Quand on aime la Bonne Chanson

J’ai parlé déjà des soirées « Bonne Chanson » qui avaient lieu au Vieux Presbytère, au cours des années 90.  Lors des soirées musicales, il y avait toujours un moment, généralement vers la fin, où entraînés par la musique, quelqu’un entonnait une chanson, puis une autre! Alors on finissait par chanter en chœur et souvent le concert improvisé se prolongeait… Quand on se quittait, c’était en disant : « On devrait donc en faire plus souvent, des soirées comme ça! » Je dirais que c’est sans doute de ces fins de veillées que sont nées les « Soirées Bonne Chanson ». Elles ont cessé pour je ne sais plus quelles raisons; chose certaine, le répertoire n’était pas encore épuisé.

Ce vendredi  27 septembre dernier, dans le cadre des Journées de la Culture, la Biblio du Bord de l’eau recevait un pianiste de la région, Ghislain Dubé, lequel nous offrait un spectacle sur les plus beaux thèmes de « la Bonne Chanson ». L’assistance était composée en majorité de personnes plus jeunes de cœur que d’ans!  Des gens, disons, du temps où presque chaque famille possédait les fameux cahiers de l’abbé Charles-Émile Gadbois. Pour rendre la soirée encore plus vivante, les participants était invités à chanter les vieux airs connus. Alors même si tout le monde n’avait pas les paroles, on chantait quand même! Après quelques ritournelles, pour nous donner la chance de souffler un peu, notre invité se permettait une musique un peu plus classique… le temps qu’on reprenne notre souffle, en écoutant de belles mélodies. Et on y allait pour encore quelques chansons dans le genre de : Le petit cordonnier, La Cantinière, Ah! si mon moine voulait danser… et combien d’autres! Quelle belle soirée! Bien trop courte, de l’avis des participants. Heureusement, un goûter composé de délicieux produits locaux, est venu mettre le point final aux commentaires élogieux qui disaient à peu près tous la même chose « Il devrait donc y en avoir plus souvent des soirées comme ça! »Plus ça change, plus c’est pareil!

Et je reviens aux « Soirées Bonne Chanson » du temps jadis. La première fois, je me souviens, c’était en novembre; les soirées plus longues étant tout indiquées pour ce genre de divertissement, nous avions eu une très belle assistance. Comme on ne savait pas  quelle serait la réponse des gens, on avait préparé un programme « au cas où », pour débuter la soirée et réchauffer la salle, en se disant que la suite viendrait tout naturellement, dès lors que les participants proposeraient une chanson, en solo, en duo, ou en chœur. Et c’est ainsi que  les choses se sont déroulées.  Dans la publicité, on avait invité les gens à apporter leurs cahiers de La Bonne Chanson, alors, spontanément, des petits groupes se formaient et on chantait ensemble. Nous avions fait un choix de chansons qui parlent de l’automne. En commençant par La dernière rose de l’été; sur une musique irlandaise, l’auteur nous dit que « Si demain, tu cueilles une rose dont le cœur est déjà fané… dis-toi bien que cette rose est la dernière de l’été ».  Une autre chanson intitulée simplement Chant d’automne, résume à elle seule nos soirées automnales : « Lorsque le vent du soir s’alanguit et pleure, et que tous les enfants sont dans la demeure… ! qu’il fait bon chez soi près du feu pétillant qui chante. En cercle l’on s’assoit loin de la tourmente. » Il y a des titres qui se ressemblent parmi ces chansons, ainsi une autre mélodie s’appelle Chanson d’automne.  Celle-ci est toutefois une chanson d’amour, dont le refrain dit tristement : « Viens cueillir encore un beau jour, en dépit du temps qui nous presse, et mêlons nos adieux d’amour, aux derniers parfums de la brise. »

Certaines chansons revenaient souvent; ainsi en était-il de celles que tout le monde connaît, dont : Partons, la mer est belle. Tout le monde reprenait en chœur le refrain : « Partons, la mer est belle, embarquons-nous pêcheurs. Guidons notre nacelle, ramons avec ardeur… » Et que dire de Mon chapeau de paille, qui raconte l’histoire d’un patriote de la région du Richelieu en 1837 : « À Saint-Denis, près des grands bois, un jour d’orage et de bataille…je mis pour la première fois mon chapeau de paille… Sans égard pour mon beau chapeau, contre l’ennemi, la canaille, nous nous battîmes sans repos… en chapeau de paille ». Comme elles sont belles ces chansons qui racontent l’histoire de nos ancêtres; et elles ne sont  jamais démodées!

À ce que je me rappelle, il n’y a jamais eu de soirée sans l’incontournable Souvenirs d’un vieillard. C’était le plus souvent la chanson de fin de veillée et on reprenait en chœur le refrain : « Dernier amour de ma vieillesse, venez à moi, petits enfants… Je veux de vous une caresse pour oublier mes cheveux blancs. » Vraiment, que de belles heures remplies de musique! Nul doute qu’on devrait en faire encore des soirées comme ça!

© Madeleine Genest Bouillé, 30 septembre 2019

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