Ces « Jean » que je préfère…

Non, je ne vous révèlerai aucune nouvelle scandaleuse…  pas non plus de squelette dans le placard! Je veux seulement vous parler de mes auteurs préférés. La liste serait longue de ces écrivains qui meublent mes loisirs de leurs œuvres littéraires: roman, poésie, histoire, bandes dessinées, enfin de tout! Je m’en tiendrai seulement aux écrivains québécois, plusieurs noms me viennent à l’esprit; parmi les anciens, je cite Marie-Claire Daveluy (qui a bercé mon enfance avec ses personnages sortis tout droit de notre manuel d’Histoire du Canada), Adjutor Rivard, Félix-Antoine Savard, Pamphile Le May. Plus tard, j’ai lu et relu les œuvres de Germaine Guèvremont, Gabrielle Roy, Félix Leclerc et combien d’autres!

De cette liste d’écrivains talentueux, deux noms retiennent mon attention; tout d’abord celui de Jean Provencher, un historien qui selon moi rend l’Histoire aussi passionnante qu’un roman, et ça c’est un tour de force! Le deuxième, ou plutôt je dirais « ex-aequo », c’est Jean O’Neil, un journaliste aux multiples talents. Un auteur qui dans un même livre peut nous entretenir d’histoire, de géographie, de politique même, tout en glissant ici et là quelques poèmes qui parlent d’amour… le tout assaisonné d’un brin d’humour! Ces deux auteurs, chacun à sa façon, nous instruisent sur l’histoire du Québec, sa géographie, ses coutumes, ses Grands hommes et ses Grandes dames, et plus encore, ils nous font aimer ce pays qui est le nôtre!

Je vous parle tout d’abord du plus jeune, Jean Provencher. Né en 1943, un contemporain donc. La liste de ses œuvres est impressionnante!  Dans sa biographie, je lis qu’il a été le premier biographe de René Lévesque. Avec Luc Lacoursière et Denis Vaugeois, il est aussi l’auteur en 1968 du premier manuel d’histoire utilisé dans les polyvalentes. En 1996, il a participé à l’élaboration d’un nouveau programme du cours « Histoire du Québec et du Canada ».

Jean Provencher (photo: R. Boily, Le Devoir).

Seulement pour son ouvrage Les Quatre Saisons dans la vallée du Saint-Laurent, Jean Provencher a reçu en 1989 le Prix Sully-Olivier de Serres. On dit qu’il est le seul au Québec et au Canada à avoir reçu ce prix depuis Germaine Guèvremont qui s’est mérité ce prix Français en 1946 pour son roman Le Survenant. Toujours pour son livre sur les saisons du Québec, il se mérite en 1989 le Prix de l’Union des éditeurs de langue française du Québec, de France, de Belgique et de Suisse. Lors de la parution des « Quatre saisons », chacune faisait l’objet d’un livre, alors que maintenant, les quatre parties de l’œuvre sont réunies en un seul volume de 590 pages. Ce n’est pas qu’un livre, c’est un monument! Un monument à la gloire de cette Vallée du Saint-Laurent qui, à mon avis, est le plus beau pays du monde.

En 2013, j’ai eu le plaisir de recevoir en cadeau ce livre dans lequel à chaque saison, je retourne puiser quelque bribe d’histoire, qu’il s’agisse de température, d’habitation, de travaux ou de fêtes; tout est là! J’ai aussi, du même auteur, L’histoire du Vieux-Québec à travers son patrimoine, livre paru en 2007. Pour cet ouvrage, Jean Provencher a obtenu en 2009 une Mention d’honneur dans le cadre des Prix du patrimoine de Québec. C’est un autre trésor de ma bibliothèque, où il a sa place entre Les Quatre Saisons dans la vallée du Saint-Laurent et Les Gouttelettes, recueil de sonnets de Pamphile Le May, paru en 1937.  En 2011, à l’occasion des Journées de la Culture, notre bibliothèque locale a eu  le privilège de recevoir Jean Provencher, pour une conférence sur « Les saisons en 1900 ».  Avec un tel conférencier, le temps passe et on ne s’en aperçoit pas!  Cette soirée du 1er octobre 2011 demeurera selon moi, une des plus belles activités culturelles de la Biblio du Bord de l’eau!

Mon deuxième Jean est né le 16 décembre 1936, à Sherbrooke, si j’en crois les  références biographiques que j’ai trouvées sur Internet. Mon deuxième favori a donc l’âge vénérable de 81 ans et demi! J’ai aussi appris qu’il vit depuis plusieurs années à Paris. Il a commencé sa carrière comme journaliste  en 1958.  À compter des années 60, il a aussi été agent d’information au ministère des Affaires Culturelles, des Affaires Intergouvernementales, de l’Éducation, de la Santé et des Services sociaux ainsi qu’à l’Office de la langue française. Si je comprends bien, on se l’arrachait! Malgré ses commentaires pour le moins, acérés, surtout quand il est question de politique, Jean O’Neil a un style unique, agrémenté d’une bonne dose d’humour et parsemé de poésie.  Ai-je besoin d’ajouter que c’est justement le genre d’écriture qui m’accroche? Les livres de Jean O’Neil sont des livres qu’on relit, et pas rien qu’une fois! J’en ai quatre et je les ai lus plusieurs fois chacun: Le Fleuve, sûrement mon gros coup de cœur, Le Roman de Renart, une fable que M. de La Fontaine n’aurait pas reniée, Les Montérégiennes et Mon beau Far-Wes»… mais ma collection ne s’arrêtera pas là, je vous l’assure!

Faites comme moi, profitez des grosses chaleurs pour lire… ce n’est pas fatigant et c’est le plus beau passe-temps qui soit!

© Madeleine Genest Bouillé, 5 juillet 2018

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