Douce nuit

Ô nuit de Joie, douce nuit!
Soyons heureux, oublions les soucis…
Ce soir, c’est de nouveau Noël!
Allons vers Celui qui nous appelle…

nativite-5Ô nuit d’Espoir, douce nuit!
L’enfant qui est né cette nuit
A entendu nos prières,
Il vient soulager nos misères…

Ô nuit d’Amour, douce nuit!
C’est grande fête, parents et amis,
Réjouissons-nous, ouvrons nos cœurs
Osons encore croire au bonheur!

Ô nuit de Paix, douce nuit!
Une fois de plus, je vous redis :
Passez le plus beau des Noëls!
Santé, prospérité pour l’année nouvelle!

 

© Madeleine Genest Bouillé, 2014

Bonjour Noël!

Une autre chanson de Noël qui me rappelle des souvenirs de mes jeunes années: Bonjour Noël, une chanson joyeuse, qui était chantée au couvent lors du récital de Noël par les élèves de la classe des petits.

« Bonjour Noël! Voici que dans les rues
La neige est revenue
Comme un tapis tout blanc… »

Enfin! Cette année, tout annonce un Noël blanc! Mais il ne faut pas crier « victoire! » trop vite. Si vous avez lu Les caprices de l’hiver, vous savez que Dame Nature peut parfois nous réserver des surprises. Mais quand même, espérons que la neige demeure en place au moins jusqu’après le Jour de l’An, les décorations des Fêtes sont tellement plus belles dans ce décor blanc.

« Bonjour Noël! Bonjour belles vitrines
Qui le soir s’illuminent
Pour la joie des passants… »

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Source photo: Tourisme Portneuf

Ah! les vitrines! Après les catalogues des magasins Eaton et Simpson’s, les vitrines concrétisaient nos espérances de cadeaux. Quand j’étais enfant, il était très rare qu’on nous emmène magasiner à Québec. Ça prenait une excellente raison, soit par exemple, la nécessité d’acheter des chaussures, qu’il fallait essayer. Alors les seules vitrines qu’on connaissait, c’était celles des magasins de Deschambault. La grande fenêtre au deuxième étage du Magasin Paré était toujours joliment décorée pour Noël! J’aimais beaucoup aller au « deuxième » chez Paré, surtout à ce temps de l’année. En bas, on trouvait les choses utiles : la « grocerie », les « cannages », les outils, la peinture; la seule denrée intéressante pour les enfants, c’était les bonbons. En décembre, il y en avait pour tous les goûts! Des « tuques » en chocolat, des bonbons français, des bonbons durs de toutes les couleurs, sans oublier les petits poissons rouges et blancs, à la cannelle ou au clou de girofle. Au « deuxième », il y avait toutes sortes de belles choses : de la vaisselle et des bibelots, des coutelleries, de la lingerie fine, et puis, évidemment, des jouets! Je me souviens de l’épouse de Monsieur Narcisse Paré – c’était du temps où les femmes portaient le nom de leur époux – elle régnait sur son étage, comme une actrice sur une scène. Plus tard est arrivée Madame Jeannette, l’épouse de Monsieur Raymond, moins gênante et toujours si gentille et souriante. Elle était secondée par Mademoiselle Bibiane, une personne un peu effacée, qui ne parlait pas fort, mais qui cadrait bien elle aussi dans ce décor victorien. Vraiment, le deuxième étage de notre magasin général, c’était un étage « pour Dames »!

« Les petits nez s’écrasent
Pour mieux les admirer.
Et les yeux pleins d’extase
Sont tout émerveillés. »

Juste en face de la rue de l’Église, était situé le magasin de Mademoiselle Corinne Paris, celui que mes enfants appelaient « le petit magasin vert ». Au temps des Fêtes, la vitrine était illuminée et Mademoiselle Corinne y exposait diverses choses à offrir en cadeaux. Sur l’annonce publicitaire, on lisait « marchandises sèches et cadeaux ». L’expression « marchandises sèches » désignait une foule de choses, dont les seules qui étaient comestibles étaient les bonbons, chocolats et pastilles pour la toux! Elle avait du choix, Mademoiselle Corinne! Elle tenait des livres, format « poche »… plus tard, je suis devenue une fidèle cliente des « Marabout Mademoiselle ».  On y trouvait aussi du papier à lettre, des cartes de souhaits, des bibelots, des jouets – je me souviens qu’elle vendait de beaux cahiers à découper. Elle avait aussi de la lingerie … qu’elle tenait rangée dans les tiroirs derrière le comptoir.  Elle sortait ses trésors de nylon ou de coton sur demande, et seulement s’il n’y avait pas d’enfant dans le magasin, ou pire encore, un homme!

« Bonjour Noël!  Chacun fait sa demande
Toutes les mains se tendent
Vers les jouets rêvés… »

sears1955À l’époque, on ne faisait pas de liste de cadeaux. On se contentait de mettre des « X » sur les choses qu’on préférait dans le catalogue de Noël… et on espérait! Parfois, quand nous étions allés faire des commissions à l’un ou l’autre magasin, en revenant, on parlait des jouets qu’on avait vus. Mine de rien, on disait: « Mamzelle Corinne, elle a un petit  téléphone, presque pareil que celui dans le catalogue…» ou encore : « En haut, chez Paré, il y a un beau jeu de Serpent-Échelles, je pense qu’il coûte pas trop cher. » On savait déjà qu’il ne fallait pas choisir des objets trop chers! Jusqu’à la veille de Noël, on rêvait en feuilletant le catalogue… Les pages de jouets étaient racornies et marquées de « X » un peu partout, sans compter les barbouillages laissés par les plus jeunes qui ne savaient pas encore faire de beaux « X » ! Heureuse enfance, dont les rêves, étant accessibles, deviennent presque toujours réalité…. Et sinon, c’est que la réalité est encore plus belle que le rêve!

 « Bonjour Noël!  Sonnez, sonnez clochettes!
C’est aujourd’hui la fête de la terre et du ciel.
Bonjour Noël!

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 © Madeleine Genest Bouillé, 19 décembre 2016

« Y a une étoile pour vous »…

Nous avions jadis un curé que tout le monde aimait beaucoup. Il était proche de ses ouailles. Il trouvait toujours du temps pour écouter ceux et celles qui avaient des choses à lui dire. Ce n’était pas un homme qui « brassait la cage », pas un Jean-Baptiste… Simplement un pasteur, qui préférait nous parler d’un Dieu père, à l’écoute de ses enfants, plutôt que d’un Dieu inaccessible, trônant dans les hauteurs.

Qu’est-ce que notre ancien curé vient faire  ici aujourd’hui… Tout simplement parce que je viens d’entendre une chanson que ce cher curé aimait beaucoup. Vous vous souvenez sûrement d’Angèle Arsenault qui chantait : « Y a une étoile pour vous… y a une étoile pour chacun de vous ». Un des derniers Noëls avant que ce bon prêtre nous quitte, parce qu’il était très malade, cette chanson était alors à la mode. Irénée – c’était son prénom – aimait beaucoup les chansons d’Angèle Arsenault. Et tout particulièrement celle-ci. Il en avait fait le thème de son homélie de Noël. L’abbé Tessier n’était pas un grand orateur; il parlait tout simplement avec son cœur, mais tout le monde l’écoutait et disait ensuite : « Ses sermons, ils nous font du bien. »

nativite-1Comme le dit si bien Félix Leclerc dans La Grande Nuit (Andante) : « Les étoiles forcent les hommes à lever la tête vers le ciel. » Qu’y a- t-il de plus beau qu’une nuit étoilée? En hiver surtout, lorsque la neige éclaire de sa douce lueur bleutée la terre endormie. On se sent petit devant l’immensité du ciel, et en même temps, on ressent une grande paix… Mais je reviens à l’homélie de notre curé. Entre autres choses, il nous souhaitait que « cette étoile qui brille pour chacun et chacune de nous » nous apporte ce dont nous avons le plus besoin, ce que nous désirons le plus ardemment.

« Il y a tant d’étoiles dans le ciel »… Et alors défilaient toutes ces étoiles, qu’il aurait voulu nous offrir en cadeau. D’abord l’étoile « Bonheur », puis l’étoile « Joie » et aussi l’étoile « Espoir »; celle-là, c’était sa préférée. Il l’offrait à toutes les personnes qui attendent quelque chose d’important: la santé, du travail, ou le retour d’un enfant prodigue – ça n’existe pas seulement dans l’évangile. Il y avait encore l’étoile « Douceur », l’étoile « Sérénité ». Celles-ci étaient dédiées en particulier aux personnes qui vivent une grande peine ou une maladie grave. Des étoiles qu’on voudrait toujours présentes pour ceux qui souffrent,  qu’aucun nuage ne vienne les cacher jamais.

Il terminait son homélie en disant que « L’étoile la plus importante est sans contredit l’étoile « Amour ». Aujourd’hui comme au temps de notre bon curé, c’est l’étoile dont nous avons tous besoin; d’ailleurs sans elle, il n’y aurait jamais eu Noël! Elle fait la paire avec l’étoile « Paix », dont la brillance est tout aussi essentielle à l’époque où nous vivons qu’elle l’était au temps où naquit Jésus, dans un pays opprimé, sous la domination des Romains. Notre curé nous a quittés au cours des années 80. S’il y avait à l’époque des conflits entre certaines contrées, les pays occidentaux vivaient en paix. Mais depuis le 11 septembre 2001, s’est installé un sentiment d’insécurité qui ne cesse de s’accroître, alors que se produisent des attentats meurtriers dans divers endroits, et que la guerre sévit actuellement dans le pays qui fut, selon ce que raconte l’Histoire, « le berceau de l’humanité ». Plus que jamais nous avons besoin que l’étoile « Paix » brille de tout son éclat pour les hommes, les femmes et les enfants qui veulent vivre paisiblement, dans le pays où ils sont nés.

nadalEn terminant, j’aimerais offrir à chacun et chacune de vous qui me lisez, une étoile qui vous guide et vous protège tout au long de cette année 2017!

© Madeleine Genest Bouillé, 15 décembre 2016

Allons voir cet enfant

Voici le temps où l’on aime se rassembler
Comme jadis à la crèche, les bergers.
C’est la fête, on offre des présents,
À ceux qu’on aime évidemment…

En regardant bien là-haut, on voit l’étoile,
À moins que le ciel, de nuages se voile…
Suivons quand même jusqu’au bout
La route qui nous mène à cet Enfant si doux.

Au milieu de nos festins, de nos rires, de nos chants,
Entre les visites des parents, des amis,
Allons gaiement voir le Messie !
Blotti auprès de sa maman…

Il tend les bras ce Divin Enfant,
Et nous promet comme dans l’ancien temps
Malgré nos oublis, pour calmer nos alarmes,
La Paix et tous ses charmes !

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© Madeleine Genest Bouillé, décembre 2010

Ma lettre au Père Noël

Cher Père Noël,

J’espère que tu es en bonne santé. J’ai appris que tu avais perdu du poids, j’espère que ton costume te va quand même… Si tu voyais notre ministre de la santé, il a tellement perdu de livres qu’il a dû changer sa garde-robe au moins deux ou trois fois. C’est ce qui s’appelle « dégarnir une bibliothèque »! Bon, excuse le jeu de mots, c’était trop facile.

8d1ad910J’imagine que tu dois avoir encore un mois de décembre très chargé, avec beaucoup de commandes, pas toutes faciles à satisfaire. Mais ça, c’est ta vie et j’ose croire que tu es heureux ainsi. Ici, ça va bien, comme on dit « faut pas se plaindre le ventre plein ». Il y a tellement de gens démunis, sans abri, et cela, pas seulement dans les pays pauvres ou en guerre. Même dans notre beau Québec où règne l’abondance, il y a des personnes qui souffrent de la faim et aussi de solitude. Des gens qui, comme Marie et Joseph, ne trouveront pas de place pour passer la nuit de Noël. Je comprends qu’on ne peut pas toujours aider les malheureux, mais le moins qu’on puisse faire, c’est de remercier le ciel – ou qui vous voulez, selon vos croyances – pour tous les biens matériels que nous avons en abondance, et surtout pour  les personnes qui nous entourent et que nous aimons.

Une chose est certaine, le malheur des uns ne peut empêcher les autres d’être heureux. J’ai toujours aimé Noël et le temps des Fêtes et je ne crois pas que cela puisse changer. Malgré que des êtres chers sont partis, malgré les petits ennuis de santé – on ne rajeunit pas – et les inquiétudes dont chacun a sa part, oui, envers et contre tout, j’aime Noël! Chaque année je retrouve cette sorte de « grâce » faite d’un espoir tenace et aussi sans doute d’un reste d’enfance qui ne veut pas s’éteindre, enfin, ce que moi j’appelle « l’esprit de Noël ». Tu dois bien connaître cela, toi aussi, Père Noël, sinon comment ferais-tu pour continuer cette tâche surhumaine qui te fait parcourir le monde chaque  mois de décembre!

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Il serait temps que j’en vienne à « l’essentiel de mon propos ». Qu’est-ce que je demanderais bien pour Noël cette année? Tout d’abord, si tu commençais ta tournée en visitant les enfants malades, ceux dont c’est peut-être le dernier Noël. Il y a aussi tous ces jeunes maltraités, malaimés. Apporte-leur un peu de joie, de douceur. Ce serait un bon début; bien entendu, si tu veux ajouter quelques « bébelles », c’est toujours bienvenu!

pere-noel-5556Je suis encore sortie du sujet pour lequel je t’écris. Qu’est-ce que je vais demander en cadeau cette année? En fait, je veux surtout que ce soit une surprise. Ce n’est pas la grosseur, ni la valeur du cadeau qui compte pour moi, c’est la « surprise »! Tu comprends, c’est pour cette raison que les enfants d’aujourd’hui sont si difficiles à contenter; ils ne rêvent pas, ils ne souhaitent pas : ils commandent. Ils ajoutent même le coût de l’article demandé sur leur liste. Ce n’est pas ça, un cadeau! Elle est où alors, la magie de Noël? Dans l’emballage, peut-être? Sincèrement, comme dans la chanson Trois anges, ce que je désire le plus ardemment, c’est « le bonheur pour tous ceux que j’aime »! Et pourquoi pas aussi ceux que j’aime moins… Quand les gens sont heureux, ils sont plus aimables, n’est-ce pas?

saint-nicolas2Enfin, si tu ne sais pas quoi m’apporter, je vais te faire une confidence : j’aime beaucoup les chocolats de Julie Vachon, notre vaillante chocolatière. J’en achète parfois, mais c’est pour les offrir, pas pour moi! Je ne saurais lesquels choisir, ils sont tous aussi excellents les uns que les autres! Si c’est trop te demander, ne te casse pas la tête, deux ou trois « Cherry Blossom », ça fera l’affaire.

Merci, cher Père Noël de m’avoir lue jusqu’au bout et merci à l’avance pour le cadeau. Je te souhaite un Joyeux Noël et une très bonne année 2017!

Mado  Genest

© Madeleine Genest Bouillé, le 12 décembre 2016

Les personnages de la crèche

creche-1978Connaissez-vous l’histoire de notre crèche paroissiale? Peut-être pas… La voici donc, telle que ma mère me l’a racontée. Avant 1920, à l’église, il n’y avait qu’un petit Jésus, dans une vitrine, le tout entouré de lampions. Tout près, on plaçait un tronc pour « Le denier de l’Enfant-Jésus ». Vous pouvez voir ce tronc, ou si vous aimez mieux, cette « tirelire », sur ma photo la plus ancienne de la crèche en 1978. Le denier de l’Enfant-Jésus était le pendant de la quête du même nom qui se faisait selon les endroits, juste avant Noël, ou entre Noël et le Jour de l’An. On incitait ainsi les gens à donner pour les pauvres, soit des victuailles ou des vêtements et les enfants, pour leur part, étaient invités à donner quelques sous pour la même cause.

Mais je reviens à ma crèche… Avec le temps, le petit Jésus commençait à avoir quelques problèmes : il lui manquait des orteils, des doigts, etc. Or en 1920, à la suite d’une promesse, Madame Barthélémy Arcand (la grand-tante de Denys, Suzanne et Gabriel), entreprit une quête dans la paroisse afin d’acheter des statues pour la crèche paroissiale. Elle commença sa quête au mois d’août; cela lui a bien pris quelques mois. Ayant ramassé la fabuleuse somme d’une trentaine de dollars, on put alors acquérir les statues que nous pouvons admirer chaque année dans le temps des Fêtes.

Crèche de 2000.

Crèche de 2000.

En 1991, les statues de la crèche qui avaient atteint l’âge vénérable de 70 ans nécessitaient diverses chirurgies: orteils, doigts, nez… Elles devaient de plus faire rafraîchir leurs vêtements. Des membres du conseil de pastorale décidèrent alors de trouver des fonds et de restaurer ces personnages qui font partie intégrante de notre patrimoine religieux et de nos liturgies des Fêtes. On organisa donc un récital où des « artistes locaux » de tous âges, et un ténor connu, Léonard Bilodeau, mirent leurs talents en commun bénévolement pour faire une levée de fonds. L’auditoire n’avait qu’un coût minime d’entrée à défrayer; on avait aussi quêté diverses entreprises et commerces. Le résultat fut très encourageant. À Noël 1991, tout le monde put admirer le travail accompli bénévolement… comme tout ce qui se fait de beau à Deschambault!

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Crèche de 1987 et toile de Thérèse Bouillé-Naud.

Parlant de bénévolat, je ne saurais nommer toutes les personnes qui ont monté la crèche depuis 1920. Autrefois, c’était peut-être le sacristain ou la sacristine. Je sais que mes tantes Gisèle et Rollande ont aidé à l’édification de la crèche durant plusieurs années. Thérèse Bouillé-Naud, l’auteur de la toile de fond que nous pouvons encore admirer en fond de scène, a fait partie de l’équipe de la crèche. Plus tard, le comité de liturgie a repris le flambeau. La photo de 1987 montre une crèche au décor plutôt moderne, avec sa surcharge de guirlandes. C’était l’œuvre des futurs confirmés de l’année! Les sapins naturels étant interdits dans les édifices publics, on utilisait quelques bouleaux et on avait fait l’acquisition de 2 arbres artificiels… pas les plus beaux! Le curé de l’époque, qui encourageait les jeunes à participer à ce genre de travail, leur laissait pas mal le champ libre. Je me souviens que ces jeunes de 12-13 ans, étaient très fiers de leur crèche!

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Crèche de 2005.

En 1991,  les personnages  étant restaurés de fraîche date, on ne laissait plus  n’importe qui les manipuler. Pendant plusieurs années, différents comités se sont chargés de la construction de  la crèche paroissiale. En 2005, il faillit ne pas y avoir de crèche. On était en plein dans les travaux d’installation des gicleurs pour la protection contre les incendies… ça prenait une certaine bravoure et beaucoup d’imagination pour faire ce travail. Les matériaux relégués au grenier de la sacristie étaient pour la plupart inaccessibles, mais on a quand même fait une crèche! C’était une crèche bricolée avec les moyens du bord. Depuis ce temps, les marguilliers avec l’aide d’autres bénévoles au besoin, se chargent de l’édification de notre crèche. Je vous invite à venir la voir, elle sera prête pour Noël!

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Crèche de 2015.

© Madeleine Genest Bouillé, 9 décembre 2016

Les caprices de l’hiver

hiver-64-001Ma mère avait coutume de dire : « On tient pas le temps dans notre poche! » C’est là une vérité à laquelle on ne s’habitue jamais. C’est pourquoi on accorde foi à tous les pronostics, dictons et superstitions possibles, concernant les variations de la température. On aimerait tellement que le soleil brille aussi souvent qu’on le souhaite; et que la pluie ou la neige ne se manifestent qu’au moment précis où on en a besoin. Tout est bon pour étayer nos prévisions atmosphériques; le 3 fait le mois… si le 9 le défait pas! Il va faire froid cet hiver : les oignons ont la pelure épaisse. Il va neiger beaucoup : les nids de guêpes sont placés très haut. Quand le début de l’hiver est clément, on dit : les Avents commencent en mouton, ils vont finir en lion. Finalement Dame Nature déjoue toutes ces prédictions et n’en fait qu’à sa tête… en supposant qu’elle en ait une.

L’aventure dont je vous parle est arrivée en 1958 ou 59… Chose certaine, c’était vers le 15 décembre. La neige avait déjà atteint une bonne hauteur, car il en était tombé régulièrement depuis la fin de novembre. Habituellement, on allait couper les sapins vers la mi-décembre. Étant donné que le temps des Fêtes se prolongeait bien après le Jour de l’An, l’arbre de Noël devait rester vert au moins jusqu’à la mi-janvier.

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(Photo: Fernand Genest, coll. Madeleine Genest Bouillé).

Quand venait le temps de partir à la recherche des arbres de Noël, on y allait en famille! D’abord, c’était plus amusant et cela permettait d’apporter autant de sapins qu’il était nécessaire. Il faut dire qu’en ce temps-là, nos forêts nous paraissaient inépuisables. Et puis, il n’y avait pas de gaspillage : après les Fêtes, l’arbre dégarni deviendrait bois de chauffage!  Bien entendu, la cueillette des sapins dépendait aussi du nombre de personnes qui prenaient part à l’activité. Cette année-là, mon frère aîné Claude dirigeait l’expédition. Comme de raison, sa future épouse, Lorraine, était présente, mais je me rappelle surtout que ma tante Gisèle était de la partie. Tante Gisèle avait de l’énergie à revendre! Quand elle s’embarquait pour une aventure de ce genre, c’était du sport! Rien ne l’arrêtait, ni la neige, ni le froid! Pour nous rendre au bois, nous devions monter à travers champs jusqu’à la voie ferrée du Canadien National. À cette époque, je ne suis pas certaine que la petite gare était encore utilisée. Ensuite on grimpait la côte dite « du Grand Nord », et enfin, on se retrouvait à l’orée du bois.

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Hiver 1964, la rue Saint-Joseph (photo de Fernand Genest, coll. Madeleine Genest Bouillé).

J’ai écrit qu’il était tombé beaucoup de neige en ce début d’hiver. Ce jour-là, quand nous avions décidé d’aller chercher des arbres de Noël, nous ne pouvions certes pas évaluer l’épaisseur de la neige amoncelée. Mais une fois la décision prise, il aurait fallu une très grosse tempête pour nous empêcher de mettre notre projet à exécution. Le champ était comme une mer blanche où le vent avait dessiné des petites vagues dont nous devions enjamber les crêtes, aucune piste n’étant visible. Alors, évidemment, nous enfoncions dans la neige molle jusqu’aux genoux à chaque pas ou presque. Afin de nous rendre la marche plus aisée, mon frère, chaussé de raquettes, nous précédait avec le traîneau chargé des outils nécessaires pour couper les arbres. Il nous traçait ainsi un simulacre de sentier.  Enfin nous sommes arrivés à la gare, où nous nous sommes arrêtés, afin de nous reposer un peu. Même si nous ne pouvions pas entrer, sous le large auvent du toit, nous pouvions tout de même faire une pause à l’abri du vent. Il ne restait ensuite qu’à monter la côte, peu escarpée, et on atteignait enfin le bois. La neige étant moins épaisse, nous avancions plus facilement. Nous avons vite repéré les arbres qu’il nous fallait, pas trop gros, mais assez fournis. Nous n’étions pas difficiles; une fois rendus à la maison, si le sapin se révélait une épinette, ce n’était pas si grave. Une fois l’arbre décoré, on le trouvait toujours beau! Le bûcheron de service ayant terminé sa tâche, nous avons donc bien vite pris le chemin du retour.

Je dois dire que ce retour ne fut pas plus facile que l’aller, loin de là! Notre marche était ralentie du fait que nous devions traîner nos trois sapins, un pour tante Gisèle, un pour Lorraine et un pour chez nous. Le soleil baissait, il faisait plus froid et le vent qui nous faisait maintenant face n’était pas tendre pour nos visages, malgré les crémones dont nous étions entortillés et les tuques enfoncées jusqu’aux yeux. Pour se donner du courage, nous chantions des chants de Noël à tue-tête. Nous étions fatigués, alors un rien nous faisait rire. Ce qui reste le plus présent dans mon souvenir, c’est moins le froid, la neige et la longue marche, que justement ce plaisir fou que nous avions; un plaisir tout simple, comme il en arrive quand on ne le cherche même pas!

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Chez nous, dans la rue Johnson, 1959 (photo de Fernand Genest, coll. Madeleine Genest Bouillé).

La brunante était tombée… les fenêtres éclairées de la maison nous semblaient comme un phare qu’il nous tardait de rejoindre! Enfin rendus, débarrassés de nos vêtements enneigés, près du poêle à bois qui ronflait, comme il faisait bon alors de nous laisser envahir d’une douce torpeur! Heureusement, maman avait fait du thé, qu’elle tenait au chaud sur l’arrière du poêle. Ma mère avait des dictons et maximes pour une foule de choses, ainsi elle disait : « Faites pas bouillir le thé sinon les cavaliers viendront pas! »  Dans sa jeunesse, un amoureux ça s’appelait « un cavalier »! Je ne sais plus comment nous avons terminé cette journée… nul doute que nous n’avons pas dû veiller tard ce soir-là!

La moitié du mois de décembre était passée; avec toute la neige qui était tombée, nous étions convaincus que nous aurions un Noël blanc. C’était sans compter sur les caprices de l’hiver! Vers le 20 décembre, le temps s’est radouci, le ciel bas annonçait la pluie.  Nous espérions que ce ne serait qu’un redoux passager, mais non!  Effectivement, la pluie a commencé à tomber… une pluie fine, mais continue; on se serait cru au printemps! Il a plu ainsi presque sans arrêt pendant trois jours. Les enfants qui venaient d’entrer en vacances se désolaient; les traîneaux avaient l’air égarés près des galeries. Par terre, à côté de la maison, une carotte rabougrie et un vieux chapeau étaient les seuls témoins de ce qui avait été un bonhomme de neige! Les bandes de la patinoire entouraient un lac d’eau. C’était d’une tristesse!

Le 24 décembre, il n’y avait plus un brin de neige; elle était toute fondue! Le ciel était sans nuages… n’eut été de la température qui s’était refroidie, on aurait pu aller à la messe de Minuit en souliers. Mais, neige ou pas, c’était Noël! Au retour de la messe, dans les maisons décorées où flottaient les bonnes odeurs des mets préparés pour le réveillon, tout le monde a oublié la température dans la joie de la fête! Cette année-là, nous avions un sapin magnifique… à vrai dire, je suis presque sûre que c’était une épinette!

© Madeleine Genest Bouillé, 2012

(Texte tiré de Propos d’hiver et de Noël, 2012.)

C’est la première neige…

hiver-2008-059C’est la première neige,
Avec son froid cortège,
Qui blanche, nous assiège
De ses duvets qui recouvrent le sol.
Elle tombe et retombe
Le grand chêne succombe
Et rejoint dans la tombe
L’adieu des bois où fuit un dernier vol.

 La première fois que j’ai entendu cette chanson, j’étais toute petite. Chaque année à la même époque, on me la chantait. J’ai donc fini par l’apprendre, mais je ne l’ai jamais vue écrite. Les couplets sont sur le même air que le refrain; une valse à trois temps, pas trop rapide, justement le genre de musique qui convient si bien pour  bercer les enfants…

Mon frère Roger en 1949.

Mon frère Roger en 1949.

Le grand chêne succombe et rejoint dans la tombe l’adieu des bois où fuit un dernier vol… En grandissant, j’ai appris les paroles de la chanson et je me souviens que ces dernières lignes du refrain m’impressionnaient beaucoup. Je les trouvais tristes et je ne comprenais pas le rapport entre cette neige tant attendue et la tombe, l’adieu des bois.  Mais la chanson était belle et je l’aimais quand même. Quand nous étions enfants, la première neige était quelque chose de merveilleux, une joie qu’on espérait depuis longtemps, pour dire le vrai, depuis la chute des feuilles! Je me souviens d’un automne où la neige tardait un peu trop pour nous, qui avions tellement hâte de sortir vêtements d’hiver et traîneaux. Un matin, on vit que le sol était blanc. Ce n’était qu’une mince couche très légère, diaphane par endroits. On croyait que c’était de la neige. Maman tenta de nous ramener à la réalité; ce n’était qu’une grosse gelée blanche. Mais nous, on voulait aller jouer dehors! Maman, se disait sans doute que, ne trouvant pas grand-chose à faire sur cette terre gelée à peine blanchie, nous rentrerions bien vite. Évidemment on ne pouvait pas sortir les traîneaux, et ce n’était pas avec cette mince pellicule de frimas que nous ferions un bonhomme. Mais nous avons joué quand même; nous ramassions soigneusement cette manne qui fondait  vraiment trop vite, et nous en faisions des petits tas, qui ont, ma foi, peut-être duré quelques heures… jusqu’à ce que le soleil les fasse disparaître.

hiver-2008-043La neige tourbillonne
Elle tombe à flocons.
Pour nous elle chantonne
Des refrains, des chansons.
Elle revêt la terre
De givre et de frimas
Et le vent bien triste, erre
Sur nos champs ici-bas.

On ne voulait pas manquer la première neige. Et un beau matin, elle tombait enfin pour notre plus grande joie. Quel plaisir de sortir justement quand la neige tourbillonne et qu’elle tombe à flocons! Je crois que tous les enfants aiment goûter les cristaux qui viennent se poser, froids et doux, sur la langue. Qu’elle était belle, blanche et toute neuve, cette neige! J’avais un frère qui, plutôt que de se rouler dans la neige et d’en faire des balles et des bonhommes, préférait se tenir immobile, face au vent. Et là, il laissait les flocons caresser son visage tourné vers le ciel. Il contemplait le décor blanc et il pouvait rester ainsi de longues minutes… À quoi rêvait-il? Lui seul le savait. Mais il semblait tellement en communion avec les éléments. La neige, le vent, la pluie, les orages… chaque phénomène météorologique le fascinait. Pour lui, la nature était le plus merveilleux livre qui soit. Il a passé sa vie à s’en repaître.

Mes frères Fernand, Georges et Florent en 1950 (coll. privée Madeleine Genest Bouillé).

Mes frères Fernand, Georges et Florent en 1950.

Quand enfin la neige avait tout recouvert et que la couche ouatée semblait signifier que l’hiver était arrivé pour de vrai, on disait : « C’est la neige hivernante, c’est sûr! Il en est tombé assez pour blanchir la terre. » Comme preuves à l’appui, il y avait plusieurs maximes supposément infaillibles. D’abord il fallait que ce soit la troisième neige tombée au sol depuis le début de la saison. Ensuite, il fallait que la couche de neige soit suffisamment abondante pour blanchir la terre complètement. De plus, il devait s’être écoulé un mois depuis les premiers flocons. Et quand l’une ou l’autre de ces remarques s’avérait inexacte, on disait : « C’est l’exception qui confirme la règle! »

Le soir de la première neige, avant d’aller nous coucher, nous regardions par la fenêtre la nuit plus claire de tout ce blanc et le vent bien triste, pouvait errer sur les champs… nous nous endormions en rêvant de la fête de Noël qui approchait, puisque la neige et Noël étaient pour nous, indissociables.

hiver-2008-046Sa blancheur éclatante
S’étale devant moi.
Sa robe éblouissante
Me cause un doux émoi
C’est l’hiver qui s’avance
Majestueusement
Et l’automne en silence
Disparaît lentement.

Les enfants ont grandi. Certains ne sont plus de ce monde, nos parents non plus. Mais, en dépit des années qui auraient dû faire de moi une personne raisonnable et sensée, la blancheur éclatante et la robe éblouissante de la première neige me causent toujours un doux émoi… J’aime quand l’hiver s’avance majestueusement, même si je suis un peu triste de voir l’automne disparaître lentement. Alors je vais marcher sous les doux flocons et je chante tout bas la vieille chanson pour moi toute seule.

© Madeleine Genest Bouillé, 1er décembre 2016

(Texte original tiré de Propos d’hiver et de Noël, 2012.)

Des vieilles cartes de Noël

carte-nouvel-anJe faisais du ménage dans ma boite de vieilles cartes de Noël. Je garde une pleine boite de cartes de vœux qui m’ont été envoyées il y a longtemps, par des personnes qui ne sont plus de ce monde, ou encore parce que je les trouve trop belles pour les jeter. Je suis ramasseuse, je n’y peux rien! D’une fois à l’autre, je parviens à en jeter quelques-unes. Quoi qu’il en soit, à chaque fois que j’ouvre cette boîte, je me retrouve plusieurs années en arrière et je fais un voyage au pays de mes souvenirs…

carte-ancVoici des cartes écrites par ma mère; elle nous disait toujours qu’on ne doit pas se contenter de signer une carte de vœux, il faut écrire un petit mot personnel. Elle passait de longues heures à écrire ses cartes de Noël, et en envoyait à toute la parenté, même quand les destinataires demeuraient dans à Deschambault. Elle écrivait si bien, ma mère!  Quand on lui disait : « Maman, pourquoi tu téléphones pas à la place? » Elle répondait : « Un téléphone, ça s’oublie vite… les écrits, ça reste. » Je continue à chercher… Voici une belle carte que j’avais reçue de mon frère Florent. Lui aussi avait mis en pratique la consigne de notre mère, et comme il était maître de postes, même si on se voyait régulièrement, il envoyait toujours ses cartes de vœux, dûment timbrées, en bon employé des Postes qu’il était! Tiens, voici une carte de ma tante Gisèle, son écriture rapide était celle d’une femme toujours occupée. Sur cette autre, je reconnais la grande écriture de mon frère Claude, sa signature en diagonale… Je relis ces courts messages, les signatures, surtout… et je retrouve un peu de la personnalité de tous ces gens qui ont fait partie de ma vie.

carte-enfantSur les cartes, on voit des paysages d’hiver, des Pères Noël avec ou sans traîneau, des cloches, du gui. Sur certaines sont reproduites des images représentant la Nativité, la visite des bergers ou celle des Mages.  Plusieurs cartes ornées d’images enfantines sont défraîchies; elles ont sans doute été collées sur le mur en guise de décoration, dans la chambre de l’un ou l’autre de mes enfants. Les messages imprimés souvent se ressemblent : « En ce temps de réjouissance et de paix »… « Pour un Noël joyeux et une année remplie de bonheur et de paix »… « Que la paix soit dans vos cœurs en ce jour de Noël et pour toute l’année. » La paix, toujours, sur un fond de neige, avec un ciel étoilé… Un rêve qui revient chaque année!

La Paix dans le monde… plus le temps passe et plus cela me parait impossible. Quand une guerre semble finie à un endroit, une autre éclate ailleurs, dans une autre contrée, quand ce n’est pas entre les habitants d’un même pays, qui n’ont pas la même religion. Il y a toujours quelque part des villes, des villages qui sont détruits, des innocents qui meurent, des familles qui sont brisées, ou qui doivent fuir.  Les armes sont de plus en plus meurtrières; elles font de plus en plus de ravage! À la télévision, entre deux publicités d’automobiles ou de bière, on nous montre régulièrement des images atroces de maisons en ruines, de femmes et d’enfants tués… L’horreur fait désormais partie du quotidien.

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Seigneur, je crois qu’il faudrait qu’ils reviennent tes anges, avec des trompettes retentissantes, pour réveiller les consciences endormies. Qu’ils redisent bien fort à tous les peuples de la terre ces paroles qui ont traversé les millénaires : « Gloire à Dieu dans les cieux et paix sur la terre aux hommes et aux femmes de bonne volonté! »  Parce que, du train où vont les choses, la paix dans le monde, c’est comme le dit le refrain de cette belle chanson de John Littleton : « De soir en soir, pourquoi retarde le temps où naissent les libertés? De jour en jour, autant d’amour… n’est-ce qu’un rêve à oublier? »

Bon, c’est assez pour aujourd’hui, je vais ranger ma boîte de vieilles cartes de Noël.

© Madeleine Genest Bouillé, 28 novembre 2016

Chanson pour l’automne qui fuit

Je n’avais rien à faire… c’est rare! Pour occuper mes pensées, j’ai commencé à feuilleter mes cahiers de La Bonne Chanson, lesquels sont souvent une source d’inspiration pour mes « grains de sel ». Ce sont de vrais trésors, ces cahiers… je rêve d’un concert qui serait composé uniquement de chansons pigées dans les fameux cahiers de l’abbé Gadbois, dont la devise était : « Un foyer où l’on chante est un foyer heureux ». Je me suis arrêtée sur Chanson d’automne, une mélodie un peu mélancolique qui parle justement de la fin de cette saison, si colorée à ses débuts et qui se termine, hélas, dans la grisaille. Comme je l’ai déjà mentionné, les soirées Bonne Chanson qui avaient lieu au Vieux Presbytère demeurent pour moi parmi mes plus beaux souvenirs. Il me semble entendre encore Louiselle et Joachim Perron qui interprétaient si bien en duo, la Chanson d’automne, au cours d’une veillée en novembre; en rappel, ils nous offraient ensuite L’hiver a chassé l’hirondelle. Cette dernière chanson était accueillie comme un avant-goût de la saison blanche, et à chaque fois, j’anticipais avec plaisir l’approche du joyeux temps des Fêtes en écoutant : « L’hiver a chassé l’hirondelle… mais de notre cœur, ô ma belle, l’hiver ne peut chasser l’amour. »

211Mais je reviens à ma Chanson d’automne. Dans mes photos de fin de saison, je n’ai pas de « treille qui tord ses longs bras maigres », et on ne voit pas non plus « l’hirondelle en sanglotant (qui) disparaît à l’horizon pâle ». J’ai surtout des images du fleuve, avec ou sans la chaloupe délaissée… c’est là mon univers! Mais tout comme dans la chanson,  « Les nuages sont revenus… La brume a terni les blancheurs et cassé les fils de la Vierge.  Et le vol des martins-pêcheurs ne frissonne plus sur la berge ». 

« Les arbres sont rabougris, la chaumière ferme sa porte, et le petit papillon gris a fait place à la feuille morte. »  Ces jours-ci, c’est vraiment ce que la nature nous offre comme paysage. Du gris partout! Gris, les arbres dénudés, auxquels parfois, s’accrochent quelques feuilles sèches, aux couleurs ternes. Grise l’herbe usée, piétinée, qui se confond avec le trottoir et la route. Mais parce que je ne me résigne pas à les jeter, halloween-2016-118parce qu’elles font leur possible pour mettre une touche de couleur et de la gaieté sur ma galerie, j’ai laissé quelques citrouilles aux visages rieurs ou fâchés, vestiges de l’Halloween. Pour la deuxième année, nous avions acheté huit petites citrouilles, sur lesquelles je me suis amusée à dessiner des figures. Certaines arborent un grand sourire, d’autres ont une moustache, une regarde vers le côté tandis qu’une autre a les yeux fermés. J’aime les fêtes, et j’aime les décorations. J’aime tout ce qui me donne l’occasion d’éviter la monotonie. C’est sans doute ce qui fait que je n’aime pas cette fin de saison qui s’étire et qui semble ne pas vouloir partir.

halloween-2016-097La musique du refrain de ma « chanson pour l’automne qui fuit » est écrite pour deux voix qui disent : « Viens cueillir encore un beau jour, en dépit du temps qui nous brise… Et mêlons nos adieux d’amour, aux derniers parfums de la brise. » Il y aura encore de belles journées, elles seront plus froides, mais parfois, elles nous laisseront un répit, dont il faudra profiter pour installer les décorations de Noël en évitant de se geler les mains. S’il est bon de cueillir chaque beau jour qui nous est donné, laissons « le temps qui nous brise » et « les adieux d’amour » s’envoler dans la chanson avec « les derniers parfums de la brise »! 

© Madeleine Genest Bouillé, 18 novembre 2016

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