Une petite douceur au cœur de l’hiver

Je ne sais pas si vous êtes de mon avis, mais je trouve qu’on a un hiver particulièrement rude : il neige presque tous les jours et quand il fait beau soleil, souvent il vente, et  alors  la poudrerie se déchaîne. Chaque saison a ses beautés et rien n’égale la splendeur d’un paysage d’hiver! Tout ce blanc ouaté, avec le bleu du ciel – quand il fait beau évidemment – c’est magnifique! Je ne voudrais pas vivre ailleurs que dans notre beau pays avec ses quatre saisons.  Mais j’avoue que je trouve ça long! Contrairement à ceux qui passent une partie de l’hiver dans le sud, nous vivons la saison froide chez nous, du début à la fin, comme la plupart de ceux et celles qui s’impliquent bénévolement dans leur milieu. Les activités ne cessent pas en hiver, au contraire!

Justement, au cœur de l’hiver, la Saint-Valentin, avec ses petits cœurs et ses cupidons, nous apporte un prétexte pour fêter. Mais qui était donc ce saint qu’on fête avec fleurs, chocolat et mots tendres le 14 février? Valentin de Terni était un prêtre qui vivait au troisième siècle. L’empereur romain Claude II trouvait que les hommes mariés faisaient de piètres soldats, étant donné qu’ils ne voulaient pas abandonner leur famille. Ne reculant devant rien, cet empereur a donc aboli le mariage. L’histoire nous dit que Valentin encouragea alors les jeunes fiancés à venir le trouver en secret pour recevoir la bénédiction du mariage. Il fut donc arrêté et emprisonné. Il mourut martyrisé par les Romains le 14 février de l’an 270.

L’histoire ajoute ceci : pendant qu’il attend son exécution dans sa prison, Valentin se prend d’amitié pour la fille de son geôlier, laquelle était aveugle, et lui redonne la vue. Juste avant d’être décapité, il lui offre des feuilles en forme de cœur avec le message suivant : « De ton Valentin ».

Mais bien avant Valentin, il existait déjà une fête païenne célébrée à la mi-février qu’on appelait « Les Lupercales ». Pendant cette fête romaine, les adolescents devaient se soumettre à un rite d’initiation. Chaque jeune homme pigeait le nom d’une jeune fille qui lui était assignée pour l’année. En 496, le pape interdit cette fête qui était devenue trop licencieuse. Il choisit alors Valentin comme patron des amoureux et décrète le 14 février, jour de fête.

À partir de là, commencent les coutumes qui encore aujourd’hui marquent cette fête des amoureux. Cupidon, qui dans la mythologie romaine représente le dieu de l’amour, est tout désigné pour devenir le représentant de la fête. Pour ce qui est des cartes de vœux affectueux, on dit que la plus ancienne carte connue fut envoyée par Charles, duc d’Orléans alors qu’il était emprisonné à la Tour de Londres. En effet, il envoya à sa femme une carte contenant un poème d’amour. Les fleurs, de par leur beauté et leur fragilité, sont parmi les présents les plus appréciés de même que les chocolats.

Beaucoup de gens trop raisonnables déplorent la commercialisation excessive de cette fête et jugent ces manifestations « quétaines ». Moi je crois plutôt qu’on doit prendre cette journée pour ce qu’elle est : une occasion de faire plaisir, de mettre un peu de chaleur dans notre hiver. Évidemment, quand on aime quelqu’un on n’a pas besoin de date spéciale pour exprimer nos sentiments, mais la Saint-Valentin est une occasion de plus. Ce n’est donc pas négligeable. Et puis, la Saint-Valentin, ce n’est pas que pour les amoureux; quelques mots sur une carte, ça peut aussi apporter un peu de joie à un ou une ami(e) qu’on ne voit pas souvent, à une personne de notre entourage dont on connaît la solitude… Dans la vie, il ne faut pas négliger ces occasions qui apportent une petite douceur au cœur de l’hiver.

Bonne Saint-Valentin à chacun et chacune de vous!

Madeleine Genest Bouillé, 14 février 2018

L’amour, ce qu’on en dit et ce qu’on en pense!

oqwp8iy6La Saint-Valentin est à nos portes et on ne peut quand même pas faire comme si cette fête des amoureux nous laissait indifférents! Mais qu’est-ce que cet amour dont on parle sur tous les tons, de la comédie à la tragédie? Dans l’opéra de Carmen, on chante que : «  l’amour est enfant de Bohème, qui n’a jamais connu de loi »… c’est grandiose, dramatique! Par contre, ce qu’on nous fait voir dans les films, à la télévision ou sur Internet et ce qu’on lit dans les revues et les romans modernes nous montre l’amour comme quelque chose de « capotant », une flambée qui dure le temps d’un beau feu d’artifice… c’est-à-dire, pas longtemps!

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour ma part, je crois que l’amour, le vrai, c’est plus que ce petit feu de camp qui réchauffe seulement les mains, laissant le dos frissonnant dans la fraîcheur du soir. On a à peine le temps de faire griller quelques guimauves, et c’est fini! Tout le monde sait qu’un feu qu’on n’attise pas meurt tout doucement… Les braises ont fréquemment besoin d’être réveillées.

carte-postale-ancienne-amourPour étoffer mon grain de sel, je suis allée voir ce qu’en disent les penseurs, les écrivains, quelques saints même, toutes gens d’époques différentes. Tout d’abord, saint Paul, ce saint sévère à qui on reproche parfois de ne pas aimer les femmes, consacre tout une épître à l’amour; ça se résume en ces mots : « Si je n’aime, je ne suis rien ». Saint Augustin – un saint qui ne l’a pas toujours été – précise que « La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure ». D’une façon très poétique, un proverbe africain dit : « Là où l’on s’aime, il ne fait jamais nuit ». Si l’amour peut éclairer la vie, la comtesse de Ségur nous prévient qu’il est aussi « comme la lune : quand il ne croît pas, il décroît ».

Qu’est-ce donc que cet amour dont on ne parle souvent qu’à demi-mot – sans doute pour ne pas l’effrayer – et qui est la cause de tant de bonheur et aussi, de tant de malheur ? D’après Victor Hugo – un infidèle notoire – « Aimer, c’est la moitié de croire ». Et qui ne connaît pas cette phrase de Saint-Exupéry : « S’aimer, ce n’est pas se regarder l’un, l’autre, c’est regarder ensemble vers la même direction ». L’auteur du Petit Prince dit aussi : « L’amour véritable commence là où il n’attend rien en retour ». Philosophe français, du début du XXe siècle, Gabriel Marcel nous donne cette très belle définition : « Aimer un être, c’est espérer en lui pour toujours ». L’amour vrai peut même se passer de paroles selon cet autre philosophe français, Jean Guitton : « L’amour solide, c’est pouvoir se taire ensemble sans briser l’entretien ».

presentationQui n’a pas déjà lu ou entendu ces vers de Rosemonde Gérard : « …et chaque jour je t’aime davantage… aujourd’hui, plus qu’hier, et bien moins que demain ». Dans l’amour qu’est-ce qui importe? Michel Quoist dit : « L’essentiel de l’amour n’est pas de faire quelque chose pour l’autre, mais bien d’être là pour l’autre ». Dans la même veine, Félix Leclerc nous dit : « L’amour se passe de cadeau mais pas de présence ». De Félix, j’aime beaucoup cette autre pensée : « Le verbe AIMER pèse des tonnes : des tonnes de chagrins, d’inquiétudes, de joies, etc… Ne le fuis pas. Le verbe NE PAS AIMER pèse encore plus lourd ».

Donc, aimer, c’est être là pour l’autre, espérer en lui, croire en lui. Ce n’est pas tout.  C’est d’un écrivain autrichien, Reiner Maria Rilke, que nous vient cette pensée : « Le plus beau cadeau que l’on puisse faire à la personne aimée, c’est la liberté ». Celle-là, elle mérite d’être lue, relue et méditée!

Quand j’étais étudiante, la mode était aux carnets d’autographes. C’était un accessoire indispensable et c’était à qui aurait le plus de signatures. Sur la première page de mon carnet, mon père avait écrit ceci : « Rien ne fait un effet plus magique que celui d’être aimé. C’est comme si le bon Dieu posait la main sur votre épaule ». Et voici un proverbe russe qui en dit long : « Les défauts sont épais là où l’amour est mince ». À ceux qui croient que l’amour et le mariage sont incompatibles, André Maurois dit ceci : « Un mariage heureux est une longue conversation qui semble toujours trop brève ». Et que dire de ce si joli poème de Félix Leclerc :

st-valentin-3« Plus fragile que la feuille à l’arbre, la vie.
Plus lourde que montagne au large, la vie…
Légère comme plume d’outarde,
Si tu la lies, à une autre vie…
Ta vie… »

 Il y en aurait tant d’autres, de ces pensées, maximes et poèmes, et que dire des chansons, telles l’immortelle Parlez-moi d’amour! Tous nous parlent de l’Amour avec un « grand A ».  Je termine avec ces deux petits mots qui en disent beaucoup :

De Julos Beaucarne, le barde belge : « Plus on aimera trop, moins ce sera assez ».

Et de Victor Hugo : « Moi, je ne veux qu’aimer, car j’ai si peu de temps! »

Bonne Saint-Valentin à  chacun et chacune de vous!

© Madeleine Genest Bouillé, 11 février 2017