Noël, son histoire, ses cantiques…

Nos coutumes de Noël, ça part sûrement de quelque chose ou de quelqu’un, quelque part. Les objets, les personnages et les animaux, chacun pris à part, nous font voyager dans les traditions anciennes et dans les pays où la religion chrétienne est ancrée depuis des millénaires.

J’ai fait quelques recherches dans l’amas de paperasses que je conserve depuis l’époque où j’ai commencé à fabriquer Le Phare (je parle du bulletin local évidemment). Étant donné que j’aime Noël et le temps des Fêtes, ce ne sont pas les écrits, ni les images qui manquent.

Je commence avec la crèche. Certains textes disent que le pèlerinage sur les lieux de la naissance de l’enfant Jésus date du 3e siècle et que l’on y montrait déjà la crèche, la mangeoire et la grotte. C’est à saint François d’Assise qu’on doit une première messe de Noël en 1223 à Greccio, un petit village d’Ombrie. Dans une grotte, on avait disposé une crèche garnie de foin et on y avait amené un bœuf et un âne. Il n’y avait pas de personnages, le Christ étant vivant dans l’Eucharistie. La présence des animaux dans une crèche est significative de la nuit de Noël. Plusieurs légendes autour de la Nativité attribuent à l’âne et au bœuf, et partant, à tous les animaux de la ferme, le pouvoir de parler et de faire des prédictions au cours de cette nuit sainte. Le chant qui me vient à cette évocation des animaux de la crèche est bien entendu « Entre le bœuf et l’âne gris… où dort le petit Fils, tandis que mille anges divins, mille séraphins volent alentour de ce grand Dieu d’amour! »

Les crèches, telles qu’on les connait, avec les personnages de Marie, Joseph et l’enfant Jésus, ainsi que leurs visiteurs, les bergers et un peu plus tard, les rois Mages, ont fait leur apparition en Italie à partir du 15e siècle. Plusieurs cantiques se rapportent aux principaux personnages, à commencer par Il est né le Divin Enfant. Arrêtons-nous donc « Dans cette étable où Jésus est charmant! » Il y a beaucoup de monde à la crèche. Les bergers, qui ont été les premiers avisés : « Ça bergers assemblons-nous, allons voir le Messie! » Demandons plutôt à cette jeune fille, qui se tient près de l’entrée avec son petit agneau dans les bras : « D’où viens-tu bergère?  Je viens de l’étable, nous dit-elle, j’ai vu un miracle, ce soir arrivé. » Les chants de Noël ne font pas tous référence à Marie.  C’est à saint Alphonse de Liguori (1696-1787) qu’on doit le magnifique chant « Les cieux ravis ne chantaient plus, ils cessèrent leur harmonie, lorsque chanta Marie au berceau de Jésus. »  Plus près de nous, le poète et romancier français du XIXe siècle, Théophile Gauthier a composé ce très beau chant : « Le ciel est noir, la terre est blanche… Cloches, carillonnez gaiement! Jésus est né, la Vierge penche sur Lui son visage charmant. »    

     

Pour ce qui est des anges, il est évident que Noël leur appartient! C’est un ange qui annonça à Marie qu’elle mettrait au monde un enfant, vraiment pas ordinaire. C’est aussi un ange qui parla à Joseph en songe, lui disant qu’il devait épouser Marie malgré tous les cancans qui couraient dans le village. C’est un ange qui avertit les bergers de se rendre à la crèche où était né Jésus. Il n’y a pas de Noël sans au moins un ange. Qu’il trône en haut de l’arbre de Noël ou qu’il se tienne près de la crèche comme un veilleur… j’ai toujours fait une place d’honneur à l’ange de Noël! Pour ce qui est des chants, tout le monde connaît « Les anges dans nos campagnes ont entonné l’hymne des cieux Gloria, Gloria, in excelsis Deo! » Il y a aussi cet autre cantique aux accents joyeux : « Les Chœurs angéliques ont chanté Noël… mêlons nos cantiques aux accents du ciel! Noël! Noël! Chantons tous Noël! »

La liturgie de l’Avent a remis à la mode le rituel de la couronne de l’Avent avec ses quatre bougies. Autrefois, ce rituel avait une signification qui semble s’être perdue dans le temps; Ainsi, le 1er dimanche, la bougie symbolisait le pardon à Adam et Eve, qui ne seront donc pas condamnés au feu éternel. Le 2e dimanche, la bougie symbolisait la foi des patriarches qui croient au don de la Terre Promise. Le 3e dimanche, la bougie  rappelle la foi de David qui célèbre l’Alliance et le fait qu’elle durera toujours.  Et le 4e dimanche, la dernière bougie symbolise l’enseignement des prophètes qui annoncent un règne de paix et de justice. « Venez Divin Messie, nous rendre espoir et nous sauver!  Vous êtes notre vie, venez, venez, venez! »

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On arrive au sapin, issu d’une très ancienne tradition païenne, qui existait de la Rome antique jusqu’en Scandinavie. La fin de décembre, fin du cycle des saisons, était le temps où on célébrait l’arbre. La tradition du sapin de Noël est née  il y a 5 siècles en Alsace.  Toujours vert, malgré  la neige et le froid, le sapin décoré de bougies et de petits cadeaux est un symbole de vie et d’allégresse! « Mon beau sapin, roi des forêts, que j’aime ta verdure! »

La bûche de Noël, devenue un dessert apprécié de tous, possède une richesse symbolique qui remonte loin dans le temps! Cette tradition, vieille de neuf  siècles, accompagnait la veillée de Noël, au temps où on se chauffait  au feu de l’âtre. La bûche qu’on brûlait à Noël devait durer trois jours et on se devait de l’allumer avec un tison conservé de la bûche de l’année précédente. On jetait sur la bûche de Noël du sel, du vin ou du miel, pour appeler la fécondité. Tout cela rejoignait les plus anciens rites du feu régénérés par le symbole chrétien de la lumière. « Il me reste une bûche, une dernière bûche… viens t’y chauffer un peu. » ou si vous aimez mieux : « Le feu danse dans la cheminée… dehors on tremble de froid… »

Quant aux cadeaux, depuis des temps immémoriaux, le solstice d’hiver et le changement d’année incitent les gens à s’échanger des présents. Qu’ils soient apportés par le petit Jésus, saint Nicolas où, depuis le XIXe siècle, par le Père Noël.  On y trouve aussi une connotation avec la liturgie chrétienne, par le rappel de la visite des rois mages à Jésus, événement qu’on célébrait jadis le 6 janvier, lors de la fête de l’Épiphanie. « De bon matin, j’ai rencontré le train, de trois grands rois qui allaient en voyage… de bon matin, j’ai rencontré le train de trois grands rois dessus le grand chemin. »

Joyeux temps des Fêtes!

© Madeleine Genest Bouillé, 23 décembre 2017.

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