Des paysages qui ont bien changé

La côte du quai, avant 1937.

La plupart de ceux qui qui voient cette photo ont de la difficulté à visualiser l’endroit d’où elle a été prise. Il faut donc commencer par expliquer que le tracé de la route 138 (autrefois, la 2) ne passait pas aussi près de la côte, étant donné que la route était l’actuelle rue Johnson. Il est donc permis de supposer que la personne qui a photographié la route du quai devait être placée à côté de la maison Vézina – qui appartenait alors à son constructeur, Alfred Petit. On constate qu’il y avait déjà quelques chalets. C’était du temps où par beau temps, le quai était un lieu de promenade très fréquenté! Et il y avait aussi le navire l’Étoile qui accostait régulièrement au quai, comme dans plusieurs autres villages du bord du fleuve.

La rue Johnson en 1958.

J’ai déjà parlé de notre vieille route qui était autrefois bordée de maison seulement du côté nord, sauf en haut de la côte, où la dernière maison construite par Alfred Petit semble prise dans un coin, entre deux routes; et en bas de la côte où l’on voit la maison de Ch.-Auguste Bouillé, aujourd’hui la maison J.Yves Vézina et sa voisine où résidaient les demoiselles Neilson. Cette maison avait été construite par un Proulx, qui je crois était apparenté aux Neilson. La côte appartenait aux enfants! L’hiver on glissait, sur tout ce qui nous tombait sous la main, traîne, traîne-fesse, ou si on manquait de traîneaux, de grands cartons faisaient aussi l’affaire. Je vous ai parlé aussi de nos jeux d’été dans la côte, surtout ce jeu très animé qu’on appelait « En bas de la ville ». Le seul arbre qui trônait sur le coin de la côte était ce magnifique orme, un géant qui devait être pour le moins centenaire. Sur la photo, notre chien Bruno a l’air perdu… c’est qu’il attendait le photographe, mon frère Fernand.

La Caisse Populaire en 1970.

Vous ne l’auriez sans doute pas reconnue! Elle venait d’être construite. Les plans, audacieux pour l’époque, avaient été acceptés par les administrateurs de la Caisse, qui n’étaient quand même pas des jeunots! Cet édifice a été remanié quelques fois avant qu’on lui donne son aspect actuel. Il faut se rappeler qu’à cette époque, on construisait très peu de maisons de style québécois traditionnel. On avait vécu longtemps dans nos vieilles demeures et on voulait du moderne! Les propriétaires de maisons anciennes changeaient leurs fenêtres à six carreaux… le bardeau de cèdre n’avait plus la cote. On voulait du neuf qui avait l’air nouveau. Et l’édifice de la Caisse Populaire en était le meilleur exemple!

Mes petits gars à la patinoire, en 1973!

C’était peut-être un samedi… et papa avait emmené ses deux aînés patiner alors que la glace était déserte. Jean-Marc avait pas loin de 8 ans et Patrick approchait de ses 6 ans. Le petit Éric n’avait que 3 ans ½, il était resté à la maison avec maman. Eh oui, on est sur la patinoire du village, derrière l’école! N’est-ce pas que le paysage a changé? On dit qu’une image vaut mille mots.  C’est le cas pour cette photo!

Cabanes à pêche au quai de Deschambault en 1977.

Certainement prise en janvier, cette image témoigne que par chez nous, la pêche aux petits poissons des chenaux n’avait pas encore perdu sa popularité. Une bonne dizaine de cabanes, ça fait pas mal de « monde à la messe », comme on dit! Je peux vous affirmer que ça mordait car j’y suis allée quelques fois. Je crois que la photo a été prise du côté est du quai… mais je peux me tromper et le photographe n’est plus en mesure de me renseigner.  Enfin, cette image prouve qu’on ne s’ennuyait pas l’hiver à Deschambault!

L’Hôtel de la Ferme en 1978.

Cet édifice construit sur les fondations du manoir seigneurial des Fleury d’Eschambault, sieurs de La Gorgendière, s’appelait l’Hôtel de la Ferme, à la belle époque de la Ferme-École provinciale, et plus tard, la Station de Recherches. La photo a été prise en 1978, année où l’on célébrait le 60e anniversaire de la Station. Cette maison était située au bout de la grande allée, du côté est de la route, pas loin du fleuve. On y logeait surtout les travailleurs et aussi occasionnellement les visiteurs, agronomes ou autres personnalités. Il y avait aussi un logement familial, à l’étage. On remarque sur cette photo les magnifiques fleurs des jardins qui faisaient la fierté des dirigeants de la Station, surtout en cette année de Jubilé. La vie à « La Ferme » était très animée; il y avait une école de rang; plusieurs édifices à logements étaient occupés par des familles, alors, des enfants, il y en avait!  Les gens s’entraidaient; côté loisirs, il y avait un court de tennis, on avait une équipe de balle molle en été et de ballon-balai en hiver. C’était en somme, un petit village dont les liens étaient tissés serrés. Parlez-en aux « anciens » qui ont vécu leur jeunesse à la Ferme… ils vous raconteront bien mieux que je ne saurais le faire.

Le Moulin à scie Paquin en 1980.

Si vous êtes de ces bons marcheurs qui empruntent la raboteuse rue du Moulin, autrefois appelée « la route à Bouillé », et si vous vous rendez de l’autre côté du pont de la rivière Belle-Isle, ne cherchez pas le moulin… il n’existe plus depuis 1985. Sur les deux photos jointes à ce texte, vous pouvez voir, à gauche, le moulin à scie, qui autrefois était un moulin à carde et qui devint en 1854, la fonderie Damase Naud, dont les poêles à bois sont devenus célèbres. L’autre photo a été prise à l’arrière de la maison, dont les derniers occupants furent les membres de la famille de M. Rolland Paquin. Lors de la construction de l’autoroute 40, la fermeture de la route du Moulin, pas assez importante pour qu’on y fasse un viaduc, a sûrement pesé fort dans la balance pour ce qui est du sort du moulin à scie!  L’histoire est ainsi faite de ces petits détails…

Le cap Lauzon en 1986.

Qu’est-ce qui manque? Mais oui, l’escalier! L’escalier du cap Lauzon a été construit en 1995. Auparavant il y a toujours eu des gens qui descendaient et remontaient la falaise à cet endroit… à leurs risques et périls! Quand on revient au temps où les Religieuses du Couvent avaient des élèves pensionnaires, il existait un escalier rudimentaire que les jeunes empruntaient pour aller sur la grève. Mais avec le temps, les marches ont disparu, pour ne laisser que les traces d’un sentier plus ou moins effacé.  Cette photo a été prise le 21 juin 1986, lors d’une promenade en chaloupe en avant-midi. Pourquoi je m’en rappelle? Parce que ce jour-là, la cloche du Couvent qui avait été vendue depuis quelques années, a été replacée dans son clocher, pour la Fête du 125e anniversaire de cette vénérable bâtisse, qui a eu lieu en septembre de cette même année.

Voilà!  C’était une petite virée à Deschambault des années 30 aux années 80!

© Madeleine Genest Bouillé, 7 septembre 2017

À propos d’un village…

Ces jours derniers, sur Facebook, un texte a circulé et retenu l’attention de plusieurs, surtout des personnes d’un certain âge – mais au fait, pourquoi dit-on « un certain âge » quand on a atteint un âge certain? Comme si les plus jeunes avaient un âge incertain. Encore une des bizarreries de notre belle langue française! Mais passons. Le texte dont il est question s’intitule « COMMENT MEURT UN VILLAGE ».  On y parle du petit commerçant, qui met tout son cœur et son temps pour répondre aux besoins des gens de son village, parce que c’est chez lui et parce que c’est « son monde »!

Il est très bien fait ce texte où l’on expose les avantages et les inconvénients du petit magasin local et je vous en livre le contenu, en l’adaptant à notre situation. Si notre marchand général n’a pas autant de choix que les magasins de grande surface, il a l’avantage de la proximité. Il connaît son monde, accueille chacun en l’appelant par son nom; il s’informe de la santé des uns et des autres. Ensemble, on déplore le départ de Madame Chose ou de Monsieur Untel : « Monsieur Untel, il n’y a pas longtemps encore, il est venu au magasin… Cette pauvre Madame Chose! Elle avait pas loin de 90 ans! Mais elle était pas malade il me semble? » C’est au magasin général que se rencontrent les « placoteux » qui n’ont rien d’autre à faire; on y commente les nouvelles, on se plaint du déneigement mal fait ou des trottoirs glacés… « C’’est vraiment dangereux! »  C’est chez  lui qu’on va faire vérifier ses billets de Loto… même si ça prend du temps, et qu’on fait attendre d’autres clients; quelle patience il a notre marchand! Il lui arrive même de fredonner en  faisant ses vérifications. En attendant leur tour, les habitués peuvent toujours feuilleter une des revues exposées sur le présentoir.  Si on a manqué la messe le dimanche, on sait qu’il y a toujours en réserve des exemplaires du dernier bulletin paroissial.  On ne nous refuse jamais non plus de placer une affiche pour une activité de l’une ou l’autre association locale ou régionale.

Les nouveaux arrivés trouvent bien vite le chemin du magasin général; ils savent déjà que c’est là qu’ils trouveront les informations utiles concernant leur nouveau lieu de résidence.  Il paraît que les prix pour les denrées d’usage courant sont plus élevés. Mais si vous calculez le coût de l’essence, peut-être que vous vous apercevrez que ça vaut la peine de favoriser l’achat local!

Le texte dont je parle se termine ainsi et je cite : « À trop vouloir courir après la mauvaise qualité des bas prix, un jour les villageois n’auront plus qu’à se mordre les pouces. Les commerçants alors auront plié bagages et chacun sait ce que veut dire « boutique fermée ».  Voilà comment meurt le cœur et l’âme d’un village. »

À Deschambault, jadis, on trouvait une cordonnerie, une  boucherie, deux beurreries, au moins deux gares aux arrêts de chemin de fer, un traversier pour Lotbinière, une compagnie d’autobus, plusieurs garages, quelques petits magasins et j’en oublie! Tout cela sans compter le Magasin Général Paré, lequel, fort heureusement est toujours là. Notre village n’est donc pas près de mourir! Faisons plutôt la tournée des lieux : on a une boulangerie, une brûlerie, une chocolaterie, plusieurs restaurants qui offrent une variété de menus, de quoi satisfaire les plus difficiles et diverses entreprises que je préfère de pas énumérer de peur d’en oublier!

Une chose est certaine, tous ces commerçants, même s’ils sont contents de recevoir les touristes et les clients de passage, comptent évidemment sur la population locale pour s’enraciner chez nous; plus que nécessaire, je dirais que c’est primordial! Les touristes, ça passe… certains reviennent, mais la plupart ne font que passer… justement! On a besoin les uns des autres car voyez-vous, les propriétaires des commerces qui jalonnent le Chemin du Roy et les autres secteurs de notre patelin, savent  bien eux aussi, qu’un village ça peut mourir, lentement, mais sûrement. Et tout comme nous, ce n’est pas ce qu’ils souhaitent.

© Madeleine Genest Bouillé, 6 avril 2017

Nos pionniers

En faisant du ménage dans mes nombreux papiers – ménage qui ne sera sans doute jamais terminé, à savoir : les documents que je veux garder, ceux que je dois jeter et, les plus nombreux, ceux dont je ne parviens pas à décider si je les garde ou si je m’en débarrasse –, je suis tombée sur des notes que j’avais prises, en octobre 1994. À l’occasion d’un brunch-conférence en septembre, nous avions reçu au Vieux Presbytère Serge Goudreau, natif de Deschambault et spécialisé en ethnologie, qui pour l’occasion nous avait entretenu de nos pionniers. Je me suis dit qu’il y avait là de quoi faire un « grain de sel » intéressant… jugez-en vous-mêmes.

Cette activité qui répondait exactement à la vocation culturelle et patrimoniale de la Société du Vieux Presbytère avait été très appréciée. Je me souviens que Serge nous avait tout d’abord appris que les Français n’étaient pas tous emballés par l’aventure de la colonisation de ce nouveau monde. Comme preuve à l’appui, il nous apprenait que, durant le Régime français, sur les 30 000 colons qui sont venus voir de quoi avait l’air cette contrée sauvage, 20 000 sont repartis pour diverses raisons. À mon avis, ils n’avaient pas dû aimer l’hiver! Il serait donc resté à peine 10 000 personnes pour défricher le pays.

Ceux qui font faire leur arbre généalogique savent que nos pionniers venaient en grande majorité des régions de l’ouest de la France : Normandie, Poitou, Anjou, en fait, près des grands ports : La Rochelle, Brest, Cherbourg. Plus rarement, on constate que quelques-uns venaient des régions du sud; tel mon ancêtre Genest, prénommé Géraud, qui était originaire de Toulouse. On s’est toujours demandé ce qui avait motivé notre aïeul à quitter le sud de la France; il devait avoir vraiment une bonne raison!

Nous avons appris également que parmi les premiers arrivants, il y avait quatre fois plus d’hommes que de femmes, et surtout des célibataires. Ce qui est tout à fait plausible, étant donné qu’il fallait être plutôt intrépide pour entreprendre cette aventure qui n’était pas particulièrement un voyage de plaisir. La plupart des hommes faisaient partie du régiment de Carignan-Sallières, ou encore ils avaient signé un contrat avec un artisan, tel un meunier, un charpentier ou autre.

Comme chacun sait, il est venu aussi des missionnaires. Ces religieux, en plus d’avoir comme mission de convertir les Indiens, avaient à cœur l’établissement des Français au pays. Et pour cela, il fallait faire venir de France ces femmes qu’on a appelées « Filles du Roy », pour fonder des familles avec les colons. Ces demoiselles ou veuves, sans enfant, de 800 à 1 000, arrivées au pays entre 1660 et 1670, étaient pour la plupart des orphelines ou des jeunes filles sans fortune. Le roi de France leur avait donné une dot pour les inciter à épouser des colons en Nouvelle-France. Sauf pour les familles d’aristocrates, ces femmes sont les aïeules de beaucoup de nos familles québécoises.

Carte de Gédéon de Catalogne de 1712-1715.

Quand on parle des pionniers, on parle évidemment des colons venus tout droit de la mère patrie. Cependant à mesure que le défrichement progressera, vers le milieu du XVIIIe siècle, de nouvelles concessions seront défrichées par des colons nés au pays, puis plus tard, par la deuxième génération et ainsi de suite.

Nous savons qu’au début, il y eut d’abord la seigneurie de Chavigny, puis celle de La Chevrotière. Le peuplement de Deschambault s’est fait en gros, de 1680 à 1713. Le seigneur du temps, Monsieur d’Eschambault, assumait son rôle qui était d’accorder des terres à des colons. Ceux qui ont visité les kiosques des familles souches lors du 300e anniversaire de la paroisse en 2013, ont appris que les premières familles étaient les Naud et les Grolo, originaires d’Anjou. Au début de 1690, on retrouve les Mayrand qui deviennent les voisins de la famille Naud. Le conférencier, Serge Goudreau, se documentait beaucoup dans les archives judiciaires, ce qui donnait à sa causerie plus de vécu et nous éclairait davantage sur la vie et le caractère de nos pionniers. Il semblerait que les relations entre voisins n’étaient pas toujours de tout repos.

Toujours entre 1690 et 1700, on voit arriver Arcand, de la région de Bordeaux, Perrot, du régiment de Carignan, Delisle, canadien de la 3e génération, Gauthier, Paquin, Delomé, Benoît-dit-Abel, St-Amant (de son vrai nom, Mathurin Robert) et Germain-dit-Bélisle.  De 1710 à 1725, arrivent les Montambault, venus de l’Ile d’Orléans, Perron, Gariépy, venu de Ste-Anne-de-la-Pérade, puis un Girodeau, célibataire qui passait pour être très querelleur, ayant fait de la prison à quelques reprises, on le retrouve plus tard marié et assagi!

En 1725, les familles pionnières sont installées à Deschambault sur une quarantaine de terres. Vers 1730 commence le peuplement du 2e Rang avec l’arrivée des Létourneau, Frenette et Marcotte; ces deux derniers venus de Cap-Santé. Certains noms ont changé d’orthographe avec le temps, tel est le cas de Rodriguez, un espagnol qui deviendra Rodrigue et Dépiteau, qui deviendra Desputeaux.

En 1760, après la guerre qui mit fin au Régime Français, le seigneur, M. de La Gorgendière revint chez lui et amena avec lui plusieurs compagnons d’armes à qui il offrit des terres.  M. de La Gorgendière était marié à une Acadienne, Athalie Boudreau et parmi les officiers du seigneur, on voit Jean Boudreau, Charles Raymond et Jean Bouillé, également mariés à des Acadiennes. Jean Bouillé était un armurier au service du roi de France, en Acadie pendant la guerre. À la même époque, on retrouve un Arcand-dit-Boulard, qui n’est pas le même que le Arcand de 1690.  Arcand-dit-Boulard s’était établi en face de la Halte routière; de là sans doute l’appellation de « Barre à Boulard », pour désigner la barre rocheuse qui, dans le chenal, marquait jadis le commencement des Rapides du Richelieu.

Jusqu’à l’ouverture des registres de la paroisse de Deschambault, en 1713, le territoire était desservi par des missionnaires; ceci explique qu’avant cette date, beaucoup de registres ont été perdus. C’est pourquoi il est parfois difficile de retracer le lieu d’origine des ancêtres de certaines familles.

J’espère que ces quelques pages de notre histoire sauront vous intéresser… J’ai donc bien fait de garder ces documents!  Il ne faut rien jeter avant d’y regarder deux, trois et même quatre fois!

© Madeleine Genest Bouillé, 28 mars 2017

Images d’une autre époque

J’ai un jour reçu plusieurs albums de photos. Les plus vieilles datent des années 30 et les plus récentes, de la fin des années 40. La personne qui possédait ces photos n’écrivait que rarement la date, soit à l’endos de l’image ou dans l’album et il n’y a aucun fil conducteur. J’en ai déjà publié avec quelques-uns de mes « grains de sel ». Cette fois, j’ai fait une sélection plus variée, en me guidant sur mes préférences ou sur des personnes ou des lieux qui me rappelaient quelque chose.

* * * * *

Pour débuter, deux photos qui datent des années 30; on y voit madame Élise Proulx, épouse de monsieur Marcellin Thibodeau. Sur la première image, elle pose fièrement sur la galerie de sa maison, aujourd’hui le 215 sur le Chemin du Roy. La belle décoration de la balustrade a malheureusement été changée quelques années plus tard. La deuxième photo a été prise à l’arrière de la maison, alors que madame Thibodeau surveillait le savon en train de bouillir dans le gros chaudron. Je me souviens, quand j’étais enfant, d’avoir assisté à la fabrication du savon… on nous interdisait d’approcher de l’énorme marmite qui, pour nous, était un vrai chaudron de sorcière!

Vous reconnaîtrez sûrement cette maison à logements située au cœur du village. D’après les vêtements, on doit pouvoir situer la photo au début des années 40. Des travaux sont en cours… mais je n’en sais pas plus long. Je reconnais le propriétaire de cette maison, monsieur Louis Marcotte – l’homme en chemise blanche avec bretelles et cravate – ainsi que son épouse, Béatrice Naud, debout sur une marche de l’escalier. À l’époque, madame Béatrice chantait à l’église et dans les soirées organisées par l’une ou l’autre association paroissiale. Elle avait une jolie voix et elle était très en demande, dans les mariages surtout. Elle aimait beaucoup les enfants, n’en ayant jamais eu. Alors elle nous invitait chez elle et elle nous apprenait des chansons… nous ne nous faisions pas prier étant donné qu’elle avait toujours des bonbons pour nous récompenser!

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Maison Louis Marcotte, années 40 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Une photo datée du 1er janvier 1941. Lauréat Laplante avait installé sa cabane sur la glace, comme on peut le constater. Je ne sais si la photo a été prise avant ou après la pêche. M. Laplante pose ici avec son beau-frère, Paul Thibodeau, et leur neveu, Paul Jr. Thibodeau. Il ne semble pas faire trop froid… ou c’est qu’on a déjà commencé à prendre le  petit  « remontant », que tout pêcheur doit toujours avoir dans son attirail !

Cabane à pêche de Lauréat Laplante, 1941 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Cabane à pêche de Lauréat Laplante, 1941 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Derrière  cette photo, il est noté « Partie de plaisir, souvenir de ce 7 août 1941 ». Je l’ai choisie justement en raison cette inscription. Que fêtaient ces jeunes filles? … À part les premières communions, les mariages ou les anniversaires, il est rare que le bonheur ait une date!

Marie-Paule Laplante au centre, avec deux amies, août 1941 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Marie-Paule Laplante au centre, avec deux amies, août 1941 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

En regardant cette photo, on constate qu’il faisait encore assez chaud ce 13 septembre 1944… Autrefois, ouvrir un petit magasin, ce n’était pas compliqué! On plaçait un comptoir dans une pièce à l’avant de la maison et on vendait des journaux, des friandises et un peu de « grocerie », comme on disait alors. Ici on est devant la maison qui porte aujourd’hui le numéro civique 208, sur le Chemin du Roy. Madame Henri Savard, Adrienne Courteau, possédait ce petit magasin où je me souviens être allée souvent acheter  une liqueur ou une barre de chocolat… J’étais du même âge que le petit garçon, Jean, et il nous arrivait de jouer ensemble, jusqu’à ce qu’on soit assez grands pour aller à l’école. Dès lors, les garçons et les filles ne jouaient plus ensemble, sauf dans la famille!

Magasin de Mme Henri Savard, 1944 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Magasin de Mme Henri Savard, 1944 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Je vous ai aussi parlé à quelques reprises de l’ancien maire, monsieur Louis-Philippe Proulx. Cette photo a dû être prise juste avant le départ de Louis-Philippe et Marie-Louise pour leur lune de miel, si l’on en juge par leurs vêtements. La noce avait lieu dans la maison des Morin dans la rue Johnson, où nous habitions, la famille Morin étant apparentée aux Proulx. C’était le 21 juin 1947. Les nouveaux mariés avaient fière allure… j’aime surtout le chapeau de Marie-Louise!

Louis-Philippe Proulx et son épouse, Marie-Louise, 1947 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Louis-Philippe Proulx, maire de Deschambault de 1940 à 1947, et son épouse, Marie-Louise, 1947 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Toujours dans les années 40, l’équipe de balle de Deschambault, où paraît-il se retrouvaient les meilleurs joueurs du comté! Il y a sûrement quelques membres de la famille Gauthier, je reconnais entre autres, Monsieur Ovide Mayrand, debout à l’arrière et monsieur Raymond Paré à l’avant. Cette photo a environ soixante-dix ans… Je ne sais pas pourquoi, mais elle me fait penser au film Le champ des rêves. J’aime tellement la dernière réplique : « Le ciel, c’est l’endroit où les rêves se réalisent. »

Équipe de balle de Deschambault, avec certains des meilleures joueurs du comté! (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Équipe de balle de Deschambault, avec certains des meilleurs joueurs du comté! (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

 J’ai déjà mentionné que parmi les passe-temps des jeunes gens d’autrefois, la correspondance avec des étrangers, le plus souvent de France ou de Belgique, était très répandue, surtout pendant la guerre. À l’endos de cette dernière photo, d’une belle écriture fine, on lit: « À ma lointaine petite amie, en toute sympathie, Didier. »  Et au bas : « Rabat, le 30-5-1948. »  Sur la photo, deux matelots; on ne saura jamais lequel était Didier… Je vous laisse rêver la suite de cette histoire!

deux matelots, inconnus, 1948... (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Deux matelots, inconnus, 1948… (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Pourquoi ai-je l’impression que le bonheur était plus simple au temps jadis? C’est peut-être que ça coûtait moins cher pour s’amuser. Quelqu’un a dit un jour « Quand le bonheur coûte cher, ce n’est plus du bonheur »… J’adore fréquenter ces témoins du passé que sont mes vieilles photos. C’est un peu comme faire un voyage dans le temps. Je garde toujours un brin de nostalgie quand je fais un petit tour « par la porte d’en arrière » dans la vie d’autrefois de mon village.

© Madeleine Genest Bouillé, 18 janvier 2017

Trois quarts de siècle à Deschambault

Le Deschambault que j’ai connu, étant jeune, a bien changé; en 75 ans, c’est normal! Le village, avec ses maisons qui datent du XIXe siècle ou du début du XXe, a gardé son cachet ancien, même si on y a ouvert de nouvelles rues. Des maisons de différents styles ont été construites; des terres jadis cultivées ont été converties en développements domiciliaires. Plusieurs jeunes familles ont choisi de s’établir chez nous. Et c’est bien ainsi, ça veut dire que notre patelin est toujours vivant.

Je suis née le 28 novembre 1941, neuf jours avant l’attaque de Pearl Harbor, événement qui a fait beaucoup plus de bruit que ma naissance. Les dix enfants de la famille sont nés à la maison comme presque tous les enfants de ma génération. D’après ce que j’en sais, les quatre aînés seraient nés dans le logement à l’étage du 108 de la rue St-Joseph, qu’on appelait alors « la petite route ». Dans les dernières années de sa vie, Maman me parlait de cet appartement, le premier qu’elle et Papa ont habité; elle se rappelait comme c’était bien éclairé et quelle belle vue ils avaient sur le fleuve! De plus cet appartement avait l’avantage d’être situé près de la maison de ses parents. Elle ajoutait toutefois que le vent de nordet s’en donnait quand même à cœur joie en toutes saisons!

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(Coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Je n’ai jamais su la date exacte où l’on a déménagé dans la grande maison située au 249, sur le Chemin du Roy. À l’époque, cette demeure, qui était la propriété d’un M. Marcotte, était une maison moins spacieuse que maintenant, mais quand même d’une bonne grandeur, avec une belle lucarne double à l’étage. S’il y eut quatre naissances dans la maison de « la petite route », forcément, il y en eut six dans la maison en face de l’école. La partie arrière, carrée, à deux étages, logeait un couple âgé, sans enfant. Après quelques années, la dame est décédée après un assez long séjour à l’hôpital. Le monsieur vivait toujours dans son logement; c’était un personnage taciturne qui tolérait très mal les enfants, il ne se gênait pas non plus pour manifester son intolérance! Pas chanceux… chez nous, il y avait toujours au moins un petit au berceau. Comme chacun sait, des bébés ça pleure, et Maman était toujours inquiète dès qu’elle entendait vociférer le voisin.

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Mes parents, Julien et Jeanne, en 1942 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Cette contrainte mise à part, nous étions bien logés dans la maison au cœur du village. Nous avions une grande cour et un potager sur le côté ouest de la maison. En avant, deux érables apportaient leur ombre sur le petit parterre, où l’on jouait parfois sous le regard des adultes qui se berçaient sur la grande galerie. Les élargissements successifs du chemin du Roy ont fait disparaître beaucoup de ces parterres en façade qui ornaient les belles demeures du village. Quand nous habitions cette maison, les rues de la Salle, Gauthier et Notre-Dame n’existaient pas encore. Le terrain à l’arrière de la maison de M. J.B.H. Gauthier – aujourd’hui le restaurant Chez-Moi – ainsi que toute cette partie du Cap Lauzon appartenaient à M, Gauthier, lequel a été maire de 1947 à 1956. Ce terrain s’étendait jusque derrière le garage des Autobus Gauthier – aujourd’hui la caserne des pompiers. Donc, derrière chez nous, il y avait un champ où paissaient quelques vaches. Ce champ se terminait par un boisé jusqu’au bout du cap. Durant la belle saison, on allait y cueillir des framboises et des mûres. Le développement domiciliaire de Monsieur Gauthier – qu’on a surnommé « la Butte aux moineaux » – n’a été érigé qu’au début des années 50. Aujourd’hui, cet endroit habité par plusieurs jeunes familles devrait plutôt s’appeler « la Butte Joyeuse »!

Le milieu du village était très animé. La Banque Canadienne Nationale logeait dans la maison du notaire au coin de la rue de l’Église, tandis que la Caisse Populaire, fondée en 1944, occupait un espace chez le barbier, M. Marcel Rhéaume (aujourd’hui le funérarium). Auparavant, cette maison appartenait à M. Oscar Bouillé, qui y tenait le Bureau de Poste. Plus tard, le bureau de Poste a été transféré chez M. Léopold Dussault, à côté de l’école. L’épouse de M. Dussault, Joséphine Petit, une cousine de ma mère, occupait la fonction de maîtresse de Poste. M. Dussault était électricien de son métier, il possédait au rez-de-chaussée de sa vaste demeure, un magasin où sa sœur, Mademoiselle Angela tenait une petite boutique de cadeaux. Nous demeurions donc en face de l’école et près des magasins, de l’église et du couvent, ainsi que de la « petite route » où demeuraient nos grands-parents.

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(Source: Centre d’archives régional de Portneuf).

Comme bien des résidents de la campagne, nous n’avions pas d’auto. Du temps où mon père travaillait à la Ferme du Gouvernement provincial, en été il prenait son vélo et l’hiver, je suppose qu’il voyageait avec l’un ou l’autre compagnon de travail. J’ignore en quelle année il est parti chercher du travail à l’extérieur. Dans l’album de famille, une petite photo représente mon père en vêtements de travail; on m’a dit qu’il était alors à l’Île Bizard. Dans les années 40, il a commencé à travailler dans une usine à Montréal; au début on y fabriquait du matériel de guerre et plus tard, des pièces de locomotives. Il « chambrait » selon l’expression en usage à l’époque, à Montréal, pas loin de son travail. Il était devenu un père absent. Il écrivait régulièrement à notre mère et ne manquait jamais de nous envoyer une belle lettre pour notre anniversaire ainsi que pour tous les événements importants auxquels il ne pouvait pas assister : Première communion, Confirmation, etc. Quand nous vivions au village, nous n’avions pas le téléphone, donc la poste était le principal moyen de communication.  Pour mes parents, il était normal de se parler par lettres… tous les deux avaient la « plume facile », ils se comprenaient bien ainsi. C’est difficile à croire aujourd’hui mais pour eux, à cette époque, c’était acceptable.

Je vous reviens pour la suite de ces 75 ans…

© Madeleine Genest Bouillé, 30 décembre 2016

Deschambault à l’envers

Vous avez déjà vu Deschambault à l’envers? Ce que j’entends par «  à l’envers », c’est de regarder notre village du fleuve ou de la rive sud. Au moins une fois par année, j’aime aller me promener sur la route 132, soit en passant par Trois-Rivières ou par Québec. Quand on arrive à Lotbinière par l’est, la rive de ce côté du fleuve étant beaucoup plus élevée, il faut bien en convenir, notre cap Lauzon semble tout petit. C’est pourquoi il est préférable d’aborder Lotbinière par l’ouest. Donnez-vous alors la peine de descendre sur le quai; le coup d’œil sur Deschambault vaut le détour!

Quelques mots sur Lotbinière. Des hauteurs de ses falaises escarpées, notre voisine d’en face offre un visage accueillant. L’agriculture semble y être florissante. Au cœur du village, l’église avec ses deux clochers encadrant le grand roi saint Louis, se dresse fièrement comme une sentinelle. On remarque plusieurs superbes maisons en pierre. Ces constructions diffèrent cependant de nos vieilles maisons de la rive nord. Elles témoignent d’une époque plus récente. Tout d’abord ces demeures sont plus hautes; munies de murs coupe-feu, elles ont généralement deux étages.

Mais regardons un peu  « Deschambault à l’envers »…

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Cette photo a été prise à l’est du village de Lotbinière, sur le bord de la route, presque à la hauteur de l’ancien phare, lequel à marée basse est relié à l’ilot Richelieu, comme vous pouvez le constater.

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Le Moulin du Domaine de Lotbinière s’élève au bas de la côte, à l’est du village. Du quai de Deschambault, on voit très bien cette imposante bâtisse qui date de 1799. Cet ancien moulin à eau est maintenant une résidence privée.

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Finalement, il est plus facile de regarder Deschambault à l’envers en chaloupe. Cette photo nous fait voir les résidences et les chalets qui bordent le fleuve à l’est du quai.

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Cette photo date de 1984, elle a été prise au large en face du cap Lauzon par une belle journée de juillet où il y avait une bonne brise!

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On se souvient des gros travaux qui ont été effectués aux endroits où la route longe le fleuve de très près, comme on peut le constater sur cette portion du chemin du Roy entre le restaurant La Ferme et le Garage Faucher.

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Une belle journée d’automne, en 1986! C’était la fin d’une belle promenade sur le fleuve; on approchait du pont de la rivière Belle-Isle… on était donc à la hauteur de ce qu’on appelait autrefois « la Barre à Boulard »!

© Madeleine Genest Bouillé, 17 septembre 2016

N.B. Toutes les photos proviennent de ma collection (© coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Belle d’autrefois

De temps à autre, je regarde et j’écoute la vidéo de la si jolie chanson écrite pour le 300e anniversaire de Deschambault. Cette chanson, dont les paroles et la musique sont d’une de nos choristes, Linda Martel, avec un arrangement de la directrice de la chorale, Jacinthe Montambault, nous l’avons adoptée dès la première fois où nous l’avons entendue. On avait déjà hâte de la chanter! Il y a des mélodies comme ça qu’on retient et qu’on aime… Ce fut le cas pour Belle d’autrefois à tout jamais!

J’ai même trouvé des images  pour accompagner  les paroles  de cette chanson. Voici ce que ça donne :

Couplet 1 :

La tête dans les champs de blé….      
Le Saint-Laurent coule à tes pieds…                                    
D’une beauté qui émerveille, vêtue de neige ou de soleil… 
Tu es jolie quatre saisons, tes berges sont inspiration          
Raconte-nous ta grande histoire,
Fais-nous visiter tes mémoires.                                                

Couplet 2 :

Le Roi a tracé son chemin,                                               
Dans les terres de tes anciens.
Sur lui, on peut te visiter…
Prendre le temps de t’admirer.                                            
Tes couleurs, attraits et saveurs
Dont tu as su  bien te parer
Charment les gens, gagnent les cœurs
Qui se plaisent à te contempler

 Refrain :

Les années t’ont embellie.
Sans une ride, sans un pli…                                                 
Tu es restée jeune de cœur                                                     
Pleine de charme et de chaleur
Grande Dame tricentenaire                                                 
Deschambault, de toi on est fiers
Belle d’autrefois… à tout jamais!

N’est-ce pas que c’est beau!

© Madeleine Genest Bouillé, 4 août 2016

© Linda Martel, paroles et musique de Belle d’autrefois à tout jamais, 2013

Deschambault en fête, 2e partie

Le 275e anniversaire… une célébration qui a été longuement mijotée. Un comité provisoire avait d’abord été créé au cours de l’hiver 1987 et il était déjà décidé que les festivités auraient lieu en août 1988; on prévoyait aussi des activités étalées sur une fin de semaine, du vendredi soir au dimanche soir.

Le Comité du 275e formé en juillet 1987 avait tout d’abord rencontré en septembre les deux conseils municipaux de la Paroisse et du Village, afin de s’assurer de leur participation financière et autre.  Dans le même temps, une demande avait été faite auprès du Ministère de la Culture du Québec. Le comité, ne voulant pas être en reste, amorçait alors une campagne de financement pour laquelle plusieurs activités étaient prévues au cours de l’automne. Mentionnons le rallye-automobile avec souper-spaghetti, le souper aux huitres et la soirée casino, le tout jumelé avec la vente de l’épinglette du 275e anniversaire, à l’effigie des armoiries de Deschambault.

À droite sur la photo: le député provincial Michel Pagé.

Buffet du dimanche 21 août 1988. À droite sur la photo: le député provincial Michel Pagé.

Les premières réunions préparatoires aux Fêtes eurent lieu au cours de l’hiver 1988, onze personnes faisaient partie du comité dont le président était Alain Brisson. Dans le procès-verbal de la réunion du 10 mars, on apprend que les activités de financement qui ont eu lieu à l’automne ont rapporté 1,935.79$.  Nous en étions très fiers! Ce même rapport fait état que des membres du comité devront rencontrer les gens d’affaires de la région ainsi que les députés fédéral et provincial, pour tenter d’obtenir de l’aide financière. C’était normal et il n’y avait pas de fête possible sans cela! C’était avant la Commission Charbonneau…

Également au cours de l’hiver 1988, on met sur pied une chorale qui sera dirigée par Gaston Bilodeau (qui fut l’un des principaux artisans du 250e anniversaire). L’accompagnatrice du Chœur des Retrouvailles était Jacinthe Montambault. Plusieurs membres du Chœur du 250e sont de retour, vingt-cinq ans plus tard!

Messe du 275e.

Messe solennelle du 275e.

En mars, les dates sont arrêtées : Deschambault fêtera son 275e anniversaire du vendredi 19 au dimanche soir 21 août. À la lecture des rapports de réunions, je vois que d’autres personnes se sont ajoutées au comité, pour diverses raisons, dont l’ajout d’activités (entre autres, la parade de mini-chars qui était sous la responsabilité de la Garderie « Les Bouts d’Choux »). À partir de juillet 1988, les rencontres ont lieu à tous les mardis et un comité est mis sur pied pour la Journée des Retrouvailles, qui aura lieu le dimanche. Il y avait beaucoup de pain sur la planche et il était parfois difficile « d’accorder tous les violons »! Heureusement, on en venait toujours au consensus!

Au cours de l’été, le comité des Retrouvailles  qui se faisait fort de rejoindre le plus grand nombre possible d’anciens résidents et de membres des familles demeurant à l’extérieur, recevait des réservations pour la fête des Retrouvailles presque tous les jours, et ce, jusqu’à la veille de la fête. Effectivement, il y avait plus de 300 personnes sous la tente lors de la journée du 21 août. Heureusement, nous avions loué un grand chapiteau. Mais regardons plutôt le programme des festivités :

Vendredi 19 août :
20h30 : Soirée d’ouverture, danse avec l’Orchestre Sioui

Samedi 20 août :
Journée champêtre à la paroisse de Deschambault
12h00 : Dîner « pique-nique » avec musiciens, course de tacots, tournoi de fer.
De 10h30 à 16h00 : Visites de la station de recherche agricole (qui célébrait son 70e anniversaire)
18h30 : La Grande Tablée.
21h00 : Spectacle de Sylvie Tremblay «  Parfum d’orage »

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La course de tacots dans la route Proulx.

Dimanche 21 août :
Journée des Retrouvailles
10h30 : Messe solennelle à l’église
11h30 : Accueil
12h00 : Buffet
14h00 : Visites guidées.  Parade de mini-chars. Pause musicale à l’extérieur du Vieux Presbytère
18h30 : Souper québécois
20h00 : Concert par le Chœur des Retrouvailles
22h00 : Feu de Joie et feu d’artifice sur le Cap Lauzon.

Au cours de l’été, plusieurs expositions avaient lieu au Vieux Presbytère, au Moulin de La Chevrotière et à la salle Paul-Benoît : La vie des femmes à Deschambault, Photos comparées des sites de Deschambault, Exposition d’artistes locaux (dont les dessins de Claude Genest, qui seront exposés à la sacristie des Sœurs cet été, à partir du 14 août), Cartographie de Deschambault, Poterie (collections locales et régionales ),  Travaux des Fermières et  Dessins d’enfants.

Il n’y a pas de fête d’envergure sans une publication, album-souvenir ou un livre. Deschambault a donc innové avec un Journal-souvenir. Si la page couverture était pour le moins surprenante, il faut reconnaître que le contenu du journal  était  très intéressant.  En noir et blanc, le journal présentait des textes variés conçus par différents auteurs, en plus des messages des autorités. On y trouvait plusieurs photos et, idée géniale, les jeunes de l’école primaire avaient aussi leurs pages, dans lesquelles ils avaient exprimé leur vision de Deschambault dans le futur.

Je garderai toujours le souvenir du concert de la chorale, le dernier soir, dans l’église remplie « à craquer » et après, autour du feu de joie, les «  au revoir » qui terminaient fraternellement la fête… sans oublier, le feu d’artifice qui est toujours pour moi le vrai point final d’une célébration qu’on veut grandiose!

Spectacle bénéfice avec Marc Hervieux.

Spectacle bénéfice avec Marc Hervieux.

J’essaierai de ne pas m’attarder sur les Fêtes du 300e anniversaire qui eurent lieu en 2013.  Pour plusieurs, vous les avez vécues tout comme moi. Mais je me plais à rappeler les nombreuses activités. Il y eut de tout! Des tournois : hockey-bottine en février, balle donnée en mai, dek-hockey en juin. Tout le monde se rappellera du concert-bénéfice donné par Marc Hervieux le 1er juin. L’ouverture officielle des festivités avait lieu lors de la messe solennelle du 9 juin, avec deux lancements : celui du CD de Richard Paré à l’orgue de Deschambault et celui du livre sur l’histoire de Deschambault, de Yves Roby et Francine Roy. En plus du spectacle de Marc Hervieux, nous avions eu les spectacles du chansonnier Éric Masson le 21 juin, le groupe Maximum 80 le 28 juin, et Les Quêteux et Les Charbonniers de l’Enfer, le 29 juin.  Les jeunes n’étaient pas en reste dans la semaine du 21 au 30 juin, avec un concours d’art oratoire, une activité jeunesse offerte par la Biblio du Bord de l’eau, et les traditionnels jeux gonflables. Le point culminant des fêtes  fut sans contredit les activités des Retrouvailles, les 29 et 30 juin. Marché public « d’époque », exposition Des gens remarquables, tours de calèche, concours de « corde à linge », stands généalogiques, information et vente du livre Deschambault et des objets à l’effigie du 300e.

gateau lumiereÀ cela s’ajoutaient le souper communautaire avec le magnifique gâteau du 300e, confectionné par la chocolatière Julie Vachon,  ainsi que les nombreuses activités du dimanche 30 juin : fête des familles-souches, plantation symbolique d’un arbre, dévoilement de quatre plaques commémoratives dans le Jardin des Ancêtres, inauguration du Calvaire Naud rénové… et j’en oublie sans doute! La semaine de fête se terminait avec le concert du Chœur d’Eschambault et le plus magistral feu d’artifice  qu’il nous a été donné de voir à Deschambault.  Le croirez-vous?  Parmi les membres de la chorale, certains étaient présents aux concerts des 250e et 275e anniversaires.  Quand on aime chanter en chœur, c’est comme ça!

Avec la randonnée à vélo du 6 juillet, le rallye historique familial du 29 septembre, qui était suivi d’un souper-spaghetti, et la soirée « Swing la rotule » du 12 octobre, nous nous sommes rendus à la fin de cette année festive. Pour nous rappeler au quotidien ces fêtes auxquelles nous avons pris part en tout ou en partie, on  porte encore de temps à autre nos chandails bleus… chez vous tout comme chez nous, nous buvons notre café dans les tasses du 300e et nous avons encore quelques drapeaux à l’effigie de cette fête inoubliable!

015Comme le disait la chanson du 300e chantée par le Chœur D’Eschambault : « Les années t’ont embellie… tu es restée jeune de cœur… Grande Dame tricentenaire, Deschambault, de toi on est fiers! Belle d’autrefois, belle à jamais! » (Paroles et musique : Linda Martel, arrangement Jacinthe Montambault.) Pour visionner l’extrait vidéo de ce chant, cliquez ici.

© Madeleine Genest Bouillé, 27 juillet 2016

Pour voir plus d’images des festivités du 300e, on peut visionner un montage vidéo d’une vingtaine de minutes en cliquant ici.

Mon village

IMG_20160428_0004Mon village m’appartient. Il n’appartient pas qu’à moi, c’est bien sûr. Mais j’y suis attachée et je crois que rien ne pourrait m’en défaire. J’ai toujours vécu à Deschambault. Toutes ces années, ce sont autant de matins, de couchers de soleil, de clairs de lune. Des printemps fous, des étés odorants, des automnes lumineux, des Noëls magiques et des hivers emmitouflés. Chaque événement de ma vie est inscrit dans le décor de ce village; c’est le théâtre où s’est déroulée mon histoire et c’est ici que je voudrais qu’elle se termine.

Je suis née à Deschambault et j’y ai des racines. Pas du côté paternel cependant. À l’inverse du vieux dicton qui disait « Qui prend mari, prend pays », c’est mon père qui, en prenant épouse, y a pris aussi pays! Mes racines dans ce village me viennent de la famille de ma mère, alors qu’en 1774, Augustin Petit partait de Cap-Santé pour venir s’établir à Deschambault avec son épouse Marie-Josèphe Godin. Le 20 août 1799, son fils Nicolas épousait Angélique Marcotte en l’église de Deschambault, et depuis ce jour, la famille Petit a tenu « feu et lieu » comme on disait alors, dans notre patelin. Dans un précédent grain de sel, où je parlais de mes ancêtres, j’ai mentionné que ma grand-mère maternelle, Blanche Paquin avait épousé son cousin Edmond Petit en 1903. On sait que la famille Paquin est l’une des familles-souche de Deschambault. L’ancêtre Nicolas avait d’abord épousé Marie-Anne Perreault de qui il a eu plusieurs enfants. Devenu veuf, il s’est remarié à Thérèse Grosleau; c’est donc de cette deuxième épouse que descend notre parentèle du côté Paquin. Autrefois à Deschambault, l’arbre des Paquin portait plusieurs branches; tenez, en 1900, on comptait dix-sept familles portant ce nom, dont plusieurs n’étaient apparentées que du coin gauche de la fesse gauche. C’est vous dire! À cette époque, on retrouvait beaucoup de familles portant le même nom, en plus des Paquin, il y avait les Gauthier, les Mayrand, les Delisle, les Gariépy, et combien d’autres. Souvent, on identifiait les familles du même nom, en y ajoutant le prénom de l’ancêtre, ou encore on donnait des surnoms. Ah! C’est qu’il y en avait des surnoms! Certains étaient parfois cocasses : Minou, Mignon, Cârisse, La Blague, La Palette, La Misère. Il serait bien difficile aujourd’hui de retrouver l’origine de tous ces « petits noms ».

Photo de Fernand Genest, 1977.

Photo de Fernand Genest, 1977.

Mon village est vieux. Mieux que vieux, je dirais qu’il est vénérable. Tout le monde sait – ou doit savoir – que tout a commencé par une seigneurie concédée en 1640,  puis une autre un peu plus tard, puis en 1713, c’est enfin devenu une paroisse. C’était bien avant qu’on parle de municipalité. Cette désignation est venue plus tard, avec les Anglais.  Après que les habitants eurent défriché toutes les terres longeant le fleuve, ils ont ouvert un deuxième, puis un troisième, puis un quatrième rang… peut-être bien aussi un cinquième, je ne sais plus.  Ces rangs ont fini par devenir une paroisse, Saint-Gilbert, puis d’autres paroisses ont été fondées à mesure que les bois reculaient pour faire place aux maisons des colons.

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Photo de Patrick Bouillé, 2015.

Beaucoup de vieilles maisons témoignent de la vie autrefois. Et si on compte maintenant plusieurs nouvelles familles, il demeure que les noms des anciens sont encore bien vivaces, même si les descendants n’habitent pas toujours sur le bien des ancêtres.  Comme dans la plupart des vieux villages, de nouvelles rues ont été tracées et de nouvelles résidences y ont été construites. C’est bon qu’il y ait du sang neuf, ça empêche de s’étioler.  L’important, c’est la vie qui continue avec les enfants qui vont à l’école, qui déambulent à vélo durant la belle saison et qui, l’hiver venu, construisent des bonhommes de neige qui saluent les passants!

Si mes aïeuls revenaient, ils seraient étonnés et sans doute aussi amusés de voir le nombre toujours croissant de touristes qui débarquent sur le cap Lauzon chaque été, et même en automne. Ces gens provenant de tous les coins de la planète – comment une planète ronde peut-elle avoir des coins?… Mais passons! Je disais donc que ces gens venus d’un peu partout viennent admirer le fleuve, la rue de l’Église et le magnifique point de vue qu’on a justement du haut du cap.  En fait, il n’est pas très haut ce cap. C’est surtout cette façon qu’il a de s’avancer dans le fleuve comme par exprès, pour faire admirer les bâtisses anciennes qui y sont situées, comme une coquette qui veut attirer l’attention.

Église Deschambault - Extérieur - nb - 010K1 845Autrefois, le cap était couvert de pins qui formaient  comme un rempart faisant  face aux grands vents qui s’engouffrent du nordet et qui font gronder les vagues sur les cailloux de la grève.  Quand ces vents s’accompagnent de pluie ou de neige, c’est une vraie furie! C’est alors qu’on les trouve accueillantes comme jamais, nos chères vieilles bâtisses en pierre : l’église, le couvent, les vieux presbytères sans curé…Du temps de ma mère, le cap, c’était le lieu de rendez-vous du dimanche après-midi. Plusieurs vieilles photos de l’album de famille montrent de joyeux groupes de filles et de garçons endimanchés posant sur le cap. Qu’ils ont l’air heureux ces belles jeunesses des années trente! On pouvait paraît-il aller cueillir des framboises, des mûres, faire des pique-niques, se promener tout au long de petits sentiers tortueux et même descendre sur la grève.  L’autre endroit de prédilection des jeunes du village était le quai, là encore, maintes photos rappellent les beaux moments  de cette époque.

Photo de Patrick Bouillé, 2016.

Photo de Patrick Bouillé, 2016.

Il y a toujours un quai; on peut aller s’y promener et admirer la vue incomparable qu’on a de la petite rue Saint-Joseph et du cap Lauzon avec ses édifices séculaires. Et sur le cap,  même s’il n’y a plus de grands pins pour retenir le vent, on a retracé les sentiers d’autrefois, on les a bordés de fleurs. Alors les amoureux d’aujourd’hui peuvent, comme jadis mes parents, se conter fleurette en admirant les splendeurs que leur offre la nature.  Il y a même un escalier pour aller près du fleuve, avec des paliers qui permettent de souffler quand on n’est plus aussi alerte et qu’on veut se ménager.

photos jacmado 270809 149Mon village m’appartient, mais je lui appartiens également. Je l’aime tout le long et tout le tour. J’aime la vieille route maganée qui passe à côté de chez moi et où je me promène par les beaux jours. J’aime le murmure de la rivière, les champs qui changent de toilette au gré des saisons. Et j’aime le fleuve forcément. C’est lui qui donne le ton, lui qui dessine le relief, qui met la couleur, le mouvement. La route principale chemine près du fleuve sur la plus belle partie de son parcours, soit qu’elle le surplombe ou qu’elle le frôle; les deux ne se quittent jamais bien longtemps. Quel que soit l’endroit où vous habitez à Deschambault, le fleuve n’est jamais loin.  Vous ne le voyez peut-être pas, mais souvent vous le sentez et les goélands qui font la course en criant jusqu’au bout des terres, annoncent sa présence.

Je le dis parce que j’en suis convaincue : même si j’avais la possibilité de faire le tour du monde,  je sais que le seul endroit où je veux vivre, c’est dans ce village qui m’a vu naître et grandir, qui a abrité ma jeunesse, mes amours, ma famille, et qui bercera, je l’espère,  ma vieillesse jusqu’à la fin!

(Paru dans Récits du Bord de l’eau, 2008.)

© Madeleine Genest Bouillé, 29 avril 2016

De poèmes en Histoire…

photos jacmado 270809 162Si Deschambault est aujourd’hui salué surtout par maints photographes et artistes en arts visuels, il a jadis inspiré plusieurs auteurs. D’abord, Albert Ferland, auteur québécois né en 1872, et qui s’est fait connaître par ces œuvres : Mélodies poétiques, publié en 1893, Femmes rêvées, en 1899 et plusieurs fascicules, intitulés Le Canada chanté, entre 1908 et 1910. Dans un poème intitulé Visage du Pays dans l’aube, dont je cite un court extrait,  ce poète et dessinateur autodidacte, chante les beautés du fleuve, entre Deschambault et Lotbinière :

Visage du pays dans l’aube, je te chante
Je vous aime, ô caps bleus qui semblez dans l’attente
Du baiser du jour clair et des reflets de l’eau;
Vers vous, bords endormis, vole ce chant nouveau.
Salut, clochers muets qui guettez la lumière,
Vous dont le jet d’étain pointe sur Lotbinière,
Et vous, gravement gris sur ce cap sombre et beau,
Surgis parmi les pins, clochers de Deschambault!…

Bernard Courteau, auteur dont la famille est originaire de Deschambault, a publié plusieurs livres sur Émile Nelligan, sa vie et son œuvre. Dans un recueil de poésie  intitulé Les Labyrinthes, publié en 1975, il dédie « à son père » ce beau poème :

Lorsque sur Deschambault, les grands vents voyageurs
Grondent dans des brouillards que les rochers grafignent
Ou que les pluies d’hiver viennent tendre leurs lignes
Entre le phare et l’aube en de vagues blancheurs

photos jacmado 270809 149Qui dérivent sans bruit vers la nuit des falaises
Mon village est navire et porte les antans
Gestes faits de sagesse, au sein de ses haubans…

Inondant la batture en buissons de feu frais,
En amont des midis mon village est forêt
Où l’enfance est feuillage et les vieux sont racines.

Vers la fin du XVIIIe siècle, Charles-Denis Dénéchaud, alors curé de Deschambault, avait composé des vers qui, d’après un critique inconnu « nous donnent une description chaste et précise  de ce beau paysage ». Le poème était écrit en latin selon une coutume du temps. Le critique mentionne que « ces vers furent d’abord assez mal traduits en français, mais que,  finalement, on les a rétablis comme suit : »

Église Deschambault - Extérieur - nb - 010K1 845Deschambault
Sur un mont escarpé que cent beaux pins couronnent
De leur feuillage épais, les ombres t’environnent.
La vapeur et les vents conduisent les vaisseaux
Sur un fleuve profond orgueilleux de ses eaux.
Sur toi, séjour heureux, souffle le doux zéphir
Pour t’orner, avec art, la nature conspire.

 Une notice suit cette page. On y apprend que « cette traduction est due à la plume intelligente de M. Jacques Paquin, prêtre, décédé en 1847 à Saint-Eustache, Bas-Canada. »

Qui était ce Jacques Paquin, prêtre catholique et auteur? Jacques Paquin, né le 8 septembre 1791 à Deschambault, était le fils de Paul Paquin, cultivateur, et de Marguerite Marcot.  Ma recherche m’a appris que c’est dans une famille de cultivateurs que Jacques  a passé toute son enfance. Son père était aussi sacristain. Le jeune Jacques ayant exprimé à ses parents son désir de devenir prêtre, en bons catholiques, ceux-ci ne s’opposent pas à ce projet. Il est donc ordonné prêtre en 1814 et en 1815 il obtient la cure de Saint-François du Lac et de la mission d’Odanak qui y est rattachée. Plus tard, on le retrouve curé à Saint-Eustache durant les troubles de 1837.

Photo: Christopher Chartier Jacques 2009, © Ministère de la Culture et des Communications.

Photo: Christopher Chartier Jacques 2009 © Ministère de la Culture et des Communications.

Jacques Paquin est l’auteur d’une brochure intitulée Journal historique des évènements arrivés à Saint-Eustache, pendant la rébellion du comté du Lac des Deux-Montagnes (Montréal 1838).

Jacques Paquin,  fils de Paul, est donc apparenté aux Paquin de Deschambault.

© Madeleine Genest Bouillé, 28 mars 2016