Des vacances « tout inclus », pas chères du tout!

Premières images des vacances du temps où j’allais au couvent : d’abord ranger l’uniforme noir et sortir les petites robes de coton de l’été d’avant, robes qu’il fallait bien rallonger parce que j’avais grandi. Ensuite, laisser mes cheveux libres, pas de tresses, pas de rubans que je perdais régulièrement. Déjà, la vie était plus belle!

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Plaisirs de vacances au bord du fleuve!

À cette époque, les vacances, ça se passait – sauf rare exception – à la maison, dans les champs, près du ruisseau, au bois pour cueillir des petits fruits et au bord du fleuve. Près de la maison entourée de champs, il y avait des buissons de cerisiers sauvages le long des clôtures. Comme mes frères, je grimpais aux arbres, quoiqu’un peu moins haut car ma mère me défendait d’aller plus loin. J’entends déjà la question horrifiée : « Grimper aux arbres? En robe? » Sachez, amis lecteurs, que les sous-vêtements du temps étaient conçus pour décourager tout regard intempestif. Il s’agissait de pantalons bouffants munis d’un élastique sur la cuisse et dont la jambe descendait au moins jusqu’à deux pouces au- dessus du genou. De plus, si j’avais le droit de monter dans les arbres, il ne fallait en aucun cas déchirer ma robe. Ma carrière dans l’escalade n’a donc pas duré longtemps. À vrai dire, je n’aurais quand même pas été loin dans ce domaine, car déjà j’avais le vertige dès que je montais sur une chaise!

C’était les vacances quand maman disait : « Il fait trop chaud pour allumer le poêle, on mange des sandwiches! » C’était la belle vie. On ne s’en lassait pas! Parfois, on étendait une couverture sur l’herbe derrière la maison et nous faisions un pique-nique. Tout était meilleur quand on mangeait dehors! Un autre souvenir délectable me revient : toujours par les journées de grande chaleur, pour ne pas avoir à cuire un dessert pour le dimanche, parfois maman achetait du boulanger un gâteau « trois couleurs ». J’ai toujours la nostalgie de ce gâteau rose, blanc et brun qu’elle découpait en parts rigoureusement égales et qui faisait notre délice.

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Une partie de la gang au 3e Rang pour l’un de nos pique-niques. On voit l’auto de M. Frenette.

Les pique-niques étaient toujours les bienvenus. Quand on allait se baigner au fleuve, soit avec papa quand il était en vacances, ou encore, sous la bonne garde de notre grande sœur, il arrivait qu’on apporte un goûter qu’on dégustait sur la grève. Chaque été, habituellement en août, nous allions faire un pique-nique sur la terre à bois de mon grand-père au 3e Rang. Pour se rendre, nous prenions le taxi de M. Frenette. Les tantes et les cousins étaient de la partie. Maman m’a raconté que lors d’un des derniers voyage au 3e Rang, nous étions dix-huit. Ne me demandez pas de quelle façon nous nous sommes rendus… Ceci reste pour moi un mystère! Après le dîner, certains des convives s’étendaient sur l’herbe pour une petite sieste avant d’aller cueillir des bleuets. Pour les plus jeunes, les jeux ne manquaient pas, on pouvait même pêcher dans la rivière Belle-Isle qui coulait paisiblement dans la clairière.

La robe que j'étrennais fièrement lors de notre visite  à St-Basile...

La robe que j’étrennais fièrement lors de notre visite à St-Basile…

Un dimanche au cours de l’été était réservé pour la visite chez l’oncle Jean-Paul, le frère de maman, à Saint-Basile. Encore là, ce voyage se faisait avec les tantes, cousins, cousines; aussi, il n’y avait que quelques privilégiés qui étaient de la partie. Vers l’âge de quatorze, quinze ans, j’eus enfin le bonheur d’être admise à ce voyage, où je pouvais rencontrer mes cousines et cousins. Mon oncle Jean-Paul était cordonnier comme son père, mais il pratiquait son métier dans le village de Saint-Basile, d’où son épouse était originaire. Je me souviens que, lors de la rentrée scolaire, notre professeur nous demandait toujours de raconter « notre plus beau voyage de vacances ». Parmi mes compagnes, certaines, plus fortunées, avaient le loisir de relater des voyages de plusieurs jours, de la Gaspésie jusqu’à Old Orchard. Généralement, j’inventais des petits voyages, à Trois-Rivières, à Ste-Anne-de-Beaupré… je ne devais quand même pas exagérer. Je n’avais jamais été bien loin. La dernière année où j’eus à exécuter cette détestable rédaction, j’ai tout simplement raconté mon dimanche à Saint-Basile, j’y ai mis les bons petits plats de tante Bernadette, la belle robe neuve que j’étrennais pour l’occasion, les rires et la musique qui animait toujours nos rencontres avec la famille Petit. J’avais terminé en soulignant le fait que cette journée était la plus belle de toutes mes vacances! J’y avais mis tout le plaisir que cette journée représentait pour nous. Ce n’était pas tellement exotique, mais j’avais cependant récolté une note plus appréciable que quand j’inventais… Nos vacances ne coûtaient vraiment pas cher, mais c’était une suite de petites joies dont nous nous souvenons avec bonheur!

© Madeleine Genest Bouillé, 3 juillet 2015

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