Bonjour Noël!

Une autre chanson de Noël qui me rappelle des souvenirs de mes jeunes années: Bonjour Noël, une chanson joyeuse, qui était chantée au couvent lors du récital de Noël par les élèves de la classe des petits.

« Bonjour Noël! Voici que dans les rues
La neige est revenue
Comme un tapis tout blanc… »

Enfin! Cette année, tout annonce un Noël blanc! Mais il ne faut pas crier « victoire! » trop vite. Si vous avez lu Les caprices de l’hiver, vous savez que Dame Nature peut parfois nous réserver des surprises. Mais quand même, espérons que la neige demeure en place au moins jusqu’après le Jour de l’An, les décorations des Fêtes sont tellement plus belles dans ce décor blanc.

« Bonjour Noël! Bonjour belles vitrines
Qui le soir s’illuminent
Pour la joie des passants… »

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Source photo: Tourisme Portneuf

Ah! les vitrines! Après les catalogues des magasins Eaton et Simpson’s, les vitrines concrétisaient nos espérances de cadeaux. Quand j’étais enfant, il était très rare qu’on nous emmène magasiner à Québec. Ça prenait une excellente raison, soit par exemple, la nécessité d’acheter des chaussures, qu’il fallait essayer. Alors les seules vitrines qu’on connaissait, c’était celles des magasins de Deschambault. La grande fenêtre au deuxième étage du Magasin Paré était toujours joliment décorée pour Noël! J’aimais beaucoup aller au « deuxième » chez Paré, surtout à ce temps de l’année. En bas, on trouvait les choses utiles : la « grocerie », les « cannages », les outils, la peinture; la seule denrée intéressante pour les enfants, c’était les bonbons. En décembre, il y en avait pour tous les goûts! Des « tuques » en chocolat, des bonbons français, des bonbons durs de toutes les couleurs, sans oublier les petits poissons rouges et blancs, à la cannelle ou au clou de girofle. Au « deuxième », il y avait toutes sortes de belles choses : de la vaisselle et des bibelots, des coutelleries, de la lingerie fine, et puis, évidemment, des jouets! Je me souviens de l’épouse de Monsieur Narcisse Paré – c’était du temps où les femmes portaient le nom de leur époux – elle régnait sur son étage, comme une actrice sur une scène. Plus tard est arrivée Madame Jeannette, l’épouse de Monsieur Raymond, moins gênante et toujours si gentille et souriante. Elle était secondée par Mademoiselle Bibiane, une personne un peu effacée, qui ne parlait pas fort, mais qui cadrait bien elle aussi dans ce décor victorien. Vraiment, le deuxième étage de notre magasin général, c’était un étage « pour Dames »!

« Les petits nez s’écrasent
Pour mieux les admirer.
Et les yeux pleins d’extase
Sont tout émerveillés. »

Juste en face de la rue de l’Église, était situé le magasin de Mademoiselle Corinne Paris, celui que mes enfants appelaient « le petit magasin vert ». Au temps des Fêtes, la vitrine était illuminée et Mademoiselle Corinne y exposait diverses choses à offrir en cadeaux. Sur l’annonce publicitaire, on lisait « marchandises sèches et cadeaux ». L’expression « marchandises sèches » désignait une foule de choses, dont les seules qui étaient comestibles étaient les bonbons, chocolats et pastilles pour la toux! Elle avait du choix, Mademoiselle Corinne! Elle tenait des livres, format « poche »… plus tard, je suis devenue une fidèle cliente des « Marabout Mademoiselle ».  On y trouvait aussi du papier à lettre, des cartes de souhaits, des bibelots, des jouets – je me souviens qu’elle vendait de beaux cahiers à découper. Elle avait aussi de la lingerie … qu’elle tenait rangée dans les tiroirs derrière le comptoir.  Elle sortait ses trésors de nylon ou de coton sur demande, et seulement s’il n’y avait pas d’enfant dans le magasin, ou pire encore, un homme!

« Bonjour Noël!  Chacun fait sa demande
Toutes les mains se tendent
Vers les jouets rêvés… »

sears1955À l’époque, on ne faisait pas de liste de cadeaux. On se contentait de mettre des « X » sur les choses qu’on préférait dans le catalogue de Noël… et on espérait! Parfois, quand nous étions allés faire des commissions à l’un ou l’autre magasin, en revenant, on parlait des jouets qu’on avait vus. Mine de rien, on disait: « Mamzelle Corinne, elle a un petit  téléphone, presque pareil que celui dans le catalogue…» ou encore : « En haut, chez Paré, il y a un beau jeu de Serpent-Échelles, je pense qu’il coûte pas trop cher. » On savait déjà qu’il ne fallait pas choisir des objets trop chers! Jusqu’à la veille de Noël, on rêvait en feuilletant le catalogue… Les pages de jouets étaient racornies et marquées de « X » un peu partout, sans compter les barbouillages laissés par les plus jeunes qui ne savaient pas encore faire de beaux « X » ! Heureuse enfance, dont les rêves, étant accessibles, deviennent presque toujours réalité…. Et sinon, c’est que la réalité est encore plus belle que le rêve!

 « Bonjour Noël!  Sonnez, sonnez clochettes!
C’est aujourd’hui la fête de la terre et du ciel.
Bonjour Noël!

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 © Madeleine Genest Bouillé, 19 décembre 2016

Ma lettre au Père Noël

Cher Père Noël,

J’espère que tu es en bonne santé. J’ai appris que tu avais perdu du poids, j’espère que ton costume te va quand même… Si tu voyais notre ministre de la santé, il a tellement perdu de livres qu’il a dû changer sa garde-robe au moins deux ou trois fois. C’est ce qui s’appelle « dégarnir une bibliothèque »! Bon, excuse le jeu de mots, c’était trop facile.

8d1ad910J’imagine que tu dois avoir encore un mois de décembre très chargé, avec beaucoup de commandes, pas toutes faciles à satisfaire. Mais ça, c’est ta vie et j’ose croire que tu es heureux ainsi. Ici, ça va bien, comme on dit « faut pas se plaindre le ventre plein ». Il y a tellement de gens démunis, sans abri, et cela, pas seulement dans les pays pauvres ou en guerre. Même dans notre beau Québec où règne l’abondance, il y a des personnes qui souffrent de la faim et aussi de solitude. Des gens qui, comme Marie et Joseph, ne trouveront pas de place pour passer la nuit de Noël. Je comprends qu’on ne peut pas toujours aider les malheureux, mais le moins qu’on puisse faire, c’est de remercier le ciel – ou qui vous voulez, selon vos croyances – pour tous les biens matériels que nous avons en abondance, et surtout pour  les personnes qui nous entourent et que nous aimons.

Une chose est certaine, le malheur des uns ne peut empêcher les autres d’être heureux. J’ai toujours aimé Noël et le temps des Fêtes et je ne crois pas que cela puisse changer. Malgré que des êtres chers sont partis, malgré les petits ennuis de santé – on ne rajeunit pas – et les inquiétudes dont chacun a sa part, oui, envers et contre tout, j’aime Noël! Chaque année je retrouve cette sorte de « grâce » faite d’un espoir tenace et aussi sans doute d’un reste d’enfance qui ne veut pas s’éteindre, enfin, ce que moi j’appelle « l’esprit de Noël ». Tu dois bien connaître cela, toi aussi, Père Noël, sinon comment ferais-tu pour continuer cette tâche surhumaine qui te fait parcourir le monde chaque  mois de décembre!

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Il serait temps que j’en vienne à « l’essentiel de mon propos ». Qu’est-ce que je demanderais bien pour Noël cette année? Tout d’abord, si tu commençais ta tournée en visitant les enfants malades, ceux dont c’est peut-être le dernier Noël. Il y a aussi tous ces jeunes maltraités, malaimés. Apporte-leur un peu de joie, de douceur. Ce serait un bon début; bien entendu, si tu veux ajouter quelques « bébelles », c’est toujours bienvenu!

pere-noel-5556Je suis encore sortie du sujet pour lequel je t’écris. Qu’est-ce que je vais demander en cadeau cette année? En fait, je veux surtout que ce soit une surprise. Ce n’est pas la grosseur, ni la valeur du cadeau qui compte pour moi, c’est la « surprise »! Tu comprends, c’est pour cette raison que les enfants d’aujourd’hui sont si difficiles à contenter; ils ne rêvent pas, ils ne souhaitent pas : ils commandent. Ils ajoutent même le coût de l’article demandé sur leur liste. Ce n’est pas ça, un cadeau! Elle est où alors, la magie de Noël? Dans l’emballage, peut-être? Sincèrement, comme dans la chanson Trois anges, ce que je désire le plus ardemment, c’est « le bonheur pour tous ceux que j’aime »! Et pourquoi pas aussi ceux que j’aime moins… Quand les gens sont heureux, ils sont plus aimables, n’est-ce pas?

saint-nicolas2Enfin, si tu ne sais pas quoi m’apporter, je vais te faire une confidence : j’aime beaucoup les chocolats de Julie Vachon, notre vaillante chocolatière. J’en achète parfois, mais c’est pour les offrir, pas pour moi! Je ne saurais lesquels choisir, ils sont tous aussi excellents les uns que les autres! Si c’est trop te demander, ne te casse pas la tête, deux ou trois « Cherry Blossom », ça fera l’affaire.

Merci, cher Père Noël de m’avoir lue jusqu’au bout et merci à l’avance pour le cadeau. Je te souhaite un Joyeux Noël et une très bonne année 2017!

Mado  Genest

© Madeleine Genest Bouillé, le 12 décembre 2016

Mes jouets préférés

IMG_20141128_0001_NEWQuand approche le temps des Fêtes, j’ai plaisir à me rappeler les jouets que j’ai reçus dans mon enfance, surtout ceux que j’ai préférés entre tous. L’année de mes huit ans, si ma mémoire est bonne, j’avais écrit au Père Noël, et dans cette lettre, je lui demandais un téléphone et une maison de poupée. J’avais sans doute remarqué ces jouets dans le catalogue, soit chez Eaton ou chez Simpson’s. Sur la photo, où assise près du sapin dans ma belle robe en taffetas écossais rouge, je tiens précieusement un petit téléphone « à cadran », on voit bien la maison de poupée. C’était sans aucun doute l’année de la lettre au Père Noël! Je la revois… ma belle maison en carton! Elle était bleue avec des auvents bleus et blancs. À l’intérieur, il y avait de petits meubles en plastique. J’étais sûrement très contente d’avoir reçu les cadeaux que j’avais demandés; étant donné que je commençais à douter un peu de la réalité du Père Noël… J’ai dû être rassurée pour un bout de temps!

849900_TZ3Q1L2PLOK7B7JYDD6UCOQTTEHNPT_marievivie122_H085504_LCurieusement, je n’ai pas de photos prises avec un de mes jouets préférés. Parmi ces jouets qui ont marqué mon enfance, il y a tout d’abord les poupées en papier, qu’on nommait aussi des « cahiers de découpage ». Seule ou avec mes amies, comme j’ai joué avec ces demoiselles de papier! Dans un grain de sel publié en juin, je vous parlais des poupées de papier, du plaisir que j’avais à les habiller, les faire parler, chanter et danser! Je pouvais passer des heures à inventer une vie à ces personnages. Sans en être consciente, j’avais déjà le goût de raconter des histoires!

81TveXgGnXLL’autre jouet qui prend une place privilégiée dans mes souvenirs, n’est pas à proprement parlé un jouet; il s’agit de mon premier album de bandes dessinées, Tintin en Amérique. J’ai commencé très tôt à lire et je ne me souviens plus exactement en quelle année j’ai reçu cet album. Mais je l’ai lu et relu…. Je lis beaucoup de livres, sérieux ou non, mais j’aime toujours autant les bandes dessinées : Astérix, Lucky Luke et combien d’autres! Mais disons que j’ai gardé un petit faible pour Tintin.

OLYMPUS DIGITAL CAMERALe jouet qui est resté pour moi la merveille des merveilles, c’est mon View-Master. J’étais âgée de dix ans quand je l’ai reçu. C’était avant la télévision et les images que je voyais à l’aide de ce petit appareil me transportaient dans des univers inconnus pour moi. Trois disquettes accompagnaient la visionneuse. Ma préférée était le film de Disney, La veille de Noël. J’ai encore bien présente à ma mémoire l’image représentant le traîneau du Père Noël, attelé de ses rennes, traversant une nuit d’un bleu si profond… je demeurais de longues minutes rivée à cette vision de rêve! Mes autres disques représentaient Les chutes du Niagara et Le Rocher Percé. Avec mon View-Master, j’ai fait ces deux voyages je ne sais combien de fois.

Le dernier, mais non le moindre, c’est un jouet que mon père avait acheté pour les plus jeunes de la famille. Je me rappelle que parfois nous recevions ainsi un cadeau que nous partagions, jeu de construction ou de société, jeu de hockey sur table. Cette année-là, il s’agissait d’un kaléidoscope. Pas une lunette en carton avec des morceaux de plastique, non! À l’intérieur de notre kaléidoscope, s’étalaient des éclats de verre de toutes les couleurs. Les plus jeunes regardaient quelques minutes, puis ils passaient à autre chose. Mais nous, les trois plus âgés du groupe des « petits », nous réclamions tour à tour le jouet : « Encore un peu!…  Tu l’as eu plus longtemps!… Non, c’est toi… » Les parents devaient intervenir pour éviter les disputes, tellement nous étions émerveillés par ces jeux de couleurs et de lumière qui changeaient sans cesse. Le meilleur moment de la journée pour utiliser le kaléidoscope, c’était le soir, à la lumière électrique. C’était féérique! Il me semble qu’après, quand nous allions nous coucher, nous devions faire de bien beaux rêves!

IMG_20151210_0001Je termine avec une phrase tirée d’un film des années cinquante. En anglais, le titre est An affair to remember; en français, on l’a traduit par Elle et Lui. Ça dit comme ça : « L’hiver doit être bien froid pour ceux qui n’ont pas de chauds souvenirs! »

© Madeleine Genest Bouillé, décembre 2015

La liste de cadeaux

Aimez-vous les échanges de cadeaux du temps des Fêtes? Pour ma part, j’aime bien ces échanges où chacun a pris le soin de choisir un présent pour l’offrir en cadeau à quelqu’un en particulier. C’est toujours un moment de plaisir, qu’on ne vit qu’une fois par année! Dans ma famille, au cours des premières années après mon mariage, nous nous offrions des cadeaux entre nous : frères, sœur, conjoints, et nous en offrions aussi aux neveux et nièces, à mesure qu’il en arrivait. Il faut dire qu’à cette époque, il y avait beaucoup de choix pour pas trop cher. D’ailleurs, ce n’était pas la valeur monétaire du cadeau qui comptait, c’était le plaisir de la surprise. Nous faisions aussi des cadeaux à nos filleuls et aux parrains et marraines de nos enfants… Ça n’en finissait plus! Vint un temps où la famille s’étant agrandie, il commençait à y avoir pas mal de monde et le coût des cadeaux augmentait évidemment. On ne trouvait plus grand-chose pour cinq dollars!  Quelqu’un a alors suggéré que chacun pige le nom d’un membre de la famille et qu’on fasse ainsi seulement un cadeau. Nous étions alors dans les années 70. Nous sommes donc devenus des adeptes de cette coutume. Tout naturellement, cette tradition s’est continuée chez nous, avec les conjoints et conjointes, dès qu’il y en eut.

IMG_20151205_0002Évidemment, un échange de cadeaux, ça implique tout d’abord que chacun, chacune, pige le nom d’une personne, dont le nom demeurera secret… enfin, je devrais dire « devrait demeurer secret »! Vous raconter les investigations pour réussir à savoir qui a pigé qui… il y en aurait pour plusieurs pages. Cela fait partie du jeu! Comme la liste de suggestions de cadeau est accrochée à la Maison-mère, c’est-à-dire chez nous, les participants viennent écrire leur choix de cadeaux et, le plus discrètement possible, consulter la liste pour connaître les désirs de la personne qu’ils ont pigée. La fameuse liste est généralement affichée en début de décembre; en même temps, l’enveloppe contenant tous les noms des participants est disponible. Nous sommes maintenant plusieurs adultes, incluant les aînées de nos petits-enfants, il devient alors difficile que tous soient présents pour faire la pige. Dommage, cela apportait une certaine solennité à la chose! Mais il faut ce qu’il faut. Les intéressés passent donc à tour de rôle prendre le précieux petit papier qui leur est destiné.

La liste des noms des participants s’étale sur plusieurs pages, de façon à laisser place pour plusieurs suggestions. C’est qu’on trouve de tout sur cette liste! Je vous donne un aperçu à partir de celles que j’ai conservées depuis 1995. On y retrouve, entre autres, « des VRAIS bas de VRAIE laine », « des grosses pantoufles-bibittes drôles », cet item est revenu au moins trois fois! Que diriez-vous d’un « parfum qui sent bon »? À quelques reprises, une participante a mentionné « des boucles d’oreilles discrètes »… à la condition que ce soit une femme qui l’ait pigée! Je suis perplexe quand je retrouve quatre fois « un coffret de thés, pas des tisanes ». Y aurait-il eu un manque de compréhension de la part des donateurs? Les demandes sont très variées, cela passe des « draps avec des moutons » aux « bibelots faits de matériaux insolites, aux couleurs insolites », en passant par « des caramels Kraft » et « des Chips Cape Cod »!

Parfois il faut attendre longtemps avant de recevoir le cadeau qu’on désire plus que tout. C’était certainement le cas pour le « marteau de porte » qui s’est retrouvé cinq fois sur la liste et le « couvre-volant en minou », tout autant! La persévérance mène à tout, et même à recevoir plus qu’on a demandé. Ainsi, la participante qui demandait en 1997 « un beau livre sur l’Écosse ou l’Irlande », a visité ces deux pays entre 2010 et 2012! Quelques années auparavant, elle avait mentionné qu’elle désirait « un gars beau, gentil, serviable, calme, drôle, poli… pas de moustache »!

On peut écrire n’importe quoi sur une liste de cadeaux. Un participant est passé de « une blonde » à « une rousse »… une autre année, c’était « une bonne job », puis « du temps et de l’argent ». Deux participants ont réclamé « un char ». Comme demandes bizarres, il y avait « du pipi de jument » et « un chameau ». La meilleure demande que j’ai trouvée et qui est revenue cinq ou six fois, c’est sans contredit : « la Paix aux hommes de bonne volonté! » Et finalement, pour ceux qui préfèrent vraiment les surprises : « Quelque chose qui n’est pas sur la liste ».

Nul besoin de vous dire que j’ai hâte de lire les suggestions de cadeaux qui ne devraient pas tarder à faire leur apparition sur la liste de cadeaux de 2015…

© Madeleine Genest Bouillé, décembre 2015