Croyez-vous au bonheur?

Je faisais du ménage dans mes paperasses. J’ai commencé par classer ma bibliothèque; c’était pas du luxe! Après cela, je me suis attaquée au tiroir des feuilles de musique de mon gros classeur. Je vous ai déjà parlé de mes tentatives de rangement jamais terminées.  Je ne sais pas combien fois je me suis plongée dans ce classement. Mais voilà, commencer un  ménage, c’est une chose, le finir, c’en est une autre!

Mais là, je m’y suis mise sérieusement. Je n’ai pas jeté grand-chose, seulement les copies supplémentaires. En repassant mes partitions, j’ai remarqué que plusieurs chansons parlent du bonheur. C’est un thème qui revient sur tous les tons, le bonheur à deux, le bonheur tout court, le bonheur qui s’en vient ou qui s’en va. Sur Facebook aussi on voit souvent des pensées ou des poèmes sur ce thème du bonheur. On partage, ça revient, on repartage… Si on ne partage pas, on ne sait jamais, tout à coup il passe dans mon bout, ce cher bonheur, et qu’il ne s’arrête pas parce que je n’ai pas partagé? On a un petit fond de superstition. Mais le bonheur, le vrai, y croit-on vraiment?

D’une chanson à l’autre, je me suis arrêtée à celle-ci, qu’on chantait dans ma jeunesse et qui a pour titre Il faut croire au bonheur.  Il y a trois couplets. Je vous les chante, même si vous n’entendez rien…

Ô toi qui de ma vie
Sais dorer les instants
Ô douce et tendre amie
Fais trêve à mon tourment
Pourquoi rester morose,
Devant les prés en fleurs
Puisqu’il y a des roses
Il faut croire au bonheur!

 Écoute, l’oiseau chante
Il se rit de tes pleurs.
De l’amour qui l’enchante
Il redit la ferveur.
Ne sois pas si dolente
Reviens de ta froideur.
Et puisque l’oiseau chante
Il faut croire au bonheur.

 Vois le ruisseau qui rêve
Il ne sait pas vieillir.
La brise le soulève
Et le fait tressaillir.
La terre est en liesse
Tout chante dans les cœurs.
Devant tant d’allégresse
Il faut croire au bonheur!

Il y en a des chansons qui parlent du bonheur! Je pense entre autres, à Il est où le bonheur?, Le bonheur c’est quand on s’aime, Le petit bonheur de Félix Leclerc et cette très belle chanson de Jacqueline Dulac Lorsqu’on est heureux : 

Lorsqu’on est heureux, on devrait pouvoir arrêter la vie
Arrêter le temps, la terre et les gens qui n’ont rien compris
Lorsqu’on est heureux, on devrait avoir pour unique envie
Tout au long des jours, de s’aimer d’amour…

J’aime bien la musique de cette chanson, mais certaines paroles me posent question, entre autres :

On devrait mourir lorsqu’on est heureux …
Pour ne pas pleurer, ne pas regretter et ne pas vieillir,
Pour ne pas sentir son bonheur finir, on devrait partir.

Qu’en pensez-vous? Moi je ne suis pas certaine que mourir soit la solution. Même si on y vient tous un jour. Il y a des moments où dans la vie on croit que tout est fini et le lendemain ou le jour d’après, le soleil brille à nouveau et on recommence à croire au bonheur.

Si je me tourne vers le petit carnet de pensées qui date de mes dernières années de couvent, j’ai une meilleure opinion du bonheur. Ainsi, il faut prendre les moments de bonheur quand ils passent, les savourer sans penser qu’ils vont peut-être finir, ou ceci : le bonheur est la seule chose qu’on est certain d’avoir lorsqu’on l’a donné. J’aime bien cette citation : le grand secret du bonheur c’est d’être bien avec soi-même. Et que penser de celle-ci: on n’a pas besoin de bonheur pour être heureux. Même s’il est vrai qu’au bonheur humain il manque toujours quelques pièces, il faut se rappeler que c’est en semant de la joie qu’on récolte du bonheur.

Tenez, je comparerais le bonheur au muguet, cette petite fleur de mai qu’on attend depuis la fonte des neiges et dont on guette les premières pousses. On le cueille brin par brin, en faisant attention; on le respire et c’est l’odeur même du printemps! Mais il ne dure pas longtemps… Hélas! Enfin, je dirais qu’on doit accepter que le bonheur soit parfois comme ces visiteurs et visiteuses qui nous arrivent sans crier gare, qui s’installent pour quelques heures ou quelques jours et qui repartent en promettant toujours de revenir… Quand? On ne le sait pas! Enfin, pour terminer je vous laisse cette savoureuse pensée :

Le bonheur, c’est comme le sucre à la crème:
si tu en veux, tu n’as qu’à t’en faire!

© Madeleine Genest Bouillé, 1er mai 2019

Les nouvelles… qui ne sont pas nouvelles longtemps!

Eh! Que les nouvelles vieillissent donc vite! Hier matin, en feuilletant le journal du jour, qui était le 8 mai, j’ai eu l’idée de noter des idées pour faire un « grain de sel » sur ce sujet : l’Actualité.

En première page, on voit Gilles Kègle, ce saint homme qui a depuis déjà longtemps sa place réservée au Paradis. Et quand je dis « depuis longtemps », je n’exagère pas. En 1992 ou 93, je faisais partie du comité de Pastorale scolaire, au 2e cycle du primaire. Nous avions un curé qui aimait sortir des sentiers battus (au propre comme au figuré).  Alors souvent pour emmener les jeunes à comprendre les dogmes de la foi chrétienne, nous prenions des exemples très concrets avec des personnages connus. Justement, les journaux de cette année- là parlaient de plus en plus de cet infirmier des pauvres qui œuvrait à Québec. Je me souviens qu’on avait demandé aux jeunes de trouver soit sur un journal, une revue ou à la télévision, un personnage qui se rapproche de ce qu’était « un apôtre » au temps de Jésus. Nous avions eu des réponses variées et très intéressantes. Je me rappelle surtout que le nom de Gilles Kègle revenait à plusieurs reprises. Et le personnage qui suivait de près M. Kègle était Mère Térésa. Il y a de cela 25 ou 26 ans… ces jeunes de 5e et 6e année sont maintenant dans la trentaine. S’ils suivent le fil de l’actualité, je me demande si la photo de Gilles Kègle qui circulait hier leur a rappelé quelque chose…

Gilles Kègle (photo: Le Soleil, Érik Labbé).

Je continue donc de défiler ce qui faisait hier la manchette des médias. La laïcité, sujet dont on n’aura jamais fini de discuter, avec en primeur, l’intervention de M. Bouchard, ce savant qui est sorti des boules à mites pour expliquer ce qu’il avait recommandé en 2008, lors de la commission sur les accommodements raisonnables. Visiblement personne ne semble avoir compris le sens profond de ce qu’il suggérait, enfin, pas de la même façon (c’est toujours comme ça avec les gens trop instruits). Deuxièmement, la « Profession de foi » de M. Legault, qui est tombée à pic comme un beau galet bien rond en créant beaucoup de « ronds dans l’eau »! C’est du bon monde, notre premier ministre… moi je pense qu’il fait son possible.

Évidemment, le sujet majeur en ce 8 mai était encore « la petite fille de Granby ».  J’aurais aimé qu’on lui laisse au moins son nom. Qu’est-ce que ça aurait changé? Les voisins l’auraient reconnue, mais déjà ils savent qui elle est. Sa photo a circulé sur Facebook dès le lendemain du drame. Cette victime d’une famille toute croche sera pour toujours et à jamais « la petite fille de Granby »! Triste réalité d’un monde peut-être pas pire que jadis, mais où tout est dévoilé, surtout les mauvais coups.

Bien entendu, le réchauffement de la planète est toujours d’actualité. C’est le sujet qu’on retrouve généralement dans les dix premières pages du journal. Qu’il s’agisse des inondations, de la température, du pétrole, du plastique, des déchets et combien d’autres choses qui font partie de ce sujet aussi vaste que la planète elle-même. On y revient toujours. Cela doit signifier que c’est devenu une priorité et qu’on ne peut tout simplement pas faire comme s’il n’y avait rien là!

Crédit : NiklasPntk / Pixabay

Un genre de « fait divers » qui n’en est plus un, c’est quand on nous rapporte les méfaits d’un chien méchant. Certaines espèces de chien sont manifestement plus féroces que d’autres. Mais les propriétaires y sont attachés autant sinon plus que si c’était leurs enfants. Vraiment, on n’entend pas souvent parler de sévices envers un chien, y aurait-il plus d’enfants que de chiens maltraités? Enfin, il me semble que le sujet des chiens méchants revient pas mal trop souvent. Il existe pourtant des lois!

Dans les pages consacrées aux nouvelles internationales, les États-Unis occupent toujours quelques pages, en bonne place; on est voisins ou on l’est pas! Que ce soit pour parler d’une énième fusillade dans une école, ou des « bêtises » du président Trump, les journalistes ont toujours quelque chose à raconter.  Pour ce qui est du reste du monde,  les attentats font malheureusement trop souvent l’objet des nouvelles. Je ne suis pas régulièrement le fil de l’actualité, de sorte que je me demande parfois qui sont les « bons » et qui sont les « méchants ». Avouez que ce n’est pas toujours facile à démêler. Heureusement, il y a parfois une bonne nouvelle, soit la naissance d’un petit prince ou d’une princesse dans la famille royale d’Angleterre.  Avec cette belle famille, Sa Majesté  est assurée d’une belle relève!  Elle pourrait prendre sa retraite…

Enfin, pour terminer sur une belle note, dans un article intitulé : Dialogue avec le temps, ce journal du 8 mai soulignait le 90e anniversaire de Madame Antonine Maillet, l’auteure de la Sagouine et de plusieurs autres romans ayant pour cadre l’Acadie. On profite de l’occasion pour nous présenter son dernier livre, « Clin d’œil au temps qui passe ».  Heureux anniversaire Madame Maillet!  Merci pour vos  si belles histoires!

© Madeleine Genest Bouillé, 9 mai 2019