Des vieilles cartes de Noël

carte-nouvel-anJe faisais du ménage dans ma boite de vieilles cartes de Noël. Je garde une pleine boite de cartes de vœux qui m’ont été envoyées il y a longtemps, par des personnes qui ne sont plus de ce monde, ou encore parce que je les trouve trop belles pour les jeter. Je suis ramasseuse, je n’y peux rien! D’une fois à l’autre, je parviens à en jeter quelques-unes. Quoi qu’il en soit, à chaque fois que j’ouvre cette boîte, je me retrouve plusieurs années en arrière et je fais un voyage au pays de mes souvenirs…

carte-ancVoici des cartes écrites par ma mère; elle nous disait toujours qu’on ne doit pas se contenter de signer une carte de vœux, il faut écrire un petit mot personnel. Elle passait de longues heures à écrire ses cartes de Noël, et en envoyait à toute la parenté, même quand les destinataires demeuraient dans à Deschambault. Elle écrivait si bien, ma mère!  Quand on lui disait : « Maman, pourquoi tu téléphones pas à la place? » Elle répondait : « Un téléphone, ça s’oublie vite… les écrits, ça reste. » Je continue à chercher… Voici une belle carte que j’avais reçue de mon frère Florent. Lui aussi avait mis en pratique la consigne de notre mère, et comme il était maître de postes, même si on se voyait régulièrement, il envoyait toujours ses cartes de vœux, dûment timbrées, en bon employé des Postes qu’il était! Tiens, voici une carte de ma tante Gisèle, son écriture rapide était celle d’une femme toujours occupée. Sur cette autre, je reconnais la grande écriture de mon frère Claude, sa signature en diagonale… Je relis ces courts messages, les signatures, surtout… et je retrouve un peu de la personnalité de tous ces gens qui ont fait partie de ma vie.

carte-enfantSur les cartes, on voit des paysages d’hiver, des Pères Noël avec ou sans traîneau, des cloches, du gui. Sur certaines sont reproduites des images représentant la Nativité, la visite des bergers ou celle des Mages.  Plusieurs cartes ornées d’images enfantines sont défraîchies; elles ont sans doute été collées sur le mur en guise de décoration, dans la chambre de l’un ou l’autre de mes enfants. Les messages imprimés souvent se ressemblent : « En ce temps de réjouissance et de paix »… « Pour un Noël joyeux et une année remplie de bonheur et de paix »… « Que la paix soit dans vos cœurs en ce jour de Noël et pour toute l’année. » La paix, toujours, sur un fond de neige, avec un ciel étoilé… Un rêve qui revient chaque année!

La Paix dans le monde… plus le temps passe et plus cela me parait impossible. Quand une guerre semble finie à un endroit, une autre éclate ailleurs, dans une autre contrée, quand ce n’est pas entre les habitants d’un même pays, qui n’ont pas la même religion. Il y a toujours quelque part des villes, des villages qui sont détruits, des innocents qui meurent, des familles qui sont brisées, ou qui doivent fuir.  Les armes sont de plus en plus meurtrières; elles font de plus en plus de ravage! À la télévision, entre deux publicités d’automobiles ou de bière, on nous montre régulièrement des images atroces de maisons en ruines, de femmes et d’enfants tués… L’horreur fait désormais partie du quotidien.

carte-noel

Seigneur, je crois qu’il faudrait qu’ils reviennent tes anges, avec des trompettes retentissantes, pour réveiller les consciences endormies. Qu’ils redisent bien fort à tous les peuples de la terre ces paroles qui ont traversé les millénaires : « Gloire à Dieu dans les cieux et paix sur la terre aux hommes et aux femmes de bonne volonté! »  Parce que, du train où vont les choses, la paix dans le monde, c’est comme le dit le refrain de cette belle chanson de John Littleton : « De soir en soir, pourquoi retarde le temps où naissent les libertés? De jour en jour, autant d’amour… n’est-ce qu’un rêve à oublier? »

Bon, c’est assez pour aujourd’hui, je vais ranger ma boîte de vieilles cartes de Noël.

© Madeleine Genest Bouillé, 28 novembre 2016

Je vous en souhaite une bonne!

Ancienne carte postale de Bonne Année (1920).

Ancienne carte postale de Bonne Année (1920).

Combien de fois entre le 31 décembre jusque vers la mi-janvier, dirons-nous et entendrons-nous ces mots : « Bonne et heureuse année »? Parfois c’est dit machinalement, sans trop s’arrêter aux paroles. J’ai souvenance qu’autrefois, chez mon grand-père, on entendait les adultes qui s’exclamaient : « Je vous en souhaite une bonne! ». Il était d’usage de répondre : « Vous pareillement! ». Tout cela était exprimé avec une franche poignée de main et une bonne accolade. Et nous, les enfants, nous imitions les grandes personnes qui nous semblaient toutes si joyeuses ce jour-là. On se secouait mutuellement la main avec vigueur en disant : « Bonne année grand nez! » et on répondait : « Vous pareillement, grandes dents! ». Nous avions beaucoup de plaisir à ce jeu, sans doute parce que « ça n’arrive qu’une fois par année! ».

Orchestre Paris, Deschambault (coll. M. Genest).

Orchestre Paris, Deschambault (coll. M. Genest).

Je crois important de personnaliser les souhaits qu’on échange avec les parents, les amis. Mettons-y du cœur; les mots doivent venir facilement quand on s’adresse à ceux qu’on aime! Trop de gens se contentent de souhaits usés à la corde, tel celui qu’on redit chaque année aux écoliers : « Je te souhaite du succès dans tes études. » Je me souviens que je n’aimais pas cela. J’aurais préféré quelque chose de plus amusant. S’il m’arrive parfois de le dire encore, ce sera seulement aux plus jeunes, pour lesquels c’est encore tout nouveau et surtout si je sais qu’ils sont des élèves studieux et motivés. Cependant, j’aime ajouter un souhait plus à leur portée, par exemple, « beaucoup de neige », pour ceux qui, comme cette année, n’ont pas encore eu le plaisir de glisser et de skier; pour le jeune joueur de hockey, je souhaite « beaucoup de buts ». Et surtout, je fais ce vœu qui plait à tous : « Je te souhaite ce que tu désires le plus, même si ce n’est pas raisonnable! ». Ce vœu m’a été offert une fois, une seule! J’étais jeune et, si je me rappelle bien, encore étudiante. Je suis demeurée bouche bée, et en même temps, j’étais contente. La personne qui m’avait fait ce souhait inhabituel était ma marraine. C’était une femme qui dirigeait un petit orchestre de musique de danse, comme on en rencontrait beaucoup à cette époque, dans les soirées où l’on préférait la « vraie musique » à celle du phonographe. Elle s’appelait Blanche, c’était la cousine de ma mère et elle jouait de plusieurs instruments, dont le banjo, un instrument qu’on voyait assez rarement dans ce genre de groupe musical. Elle aimait beaucoup son métier, peu courant pour une femme mariée et mère de famille. À bien y penser ce souhait pas très conventionnel lui ressemblait vraiment beaucoup! Je m’en souviendrai toujours.

La bénédiction paternelle, illustration de Henri Julien, 1880 (Canadian Illustrated News).

La bénédiction paternelle, illustration de Henri Julien, 1880 (Canadian Illustrated News).

C’est chaque fois avec un peu de nostalgie que j’aborde la soirée du 31 décembre… nous sommes moins nombreux à nous rassembler; cette soirée, autrefois familiale, est de plus en plus fêtée entre amis. Ainsi va la vie… et encore une année qui s’en va! 2015 emporte avec elle de belles réalisations certes, des moments heureux, mais aussi d’autres moins beaux, des chagrins, des déceptions, des problèmes de santé. Tout n’a pas été beau, ni parfait. On ne peut rien effacer, il est cependant permis d’espérer le mieux! Notre Créateur ne nous demande pas l’impossible. Mais tournons la page, la nouvelle année est déjà là! On change les calendriers… chez moi, les nouveaux sont déjà installés en dessous des anciens qui ont graduellement perdu des plumes. Le premier matin de cet an nouveau nous retrouvera pareils à ce qu’on était la veille; rien n’a visiblement changé. Au cours du dîner ou du souper, à moins que ce ne soit les deux, nous rencontrerons des membres de la famille ou des amis. On échangera tous les bons vœux habituels. Que serait-ce si nous avions la certitude que ce sont les derniers qu’il nous est donné de souhaiter? Je suis certaine que nous souhaiterions plus de bonheur, de santé, d’amour, de paix, plutôt que d’argent, de voyages, de réussite financière ou scolaire, n’est-ce pas?

Sauf si je suis très malade, je tiens à commencer l’année par la messe. D’une année à l’autre, nous chantons cet ancien cantique : « Mon Dieu, bénissez la nouvelle année… rendez heureux nos parents, nos amis. Gardez de tout malheur ces amitiés si chères, nous vous les consacrons.» Ces paroles je les répète avec toute la ferveur dont je suis capable. Il est important de se rappeler à certains moments que notre destin est pour une grande part entre les mains de Dieu et ce premier jour d’une nouvelle année en est l’occasion par excellence.

Je termine avec ce souhait qui nous vient de Bretagne : à l’an prochain, et si nous ne sommes pas plus, faites, Seigneur, que nous ne soyons pas moins!

© Madeleine Genest Bouillé

La bénédiction du Jour de l'An, illustration de Edmond-J. Massicotte, 1923 (Bibliothèque et archives nationales du Canada MIKAN no. 2895477).

La bénédiction du Jour de l’An, illustration de Edmond-J. Massicotte, 1923 (Bibliothèque et archives nationales du Canada MIKAN no. 2895477).

Il neige…

Poème

Il neige un peu ce soir…
Les enfants sont contents
Dans leurs yeux brillent l’espoir
Et la joie d’un Noël tout blanc.

Il neige et déjà tout est blanchiver 2008 046
Les champs, les arbres, ma vieille clôture…
Tout est recouvert d’un manteau charmant
Les voix se taisent dans l’air pur.

Il neige et c’est le plus beau des présents
La nature nous l’offre si généreusement
Le Père Noël n’a vraiment rien de mieux
Pour nous émerveiller et nous rendre heureux.

056 (2)Que votre Noël soit vraiment joyeux.
Et que l’An Nouveau soit pour vous
Rempli d’amour, de bonheur,
Le tout assaisonné de douceur!

© Mado, décembre 1976