Sur le thème de Noël Nouvelet…

Noël Nouvelet
Noël chantons ici!
Parents et amis
Disons à Dieu  merci!

Chantons Noël!
C’est l’amour le plus grand
Un ange nous appelle,
Allons vers cet Enfant!

Chantons Noël!
Paix sur toute la terre!
Une étoile au ciel
Brille dans la nuit claire

Chantons Noël!
Et la nouvelle année!
Qu’elle nous soit belle
Et remplie de bonté!

Noël Nouvelet
Noël chantons ici!
En cette douce nuit
Chantons à Dieu merci!

Mado,   21 décembre 2018

 

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Noël et les poètes

Les poètes ont chanté Noël sur tous les tons. Dans mes archives personnelles, j’ai tout plein de beaux écrits sur la fête de Noël et j’ai eu envie de vous en offrir quelques-uns en cadeau. Parce qu’il faut bien finir par se décider, j’ai choisi trois poèmes, de trois auteurs différents, mais qui curieusement, se rejoignent et me touchent. Tout d’abord, le Noël sceptique, d’un auteur évidemment sceptique. Jules Laforgue, un français, né à Montevideo en Uruguay en 1860, traîne un mal de vivre qui s’exprime dans toute son œuvre.  Lisez plutôt ce poème…

Noël! Noël! J’entends les cloches dans la nuit.
Et j’ai, sur ces feuillets sans foi, posé ma plume.
Ô souvenirs, chantez! Tout mon orgueil s’enfuit,
Et je me sens repris de ma grande amertume.

Ah! ces voix dans la nuit chantant Noël! Noël!
M’apportent de la nef qui là-bas, s’illumine
Un tendre, un si doux reproche maternel
Que mon cœur trop gonflé crève dans ma poitrine.

Et j’écoute longtemps les cloches, dans la nuit…
Je suis le paria de la famille humaine,
À qui le vent apporte en son sale réduit
La poignante rumeur d’une fête lointaine.

Jules Laforgue est décédé de la phtisie, à Paris en 1887…il n’avait que 27 ans!

Je me tourne ensuite vers une poétesse dont j’aime l’écriture et ce, depuis mes années d’étudiante. Marie Rouget, de son nom de plume, Marie Noël, est née à Auxerre en 1883 et est décédée en cette même ville, en 1967.  On a dit de Marie Noël qu’elle était « le poète du désespoir et de la foi ». J’ai choisi quelques vers d’un poème qui a pour titre Morale aux maisons trop prudentes, extrait de Le Rosaire du Jour, publié en 1930.

…Mais qui donc s’arrête ici ce soir?
Une femme passe, un vieux, un âne peureux…
Il ne reste pas de place
Sous les autres toits pour eux
Pour loger à la froidure.
Mais, ô ciel, quelle aventure!
Voici qu’en ce pauvre lieu
Ces pauvres gens sur la dure
À minuit ont couché Dieu
Dieu, le Roi des Cieux qui passe
Sa nuit sur la terre basse…

…Maisons, ce soir apprenez
À ne pas être tant pleines.
Gardez pour un Dieu nouveau-né
Qu’un pas obscur vous amène
Gardez un vide, un endroit…
Gardez un petit espace,
Ô maisons, pour Dieu qui passe.

De Jean O’Neil, un de mes auteurs québécois préféré, j’ai gardé plusieurs poèmes de Noël. La plupart sont tirés du livre qui a pour titre Hivers. Celui que je vous offre s’appelle tout simplement Joyeux Noël!

Noël a mis sa robe blanche
Et de la neige à la fenêtre
Pour un petit qui vient de naître
Car son étoile entre les branches
Dit que l’espoir est un berceau
Perdu dans l’univers immense
Qui s’enfuit hors de toute science
Telle entre les doigts passe l’eau.

Oui, Noël revient en décembre
Avec ses chants et ses lumières
Avec sa dinde et ses tourtières
L’enfant sourit dans l’antichambre
Où les pauvres sont endormis
Sans leurs agneaux, et sans chameaux
Klaxons remplaçant les grelots
Les grands rois viendront en taxi!

Salut Joseph! Salut Marie!
Grand merci d’être au rendez-vous!
Vous n’avez pas changé beaucoup
Entre le bœuf et l’âne gris
Nous sommes aussi revenus
Nous retremper dans la légende
Comme des enfants qui quémandent
Tellement ils se sentent nus.

L’entropie dégrade nos vies
Et elle gruge notre foi
Autant le quotidien déçoit
Autant la moindre fête nous ravit.
Toi, Noël, au bout de nos peines
Tu promets que tout recommence
À la fontaine de Jouvence
Où l’amour est à prix d’aubaine.

Et voilà!  On n’y peut rien. Noël, c’est le rendez-vous avec ce petit enfant dont on parle encore depuis plus de 4,000 ans!  Il ne faut pas le laisser passer tout droit.  Gardons-lui un petit espace dans notre maison, dans notre fête, dans notre vie. Je termine avec les paroles du refrain du chant de l’Avent de cette année : « Oui, nous t’attendons, toi, le Fils de Dieu. Viens combler nos cœurs d’amour et de pardon.  Oui, nous t’attendons. »  Une autre façon de dire : « Venez Divin Messie! »

 Heureuses Fêtes à vous qui me lisez!

© Madeleine Genest Bouillé, 11 décembre 2018