Allons voir cet enfant

Voici le temps où l’on aime se rassembler
Comme jadis à la crèche, les bergers.
C’est la fête, on offre des présents,
À ceux qu’on aime évidemment…

En regardant bien là-haut, on voit l’étoile,
À moins que le ciel, de nuages se voile…
Suivons quand même jusqu’au bout
La route qui nous mène à cet Enfant si doux.

Au milieu de nos festins, de nos rires, de nos chants,
Entre les visites des parents, des amis,
Allons gaiement voir le Messie !
Blotti auprès de sa maman…

Il tend les bras ce Divin Enfant,
Et nous promet comme dans l’ancien temps
Malgré nos oublis, pour calmer nos alarmes,
La Paix et tous ses charmes !

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© Madeleine Genest Bouillé, décembre 2010

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Élégie

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Les feuilles qui tombent au bois,
Comme des oiseaux dorés
Aux ailes blessées,
Emportent avec elles, les larmes, les joies,
Tout ce qui fut l’espace d’un été
Et restera au cœur, à jamais gravé.

Les feuilles qui tombent en silence,
S’étalent au sol en un tapis
Où pêle-mêle, regrets et nostalgie,
Forment tissu de souvenance…

automne-2015hiver-2016-011Étincelant un instant au soleil,
Les feuilles d’or ou de vermeil
Dans leur course folle,
Sont pareilles à ces paroles,
Qui s’accrochent à la mémoire
Y apportant lueur d’espoir.

Quand vous danserez, toutes belles,
Votre farandole dans le ciel,
Ô feuilles! Un matin vous viendrez
Hélas! mourir sur la terre gelée…

Feuilles qui tombez au bois,
Comme ces oiseaux dorés
Aux ailes abimées,
Emportez  mes rires, mes soupirs,
Tout ce que fut cet été passé,
Mais laissez-moi mes souvenirs!

© Madeleine Genest Bouillé, 11 octobre 1996

Chanson triste

Il pleut ce soir, ami, j’ai le cœur gros…
Du ciel noir, la nuit tombe trop tôt.
De larmes contenues,
Mes yeux n’en peuvent plus.
Ah! Que vienne, que vienne demain…
Que mon cœur reprenne vie au frais matin!

Il pleut sur mon âge, j’ai le cœur gros…
Dans mon miroir, le jour éclaire trop
L’histoire racontée
Par mes traits fatigués.
Ah! Qu’il arrive ce lendemain…
Et jeunesse captive au creux de mes mains!

Il pleut sur ma vie, j’ai le cœur gros…
Les journées se sont enfuies si tôt,
Il ne reste d’elles
Que souvenirs rebelles.
Ah! Que passe, ce temps incertain…
Ami, que tu viennes effacer mon chagrin!

Il pleut dans ma tête, j’ai le cœur gros…
Tout est à l’envers, je ne sais trop
Lequel de mes soucis
A mon ciel assombri.
Ah! Que vienne, que vienne demain…
Que ma chanson si triste s’achève enfin!

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© Madeleine Genest Bouillé, septembre 2016

Reflets

Arbres, maisons, reflets verts, bleus, blancs,

Jeux d’eau calme, miroir déformant…

Graffitis roses sur la pierre des rochers

En désordre,  sur la grève éparpillés…

Envers du ciel, envers du décor

Dessin qui s’effiloche sur les bords.

Reflet changeant qui vient mourir à nos pieds,

Dans un soupir à peine exhalé.

Au gré de la lumière… au gré du vent,

Avec la marée qui monte ou qui descend.

 

© Madeleine Genest Bouillé, 8 juillet 2016

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Nos belles folies

500x675_3142Quand les mille feuilles avaient  MILLE  feuilles…
Quand les « Mae West »  étaient aussi dodus
Que l’actrice dont c’était le nom.
C’était l’bon temps, garanti!
Pas croyable, tout ce qu’on pouvait acheter
Pour seulement 10 cents :
Un Coke, un  Cream Soda, un sac de chips
Un sac de « pinottes », une Orange Crush;
10 cents, rien que ça!

IMG_20160521_0001Quand la télévision est arrivée,
Ceux qui l’avaient étaient privilégiés.
Mais, je vous dis qu’ils en avaient d’la visite!
« Sa Mère, ôte ton tablier, vite! »
« Ben non, Pépère, pas besoin de se changer,
Ils nous voient pas, là, les acteurs dans la télé! »
La Famille Plouffe, la Soirée de lutte, Cap-aux-Sorciers,
Radisson, le Survenant, Un homme et son péché…
Et le dimanche soir, le « Ed Sullivan Show ».
C’est là qu’on a vu ELVIS pour la première fois!
On en revenait pas… Il était donc ben beau!
Puis quand il a chanté « Love me tender », Ah là!
On a braillé, je vous le cache pas!

IMG_20160521_0002Quand on allait au Mois de Marie,
Par les beaux soirs de mai à 7 heures et demie.
Ça nous faisait une bonne raison
Pour rentrer plus tard à la maison.
C’était donc plaisant d’être catholique!
Aller à l’église, le soir, c’était ben pratique.
En revenant on se pressait pas…
Derrière le Vieux presbytère on cueillait du lilas…
En faisant semblant de pas voir passer les gars…
Mais on parlait fort, on riait aux éclats.
On chantait : « Ave Maris Stella, des springs, pis des matelas »
On virait les cantiques à l’envers, plus folles que ça, ça se peut pas!

Quand au mois de juin, on s’installait sur la galerie pour étudier,
En regardant passer les autos, les bicycles, surtout les gens à pied.
On étudiait très fort : la géographie, l’Histoire du Canada,
1759, 1760, Wolfe, Montcalm… « Aïe c’est qui celui-là? »
On repassait tout le Régime français en écoutant le beau Paul Anka.
Paul_Anka_1961Sur le petit transistor : « Put your head on my shoulder… »
« C’est quand donc, l’intendant Talon? »
« Je le sais-tu moi, on écoute la chanson. »
Les soirées étaient douces… l’été était déjà là.
On avait tellement pas le goût de rentrer,
Plus studieuses que ça, ça se peut pas!

Quand enfin arrivait les vacances d’été,
On posait pas la question : « Où on va cette année ?»
On prenait des marches, on s’assoyait sur la galerie pour placoter.
On allait quelquefois visiter les « mononcles »,  les « matantes », la parenté.
On ne manquait pas une partie de balle;
On encourageait de notre mieux les équipes locales.
On criait quand il le fallait même si on suivait pas le jeu…
On savait le nom des joueurs : Ti-Pierre, Ti-Jacques, Ti-Zon, Ti-Bleu…
Des fois, il venait un cirque : le Cirque Touzin, ça s’appelait.
C’était la grosse foire! Les jeunes, les vieux, tout le monde y allait.
Il s’en est fait, des belles rencontres, à côté de la Grande Roue!
Entre deux tours de manège, au son de « Waterloo »…

cornet-frites-froisse-blanc-1-640Quand on allait à « la roulotte à patates frites »
Chez M. Audet, pour 25 cents on avait un Coke, une frite.
Dire qu’y en a qui disent que la friture, ça pue!
Maintenant  il n’y a plus que le parfum du B.B.Q.!
La bonne odeur des frites, un peu vinaigrée…
C’est l’arôme même de nos belles années!
On revenait en placotant, en riant, en chantant…
Les gars en bicycle nous criaient, chemin faisant…
À notre tour, on les reluquait sans en avoir l’air
On se pensait bonnes, puis on était donc fières!

Quand les milles feuilles avaient MILLE  feuilles…
La vie était un énorme mille feuilles!
Qu’on dégustait sans s’écœurer,
Qu’on émiettait sans y penser,
Qu’on gaspillait sans se soucier,
Comme si ça allait toujours durer.
Quand les mille feuilles avaient… MILLE feuilles!

Écrit  un beau soir du mois de mai au début des années 2000

© Madeleine Genest Bouillé

Tombe la neige

Poème

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Tombe la neige, sur le temps joyeux de notre enfance,
Où nous vivions du printemps l’innocence,
Alors que tout nous paraissait possible,
Nous étions alors invincibles!

Tombe la neige, sur le temps heureux de notre jeunesse,
Où nous voguions sur une mer d’allégresse,
Vers des pays où tout nous était promis.
L’avenir nous appartenait, c’était l’été de la vie!

Tombe la neige, sur le temps fertile des labeurs
Que nous vivions sans souci et sans peur!
L’automne rayonnait des couleurs de l’espérance
Nous étions alors remplis de confiance.

Tombe la neige, sur le temps paisible de notre hiver.
Encore une fois, Noël nous est donné
Avec ses chants, sa joie, ses lumières…
Qu’il nous apporte la Paix, la Santé, la Prospérité!

© Madeleine Genest Bouillé, décembre 2015

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Il neige…

Poème

Il neige un peu ce soir…
Les enfants sont contents
Dans leurs yeux brillent l’espoir
Et la joie d’un Noël tout blanc.

Il neige et déjà tout est blanchiver 2008 046
Les champs, les arbres, ma vieille clôture…
Tout est recouvert d’un manteau charmant
Les voix se taisent dans l’air pur.

Il neige et c’est le plus beau des présents
La nature nous l’offre si généreusement
Le Père Noël n’a vraiment rien de mieux
Pour nous émerveiller et nous rendre heureux.

056 (2)Que votre Noël soit vraiment joyeux.
Et que l’An Nouveau soit pour vous
Rempli d’amour, de bonheur,
Le tout assaisonné de douceur!

© Mado, décembre 1976

Pas déjà l’automne!

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C’est pas déjà l’automne!

Sur le calendrier,

Il reste encore deux semaines d’été…

 

Aujourd’hui, l’air sentait la pomme,

Quand je suis allée marcher.

Je vais faire ma confiture d’automne,

Pommes, poires, pêches et prunes sucrées.

 

confitures_c_thinkstockC’est pas vraiment l’automne!

J’ai bien regardé,

Il reste deux bonnes semaines d’été…

 

J’ai rangé ma petite robe en rayonne

Et plusieurs vêtements trop légers.

Si c’est pas l’automne, c’est tout comme!

Aujourd’hui les fenêtres sont demeurées fermées.

 

Voyons donc! Pas déjà l’automne?

À bien y penser,

L’été vient à peine de commencer…

 

On sent passer un petit vent qui frissonne

Et nous donne le goût de s’encabaner.

Comme ça serait bon, une tarte aux pommes,

Toute chaude avec de la crème glacée!

 

Ne me dites pas que c’est l’automne!

Certain, on s’est pas trompé?

Hier encore, c’était l’été.

 

IMG_20150907_0001Sors les « châssis doubles », mon homme!

Puis oublie pas de les calfeutrer.

Le chat fait des manchons et il ronronne

Ça sera pas long qu’il va y avoir une gelée!

 

Vraiment, il est bien là, l’automne!

C’est seulement sur le calendrier

Qu’on est encore en été…

 

© Madeleine Genest Bouillé, 8 septembre 2014

Gaspésie

Cap plus Rocher v2

 

Ancrée au bout de la terre…
Inclinée comme la voile face au vent,
Tu t’élances dans la mer
Qui t’accueille, t’enlace et te prend.

Tes falaises au matin rougeoyant
Montrent leurs flancs blessés
Pendant qu’à leurs pieds les Fous de Bassan
Chantent leurs amours retrouvées.

Solitaire, comme un navire démâté
Qui ne peut plus naviguer
Ton rocher transpercé reste amarré
À la côte qu’il ne pourra jamais quitter.

Tout au long des rives mouvantes
De ta Baie des Chaleurs
Des hameaux se nichent au creux de tes anses
Ou se perchent sur des caps aux mille couleurs.

Verdoyante en été, blanche en hiver,
Bordant le lac, longeant la rivière,
Matapédia, belle vallée!
Chez toi, il fait bon se reposer.

Gaspésie, pays immense et indompté,
Te découvrir, c’est t’adopter!
Loin de toi, je garde l’espoir
D’un jour enfin te revoir!

© Madeleine Genest Bouillé, 12 juillet 2013

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