De filles en mères…

Je voulais remonter ma généalogie, de filles en mères… Pour ce faire, j’ai commencé par ma mère, Jeanne Petit, tout de suite après vient ma grand-mère maternelle, Blanche Paquin, et ensuite, la mère de Blanche, Amaryllis Boissonnault – dit Boissinot, épouse de Grégoire Paquin. De toute évidence, Amaryllis n’était pas native de Deschambault, car le patronyme Boissonnault ou Boissinot, tel qu’on le voit écrit sur les papiers de famille, n’est pas un nom d’ici. J’ai donc essayé d’imaginer qui pouvait bien être cette aïeule dont je n’ai pas souvent entendue parler. Je suis donc allée sur le site Mes Aïeux.com et j’ai trouvé le lieu de naissance d’Amaryllis ainsi que les noms de sa mère et  de sa grand-mère. C’était déjà beaucoup! La mère d’Amaryllis se nommait Angèle-Béatrice Corriveau, elle demeurait à Berthier-sur-Mer et la mère d’Angèle-Béatrice, s’appelait Angèle Nadeau. Ainsi donc, aussi courte soit-elle, je vous présente ma généalogie « de filles en mères ».

Qui étais-tu Amaryllis? Qui étais-tu, toi, mon arrière- grand-mère? Avant d’être la femme de Grégoire Paquin, avant d’être la mère de Blanche ainsi que de neuf autres enfants, dont quatre sont décédés en bas âge? Quelle enfant, quelle jeune fille, quelle femme as-tu été, toi dont on sait si peu de choses, toi dont nous n’avons même pas une photo?

Chère arrière-grand-mère Amaryllis, avec un aussi joli prénom, j’aime à croire que tu étais belle. On t’a donné un nom de fleur, ce qui n’était pas rare à l’époque, mais ton prénom est tout de même d’un usage peu courant. J’ignore si ta mère connaissait cette fleur de la famille du lys. Est-ce toi qui as légué à plusieurs de tes descendants ces cheveux blond roux, ces yeux bleus et cette peau blanche parsemée de taches de rousseur? Ou alors, ça nous vient du côté Paquin. Bien difficile à dire… surtout que ta fille Blanche a épousé son cousin, Edmond Petit, le cordonnier, fils d’Angèle, la sœur de Grégoire. Ça peut sembler un peu mêlant, mais comme je m’amuse à dire parfois : « Nous, on a du Paquin en double! »

Je me demande si c’est de toi que maman tenait son talent pour la couture… Tu devais certes être travaillante; ta fille, Blanche, une femme toute menue, travaillait sans relâche, jusqu’au jour où, paralysée, elle fut forcée d’arrêter. Elle est décédée avant même d’atteindre ses 70 ans, après quelques années de maladie. Tu aimais sans doute la musique, les chansons ? J’ose espérer que tu aimais à rire. La maison de mon grand-père a résonné de tant de rires, de musique, de chansons et d’histoires « pas toutes bonnes à mettre dans la soupe », comme aurait dit ma mère.

Où donc as-tu connu Grégoire, l’homme que tu as épousé? Je sais que tes parents, Honoré Boissonnault et Angèle-Béatrice Corriveau vivaient à Berthier-sur-Mer – ou comme on disait autrefois Berthier-en-Bas. Peut-être étais-tu en visite à Deschambault, chez des parents, des amis… c’est une possibilité. Ou bien encore, il se peut que tu aies été une « fille engagère » comme on nommait dans le temps les domestiques. Que d’inconnu! L’important, c’est que Grégoire et toi vous ayez été heureux, c’est l’essentiel.

Maison de la famille Paquin (où est située aujourd’hui celle de Léon Montambault et Laurette St-Amant).

Tout ce que les papiers nous apprennent, tient dans quelques lignes. Le 5 mai 1879, en la paroisse de Deschambault, tu épousais Grégoire Paquin, fils de Léon Paquin et Julie Proulx. Les enfants n’ont sans doute pas tardé à arriver, même si on ne connaît pas les dates de ces naissances. Il y eut tout d’abord trois garçons : Eugène, Georges et Alfred, puis un quatrième, André, qui décède en bas âge. Ensuite trois filles, Blanche, Ernestine et Eugénie s’ajoutent à la famille, et enfin, trois autres bébés, Marie, Clémentine et William, qui sont « portés en terre dans les langes », selon les termes de l’époque.

Le 5 mai 1903, vingt-quatre ans après ton propre mariage, ta fille, Blanche, toute jeunette, a épousé son cousin Edmond Petit, fils de Nérée Petit et d’Angèle Paquin. Blanche et Edmond qu’on appelait familièrement Tom, ont eu à leur tour dix enfants, dont trois, Guillaume, Jeanne et Pierrette, qui sont décédés en bas âge, Thérèse, une deuxième Jeanne –  ma mère – Jean-Paul, Alice, Irma, Gisèle et Rollande formaient la famille de mes grands-parents. Tante Rollande est ma seule tante encore vivante.

Ta petite-fille Jeanne, ma mère, s’est mariée le 30 août 1932 avec Julien Genest, un « étrange » arrivé à Deschambault depuis quelques années pour travailler à la Ferme-École du Gouvernement provincial. À leur tour, Jeanne et Julien, tout comme Blanche et Edmond, et comme toi et Grégoire, ont eus dix enfants, fort heureusement tous réchappés! Depuis, les naissances sont moins nombreuses, puisque les enfants de Jeanne et Julien, tes arrière-petits-enfants, totalisent à ce jour dix-huit enfants et seulement dix petits-enfants.

Amaryllis, c’est dommage, mais aucune de tes descendantes, à ma connaissance, ne porte ton si beau prénom! Peut-être un jour, plus tard, une arrière-arrière-petite fille, sera appelée Amaryllis… On ne sait jamais!

© Madeleine Genest Bouillé, 28 avril 2017

La famille de ma mère: les Paquin et les Petit

Photo de mariage d'Edmond et Blanche (la photo "double" était à la mode à cette époque).

Photo de mariage d’Edmond et Blanche (la photo « double » était à la mode à cette époque).

Il me fait grand plaisir de vous présenter maintenant les parents de ma mère, Blanche Amaryllis Paquin, et Edmond Petit, lors de leur mariage le 5 mai 1903. Coïncidence, nos grands-parents Genest et Petit ont convolé le même mois de la même année. Vous remarquerez la photo double qui devait être alors très à la mode. Mes grands-parents maternels étaient cousins germains, Blanche étant la fille d’Amaryllis Boissonnault et de Grégoire Paquin et Edmond – qu’on a toujours appelé Tom, le fils d’Angèle Paquin, la sœur de Grégoire, et de Nérée Petit. Les parents de Grégoire et Angèle, Léon Paquin et Julie Proulx, demeuraient dans une maison qui a été incendiée en 1918; cette demeure était située au même endroit que la maison Montambault, au 338, sur le Chemin du Roy. Grégoire et Amaryllis ont eu dix enfants, dont quatre décédés en bas âge. Eugène, Georges, Alfred, Ernestine, Eugénie et Blanche se sont mariés et ont eu des enfants. Les Paquin de ma branche maternelle sont issus de Nicolas Paquin, l’ancêtre de tous les Paquin, et de sa deuxième épouse, Thérèse Grosleau.

Les oncles Petit avec le cousin Georges Paquin.

Les oncles Petit avec le cousin Georges Paquin.

Pour ce qui est de la famille Petit, le premier de notre lignée était Charles, marié à une Fille du Roy, Jeanne Rossignol. Charles est décédé très jeune; il laissait pour perpétuer son nom deux garçons : Jacques et Nicolas. Ce dernier se marie en 1700 à Neuville tandis que son fils, Jean-François, épouse à Cap-Santé Françoise Matte en 1725. C’est avec Augustin de la quatrième génération qu’on voit les Petit établis à Deschambault à partir de 1774. La généalogie nous apprend que Nicolas, le fils d’Augustin, marié à Angélique Marcotte, acquiert une terre au village de Deschambault sur le lot 54 en 1800. En 1809, il déménagera sur le lot 24 à l’ouest de la terre des Delisle. Sur les papiers officiels, David, fils de Nicolas, qui a épousé Flavie Gauthier en 1827, a été identifié comme cultivateur. Nérée, mon arrière-grand-père, l’époux d’Angèle Paquin, est lui aussi cultivateur et d’après ce que je sais, ses cinq fils n’ont pas repris le métier de leur père. Quatre d’entre eux, Ulderic, Jean, Alfred et Victor, ont vécu à Grand-Mère. Cependant, l’oncle Alfred est revenu vivre à Deschambault après son mariage. Les deux maisons qu’il a construites ont toutes les deux la particularité d’être bâties dans une côte (la maison au coin de la rue Johnson et la maison Vézina). Nérée et Angèle ont eu aussi cinq filles : Caroline, Hélène, Joséphine, Rose et Louise. Seul mon grand-père, Tom, a passé sa vie à Deschambault où il a exercé le métier de cordonnier. Sur la photo des frères Petit, on voit aussi le cousin Georges Paquin. Les deux familles étaient très liées, Paquin autant que Petit aimant rire, avoir du plaisir et festoyer.

Les tantes Petit: Rose, Hélène et Joséphine.

Rose, Hélène et Joséphine Petit.

Mes grands-parents Petit ont eu dix enfants, dont trois sont décédés en bas âge; il s’agissait des deux premiers, Guillaume et Jeanne, ainsi que Pierrette, qui était la septième. Parmi les survivants, l’aînée Thérèse était mariée à Adrien Létourneau, avec qui elle a eu quatre enfants. Tante Thérèse est décédée à quarante-deux ans. Venait ensuite Jeanne, ma mère, qui a épousé Julien Genest le 30 août 1932; Jean-Paul, marié à Bernadette Mottard, a eu quatre enfants; Alice, qui a épousé Léo, un des frères de mon père, n’a eu qu’un fils. Irma et Gisèle sont demeurées célibataires et Rollande, mariée à Roméo Hamelin, a eu cinq enfants. Tante Rollande est notre seule tante encore vivante. Notre grand-mère Blanche est décédée en 1951 et son mari, « le Père Tom » l’a suivie en 1955.

Nos grands-parents tant Genest que Petit ont eu chacun de leur côté vingt-quatre petits-enfants. Une autre génération a essaimé du Canada aux États-Unis en passant par le Grand Nord… et peut-être ailleurs, qui sait, nous nous sommes perdus de vue depuis déjà bien longtemps!

© Madeleine Genest Bouillé, juillet 2015

Maison de Grégoire Paquin (à l'emplacement actuel du 338 Chemin du Roy).

Maison de Grégoire Paquin (à l’emplacement actuel du 338 Chemin du Roy).

Mes ancêtres Genest, ces inconnus…

Alvine et Joseph Genest, en 1903.

Alvine et Joseph Genest, en 1903.

J’ai l’honneur de vous présenter mes grands-parents paternels, Joseph Genest et Alvina Frédénia Pelletier. Cette photo est celle de leur mariage le 15 mai 1903, en la paroisse de Saint-Sauveur. Leur histoire est très courte et somme toute, assez triste. Mariée à 29 ans, Alvina a donné naissance à six garçons. En 1913, elle est décédée d’une méningite, nous a-t-on dit, à l’âge de 39 ans. Joseph, un homme grand, fort et en santé, a succombé à la grippe espagnole en 1918; il était dans la quarantaine. Mon père n’avait pas quatre ans lors du décès de sa mère et à la mort de son père, il avait à peine huit ans. Donc, pas vraiment de souvenirs d’enfance en famille!

J’interroge parfois cette photo pour tenter de saisir qui étaient ces grands-parents dont la vie n’a été qu’un bref passage en ce monde. Les photographies de cette époque ne révélaient pas grand-chose des personnages qui devaient demeurer immobiles de longues minutes en attendant le déclic du photographe. Grand-Mère, comment te nommait-on? Alvina ou Frédénia? Je préfère Alvine… c’est moins cérémonieux que Frédénia. D’ailleurs, à ma naissance, on m’a donné le prénom d’Alvine en plus de celui de mon autre grand-mère Blanche, qui se trouve aussi être celui de ma marraine, Blanche Petit-Paris. J’ai été gâtée, vraiment!

La généalogie de la famille de mon père nous apprend que le premier Genest de notre lignée se nommait Géraud, il avait épousé en 1670 Marie Lacoste et, à leur arrivée en Nouvelle-France, ils venaient de Toulouse. Toulouse dans le Midi de la France, au pays du soleil! Pourquoi ont-ils choisi de s’expatrier? Et comment ont-ils pu demeurer en ce pays sauvage après y avoir passé un hiver? Ils étaient peut-être des gens remplis d’espoir en l’avenir ou bien ce qu’ils laissaient derrière eux étaient pire que ce qu’ils allaient connaître.

À la cinquième génération Genest, on fait connaissance avec Jacques, qui a épousé en 1800 Madeleine Chrétien; ils vont s’établir à Saint-Raymond. C’était dans les débuts de cette toute nouvelle paroisse. Jacques a eu trois enfants, tous établis à Saint-Raymond. Madeleine, mariée à Laurent Bédard en 1851, Joseph, marié à Caroline Gauvin en 1857 et Michel, mon arrière-grand-père, marié à Marie-Délima Gagné en 1864. Michel et Marie-Délima ont eu trois filles et deux fils : Edmond, mon grand-oncle, qui a vécu à Ottawa et Joseph, mon grand-père.

Parallèlement, à la même époque, on rencontre la famille d’Édouard Pelletier, également établie à Saint-Raymond. Edouard, marié en premières noces à Marie Morasse, a deux enfants, Lorenzo et Alvina Frédénia. On peut supposer que ces deux familles se connaissaient déjà puisqu’on les retrouve à Québec en 1903, alors que Joseph Genest épouse Alvina Frédénia Pelletier.

Rangée du haut: oncle Gérard Genest, tante Alice Paquet et oncle Léo Genest; rangée du bas: maman, papa et tante Alice Petit (1961).

Rangée du haut: oncle Gérard Genest, tante Alice Paquet et oncle Léo Genest; rangée du bas: maman, papa et tante Alice Petit (1961).

Quand on lit l’histoire de Saint-Raymond, on apprend qu’en 1899, un incendie a détruit une quarantaine de maisons. Serait-ce à la suite de cet incendie que les Genest tout comme les Pelletier ont décidé de déménager à Québec ? C’est fort possible. Papa nous disait qu’il était né « au pied de la Pente Douce », sur la rue Hermine. Après le décès de Joseph, les garçons ont été éparpillés. Le bébé, Gérard, a vécu aux États-Unis chez son tuteur l’oncle Lorenzo Pelletier jusqu’à l’adolescence. Georges a été élevé à Ottawa, chez l’oncle Edmond; il a fait carrière dans la Gendarmerie Royale du Canada et a épousé une anglophone du Nouveau Brunswick, avec qui il a eu un fils. Je ne sais pas grand-chose de Laurent, sauf qu’il ne s’est pas marié. Les parrains n’avaient pas tous la possibilité de s’occuper de leurs filleuls, aussi Léo, Julien et Maurice ont connu la vie dans les orphelinats. En dernier lieu, mon père a été à l’orphelinat de Saint-Césaire, où il avait appris le métier de jardinier. C’est également à cet endroit qu’il a rencontré le Frère André qui demeurait dans cette institution; papa a toujours eu une grande dévotion au Frère André. Au cours des années 1920, mon père et mes oncles sont arrivés à Deschambault pour travailler à la Ferme-École du gouvernement provincial. Maurice a épousé une jeune fille de Portneuf, Marguerite Couture, avec laquelle il a eu deux enfants. Marguerite décédée très tôt, Maurice s’est remarié avec Yvette Germain, qui travaillait à l’Hôtel Maple Leaf à Deschambault (actuellement le 398 chemin du Roy). Ils ont eu dix enfants. Léo a épousé tante Alice, sœur de maman; ils ont eu un fils, Michel, décédé tragiquement sur un bateau à l’âge de vingt ans. Julien a rencontré Jeanne, notre mère, et ils se sont épousés le 30 août 1932… Et c’est ainsi que commence mon histoire, celle de mes frères et de ma sœur, et la vôtre, chers enfants et petits-enfants! Une histoire avec beaucoup de points d’interrogation!

À bientôt pour la rencontre avec les familles Petit et Paquin.

© Madeleine Genest Bouillé, juillet 2015