! Dans cette veine, en 1864, on plante  plus de 400 arbres fruitiers et on crée un immense jardin. On pratique aussi l’art culinaire. Et graduellement, la musique, le dessin, le théâtre viendront s’ajouter aux matières scolaires de base.

Extrait classe centenaire du couvent Deschambault 1961Le pensionnat recevait des élèves, non seulement de la région immédiate de Portneuf, mais d’aussi loin que l’Abitibi et de toutes les régions du Québec. On y comptait majoritairement des filles, de la 1ère à la 12e année, et aussi, à partir des années 40, des garçons, de la 1ère à la 6e année.  À l’époque où j’ai été étudiante, au troisième étage,  à part les dortoirs, il y avait trois classes, celle des 1ère, 2e et 3e années, celle des 4e et 5e années et enfin, la classe des 6e et 7e années, la 7e étant l’année du premier certificat d’études. Au 2e étage, la classe des grandes, appelée « L’Académie », regroupait les filles de la 8e à la 12e année jusque vers la fin des années 50, où on enleva la 12e année. La salle de musique est toujours au même endroit; la grande salle était la salle de récréation des filles pensionnaires et servait aussi pour les festivités. Les garçons pensionnaires utilisaient la pièce qui est à l’avant de la bibliothèque comme salle de récréation.

Jadis, les salles à manger s’appelaient des « réfectoires ». Ces pièces se trouvaient au rez-de-chaussée, celui des filles étant dans la salle dite « de pastorale », celui des garçons,  dans la salle à l’arrière du vestiaire (à côté du lavoir). Les religieuses prenaient leurs repas dans la salle au fond de la bibliothèque, la cuisine étant dans le local du Centre Internet (occupé par la CJS au cours de l’été 2016).

Page couverture de l'album souvenir du centenaire , 1961.Le Couvent a célébré son centenaire  en juillet 1961. Les dames du Conseil de l’Amicale, avec la participation des religieuses du Couvent, avaient organisé des festivités comme il était alors de mise pour une fête de cette envergure : messe solennelle, jeu scénique avec récital de la chorale des élèves anciennes et actuelles. Le jeu scénique présenté à l’extérieur avait pour titre : Phare sur la côte. C’était grandiose!

Le Couvent a été une maison d’enseignement jusque vers la fin des années 60, après la centralisation des écoles, la création des polyvalentes et des cégeps. Même après, la grande maison n’était cependant pas déserte puisque plusieurs religieuses y demeuraient encore. Quelques-unes ont œuvré dans les écoles primaires de Deschambault et de St-Marc-des-Carrières, comme enseignante, directrice et secrétaire. D’autres visitaient les malades, on se souviendra de Sœur Lucienne Bertrand qui a ouvert un premier vestiaire pour les familles moins favorisées. Et, il est important de le mentionner, l’école de musique a continué de favoriser l’éclosion des talents chez les jeunes et les moins jeunes, puisqu’on y accueillait des élèves de tout âge… tout comme aujourd’hui!

Extrait chapelle Centenaire du couvent Deschambault 1961

En 1986, pour le 125e anniversaire, une journée de festivités organisée par le Conseil de l’Amicale avait rassemblé quelques centaines d’anciens élèves. La fête avait débuté comme il se doit par une messe suivie d’un repas pour lequel on dut réquisitionner  quelques locaux en plus de la grande salle… la participation des anciens élèves avaient dépassé nos  prévisions! Une dernière rencontre a eu lieu à la fin de juin 1994, alors qu’on saluait les dernières religieuses qui retournaient à Québec. Après une messe  où  les cantiques d’autrefois alternaient avec la liturgie moderne, un hommage a été rendu à toutes ces femmes  qui, depuis 1861, ont consacré leur vie et leurs talents à l’éducation des jeunes filles et garçons. Une belle rencontre, quoiqu’inévitablement nostalgique!

En 1994, la Municipalité achetait le Couvent. On y a installé le bureau de la Fabrique Saint-Joseph-de-Deschambault, un Vestiaire qui continue l’œuvre de Sœur Lucienne Bertrand, et l’École de musique, qui porte maintenant le nom de Denys Arcand. Depuis 1995, la Biblio du Bord de l’eau occupe deux des locaux du rez-de-chaussée. Le Couvent est toujours bien vivant… et comme on peut le constater, il est indispensable à la vie communautaire du milieu.

© Madeleine Genest Bouillé, 2 septembre 2016

Le cap Lauzon : ses richesses, ses couleurs

L’Histoire nous apprend que « le cap Lauzon fut ainsi appelé par Champlain, en 1627, en l’honneur de son compagnon Jean de Lauzon. Le cap s’étend sur une longueur d’environ  deux milles et quart et couvre en sa plus grande largeur l’espace d’environ un demi-mille. Il a entre 75 et 100 pieds de hauteur. Ce qu’il est convenu d’appeler le village de Deschambault s’élève sur la partie est et la partie sud du cap et occupe à peu près toute l’étendue de celui-ci ». (La Petite Histoire de Deschambault, Luc Delisle, 1963).

Le Cap Lauzon est un joyau qu’on ne se lasse pas d’admirer. C’est vraiment le cœur de Deschambault. Ce site privilégié offre aux visiteurs une vue imprenable sur le fleuve qui, depuis toujours, est étroitement lié à la vie des gens de Deschambault. Quel que soit le point de vue qu’il nous est donné de contempler, de l’est ou de l’ouest, du quai ou du fleuve, en toutes saisons, il nous offre un panorama unique!

Qu’on l’aborde, en chaloupe, par le côté ouest (photo de Jacques Bouillé, 1987).

Qu’on l’aborde, en chaloupe, par le côté ouest (photo de Jacques Bouillé, 1987).

…ou par le côté est comme nous le fait voir cette photo qui date de 1969, c’est toujours tellement beau! (Photo de Fernand Genest, 1969) .

…ou par le côté est comme nous le fait voir cette photo qui date de 1969, c’est toujours tellement beau! (Photo de Fernand Genest) .

Quand on l’aperçoit, tout emmitouflé dans son manteau d’hiver, il est impressionnant! (Photo de Jacques Bouillé, 1997).

Quand on l’aperçoit, tout emmitouflé dans son manteau d’hiver, il est impressionnant! (Photo de Jacques Bouillé, 1997).

L’endroit d’où le cap est le plus photographié, c’est évidemment du quai. J’ai plusieurs photos prises de cet endroit, à différentes époques, telle cette photo en noir et blanc, prise avec mon petit « kodak » en 1956…

L’endroit d’où le cap est le plus photographié, c’est évidemment du quai. J’ai plusieurs photos prises de cet endroit, à différentes époques, telle cette photo en noir et blanc, prise avec mon petit « kodak » en 1956…

Et celle-ci, avec un magnifique coucher de soleil, prise à l’hiver 1969 (photo de Fernand Genest, 1969).

Et celle-ci, avec un magnifique coucher de soleil, prise à l’hiver 1969 (photo de Fernand Genest, 1969).

Peut-être préférez-vous une photo du haut des airs… N’est-ce pas qu’il est majestueux?

Peut-être préférez-vous une photo du haut des airs… N’est-ce pas qu’il est majestueux?

« Ramons, ramons, bien vite, je l’aperçois… droit devant! » (Photo de 1986).

« Ramons, ramons, bien vite, je l’aperçois… droit devant! » (Photo de 1986).

De tout temps, pour les gens de Deschambault, comme pour les touristes le cap Lauzon a été lieu de détente, de loisirs… Au début du siècle, le curé Rousseau y fit construire un kiosque dans lequel les prêtres allaient se reposer. En 1945, le petit édicule était abandonné depuis déjà plusieurs années; un jour de grand vent, il tomba en bas de la falaise. Il était irrécupérable. (Photo provenant du CARP, vers 1918).

De tout temps, pour les gens de Deschambault, comme pour les touristes le cap Lauzon a été lieu de détente, de loisirs… Au début du siècle, le curé Rousseau y fit construire un kiosque dans lequel les prêtres allaient se reposer. En 1945, le petit édicule était abandonné depuis déjà plusieurs années; un jour de grand vent, il tomba en bas de la falaise. Il était irrécupérable. (Photo provenant du CARP, vers 1918).

En 1995, un nouveau kiosque est construit… inutile de préciser qu’il est très fréquenté (photo datant de 2012).

En 1995, un nouveau kiosque est construit… inutile de préciser qu’il est très fréquenté (photo datant de 2012).

Le cap, c’est aussi le lieu où l’on retrouve nos bâtisses patrimoniales qu’on voit ici du haut du clocher (photo de Jacques Bouillé).

Le cap, c’est aussi le lieu où l’on retrouve nos bâtisses patrimoniales qu’on voit ici du haut du clocher (photo de Jacques Bouillé).

Plusieurs pages d’histoire ont été tournées depuis que Champlain a nommé notre cap « Lauzon » : la colonisation, la guerre, la construction de deux églises, trois presbytères, le couvent, la salle des Habitants, etc… Depuis toujours les gens d’ici l’ont fréquenté; chaque année, quand il fait beau, à la Saint-Jean, des centaines de personnes s’y rassemblent pour fêter. Chaque été, il accueille des centaines de visiteurs d’un peu partout au pays ou de l’étranger. Et pourquoi s’y arrête-t-on, croyez-vous? Tout simplement parce que c’est beau!

© Madeleine Genest Bouillé, 1er août 2016

Deschambault en fête, 2e partie

Le 275e anniversaire… une célébration qui a été longuement mijotée. Un comité provisoire avait d’abord été créé au cours de l’hiver 1987 et il était déjà décidé que les festivités auraient lieu en août 1988; on prévoyait aussi des activités étalées sur une fin de semaine, du vendredi soir au dimanche soir.

Le Comité du 275e formé en juillet 1987 avait tout d’abord rencontré en septembre les deux conseils municipaux de la Paroisse et du Village, afin de s’assurer de leur participation financière et autre.  Dans le même temps, une demande avait été faite auprès du Ministère de la Culture du Québec. Le comité, ne voulant pas être en reste, amorçait alors une campagne de financement pour laquelle plusieurs activités étaient prévues au cours de l’automne. Mentionnons le rallye-automobile avec souper-spaghetti, le souper aux huitres et la soirée casino, le tout jumelé avec la vente de l’épinglette du 275e anniversaire, à l’effigie des armoiries de Deschambault.

À droite sur la photo: le député provincial Michel Pagé.

Buffet du dimanche 21 août 1988. À droite sur la photo: le député provincial Michel Pagé.

Les premières réunions préparatoires aux Fêtes eurent lieu au cours de l’hiver 1988, onze personnes faisaient partie du comité dont le président était Alain Brisson. Dans le procès-verbal de la réunion du 10 mars, on apprend que les activités de financement qui ont eu lieu à l’automne ont rapporté 1,935.79$.  Nous en étions très fiers! Ce même rapport fait état que des membres du comité devront rencontrer les gens d’affaires de la région ainsi que les députés fédéral et provincial, pour tenter d’obtenir de l’aide financière. C’était normal et il n’y avait pas de fête possible sans cela! C’était avant la Commission Charbonneau…

Également au cours de l’hiver 1988, on met sur pied une chorale qui sera dirigée par Gaston Bilodeau (qui fut l’un des principaux artisans du 250e anniversaire). L’accompagnatrice du Chœur des Retrouvailles était Jacinthe Montambault. Plusieurs membres du Chœur du 250e sont de retour, vingt-cinq ans plus tard!

Messe du 275e.

Messe solennelle du 275e.

En mars, les dates sont arrêtées : Deschambault fêtera son 275e anniversaire du vendredi 19 au dimanche soir 21 août. À la lecture des rapports de réunions, je vois que d’autres personnes se sont ajoutées au comité, pour diverses raisons, dont l’ajout d’activités (entre autres, la parade de mini-chars qui était sous la responsabilité de la Garderie « Les Bouts d’Choux »). À partir de juillet 1988, les rencontres ont lieu à tous les mardis et un comité est mis sur pied pour la Journée des Retrouvailles, qui aura lieu le dimanche. Il y avait beaucoup de pain sur la planche et il était parfois difficile « d’accorder tous les violons »! Heureusement, on en venait toujours au consensus!

Au cours de l’été, le comité des Retrouvailles  qui se faisait fort de rejoindre le plus grand nombre possible d’anciens résidents et de membres des familles demeurant à l’extérieur, recevait des réservations pour la fête des Retrouvailles presque tous les jours, et ce, jusqu’à la veille de la fête. Effectivement, il y avait plus de 300 personnes sous la tente lors de la journée du 21 août. Heureusement, nous avions loué un grand chapiteau. Mais regardons plutôt le programme des festivités :

Vendredi 19 août :
20h30 : Soirée d’ouverture, danse avec l’Orchestre Sioui

Samedi 20 août :
Journée champêtre à la paroisse de Deschambault
12h00 : Dîner « pique-nique » avec musiciens, course de tacots, tournoi de fer.
De 10h30 à 16h00 : Visites de la station de recherche agricole (qui célébrait son 70e anniversaire)
18h30 : La Grande Tablée.
21h00 : Spectacle de Sylvie Tremblay «  Parfum d’orage »

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La course de tacots dans la route Proulx.

Dimanche 21 août :
Journée des Retrouvailles
10h30 : Messe solennelle à l’église
11h30 : Accueil
12h00 : Buffet
14h00 : Visites guidées.  Parade de mini-chars. Pause musicale à l’extérieur du Vieux Presbytère
18h30 : Souper québécois
20h00 : Concert par le Chœur des Retrouvailles
22h00 : Feu de Joie et feu d’artifice sur le Cap Lauzon.

Au cours de l’été, plusieurs expositions avaient lieu au Vieux Presbytère, au Moulin de La Chevrotière et à la salle Paul-Benoît : La vie des femmes à Deschambault, Photos comparées des sites de Deschambault, Exposition d’artistes locaux (dont les dessins de Claude Genest, qui seront exposés à la sacristie des Sœurs cet été, à partir du 14 août), Cartographie de Deschambault, Poterie (collections locales et régionales ),  Travaux des Fermières et  Dessins d’enfants.

Il n’y a pas de fête d’envergure sans une publication, album-souvenir ou un livre. Deschambault a donc innové avec un Journal-souvenir. Si la page couverture était pour le moins surprenante, il faut reconnaître que le contenu du journal  était  très intéressant.  En noir et blanc, le journal présentait des textes variés conçus par différents auteurs, en plus des messages des autorités. On y trouvait plusieurs photos et, idée géniale, les jeunes de l’école primaire avaient aussi leurs pages, dans lesquelles ils avaient exprimé leur vision de Deschambault dans le futur.

Je garderai toujours le souvenir du concert de la chorale, le dernier soir, dans l’église remplie « à craquer » et après, autour du feu de joie, les «  au revoir » qui terminaient fraternellement la fête… sans oublier, le feu d’artifice qui est toujours pour moi le vrai point final d’une célébration qu’on veut grandiose!

Spectacle bénéfice avec Marc Hervieux.

Spectacle bénéfice avec Marc Hervieux.

J’essaierai de ne pas m’attarder sur les Fêtes du 300e anniversaire qui eurent lieu en 2013.  Pour plusieurs, vous les avez vécues tout comme moi. Mais je me plais à rappeler les nombreuses activités. Il y eut de tout! Des tournois : hockey-bottine en février, balle donnée en mai, dek-hockey en juin. Tout le monde se rappellera du concert-bénéfice donné par Marc Hervieux le 1er juin. L’ouverture officielle des festivités avait lieu lors de la messe solennelle du 9 juin, avec deux lancements : celui du CD de Richard Paré à l’orgue de Deschambault et celui du livre sur l’histoire de Deschambault, de Yves Roby et Francine Roy. En plus du spectacle de Marc Hervieux, nous avions eu les spectacles du chansonnier Éric Masson le 21 juin, le groupe Maximum 80 le 28 juin, et Les Quêteux et Les Charbonniers de l’Enfer, le 29 juin.  Les jeunes n’étaient pas en reste dans la semaine du 21 au 30 juin, avec un concours d’art oratoire, une activité jeunesse offerte par la Biblio du Bord de l’eau, et les traditionnels jeux gonflables. Le point culminant des fêtes  fut sans contredit les activités des Retrouvailles, les 29 et 30 juin. Marché public « d’époque », exposition Des gens remarquables, tours de calèche, concours de « corde à linge », stands généalogiques, information et vente du livre Deschambault et des objets à l’effigie du 300e.

gateau lumiereÀ cela s’ajoutaient le souper communautaire avec le magnifique gâteau du 300e, confectionné par la chocolatière Julie Vachon,  ainsi que les nombreuses activités du dimanche 30 juin : fête des familles-souches, plantation symbolique d’un arbre, dévoilement de quatre plaques commémoratives dans le Jardin des Ancêtres, inauguration du Calvaire Naud rénové… et j’en oublie sans doute! La semaine de fête se terminait avec le concert du Chœur d’Eschambault et le plus magistral feu d’artifice  qu’il nous a été donné de voir à Deschambault.  Le croirez-vous?  Parmi les membres de la chorale, certains étaient présents aux concerts des 250e et 275e anniversaires.  Quand on aime chanter en chœur, c’est comme ça!

Avec la randonnée à vélo du 6 juillet, le rallye historique familial du 29 septembre, qui était suivi d’un souper-spaghetti, et la soirée « Swing la rotule » du 12 octobre, nous nous sommes rendus à la fin de cette année festive. Pour nous rappeler au quotidien ces fêtes auxquelles nous avons pris part en tout ou en partie, on  porte encore de temps à autre nos chandails bleus… chez vous tout comme chez nous, nous buvons notre café dans les tasses du 300e et nous avons encore quelques drapeaux à l’effigie de cette fête inoubliable!

015Comme le disait la chanson du 300e chantée par le Chœur D’Eschambault : « Les années t’ont embellie… tu es restée jeune de cœur… Grande Dame tricentenaire, Deschambault, de toi on est fiers! Belle d’autrefois, belle à jamais! » (Paroles et musique : Linda Martel, arrangement Jacinthe Montambault.) Pour visionner l’extrait vidéo de ce chant, cliquez ici.

© Madeleine Genest Bouillé, 27 juillet 2016

Pour voir plus d’images des festivités du 300e, on peut visionner un montage vidéo d’une vingtaine de minutes en cliquant ici.